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moins, sous le toit de celui qui le regardait comme un ami et un père, autant qu’un maître?
Ingres occupa la chambre que Paul, alors absent, habitait ordinairement dans la même maison que son frère, mais à un étage différent. Dès le matin, Flandrin allait embrasser son maître, lui conduisant, comme à un aïeul, ses jeunes enfants, Auguste, âgé de quatre ans, et sa petite sœur Zizi1, « toujours muette et charmante ».
« La vue des enfants semble lui faire du bien... Le matin nous montons ensemble embrasser M. Ingres et ça parait lui faire grand plaisir 2. »
Pendant presque toute la journée, Ingres se réservait sa liberté ; le soir il s’asseyait à la table de famille. Après le dîner, quelquefois, il se laissait aller à une légère somnolence ; mais, dès que Mmc Flandrin se‘ mettait au piano, il écoutait avec attendrissement.
« Voilà deux soirs qu’Aimée lui a fait un peu de musique : il a été enchanté de la manière dont elle l’a dite et a pleuré, parce qu'il est impossible que cette chère Mrae Ingres ne revienne pas continuellement à son esprit et aux nôtres. Mais les larmes sont les meilleurs adoucissements à son chagrin3. »
L’année suivante, les excellents rapports du maître et de son élève s’affirmaient d’une manière touchante sous la forme du portrait d’Hipp. Flandrin par Ingres. Ce ‘magnifique dessin représente l’ar liste debout, à mi-corps. La tête, vue de trois quarts, regarde le spectateur avec une expression rêveuse et mélanco-
1. La petite Cécile, âgée de dix-huit mois et filleule d’lngres<