‹ Histogenèse des Processus de Cirrhose Hépatique: Lésion Parenchymateuse et Cirrhose, Étude d'Histologie Expérimentale et PathologiqueChapitre 10 sur 50 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Ranvier (1885) recourt à la fixation des éléments par l'acide osmique. La description ne diffère pas sensiblement des descriptions antérieures. La cellule est formée d’une substance hyaline et d’un réticulum très délicat avec des granulations aux points nodaux. La réaction rouge brune du glycogène n’est donnée que par la substance hyaline contenue dans les mailles, Dans deux mémoires, W, FLemmixe confirme les recherches de Kupffer et de Ranvier.

Chez les pigeons et les grenouilles, Lanousse (1887) observe sur la cellule hépatique à l’état de jeûne, un réticulum protoplasmique à mailles irrégulières occupées par des granulations protéiques. ,

ALTMANN (1889) retrouve dans la cellule hépatique les granulations fuchsinophiles, dont il a fait la base de sa théorie des bioblastes. Chacune de ces particules en suspension dans la substance hyaline est le bioblaste, c'est-à-dire la particule vivante réduite à sa portion congrue. Cette théorie bioblastique est intéressante ; seulement, elle nous semble en partie s'appuyer sur artifice de préparation. Nous aurons l’occasion de démontrer

que le fixateur employé par Altmann présente de graves incon- vénients, et que l'extrême rétraction du protoplasma fixé de cette façon est souvent cause de la disparition du fin réticulum si bien décrit par Ranvier.

L’attention de Browiez est attirée, moins sur la conformation cellulaire en général que vers la disposition des canalicules intracellulaires sur lesquels nous aurons à revenir (1897). Les grains et les vacuoles de Kupffer ne seraient pour lui que les points nodaux des capillaires biliaires intracytoplasmiques.

Avec Scacarer (1897) l'histologie fine de la cellule hépatique entre dans sa phase de complet développement. Le corps cellulaire est fragmenté par le réseau protoplasmique en une série de nodules et de vacuoles. Ces vacuoles paraissent vides, et cependant, elles contiennent de nombreuses granulations fuchsinophiles, quand on a recours à une technique spéciale, Les trabécules, elles-mêmes, contiennent des microsomes de deux types:

les uns volumineux qui se colorent par l'éosine, ce sont les corps oxyplasmatiques, les autres plus petits, se colorent par la vésuvine, ce sont les corps achromatiques. A l’intérieur du noyau, il décrit le réseau de linine, deux caryosomes oxychromatiques au centre, et un plasmosome basichromatique à la périphérie.

M. le professeur Rexaur, (1899) dans une description magistrale, insiste sur la finesse de la structure cellulaire. « Le noyau est arrondi, vésiculeux.... De son pourtour rayonnent des travées protoplasmiques délicates, interceptant par leurs contours des mailles aux points nodaux desquelles sont des granulations proteiques. »

Taéonart (1900) compare l’action des divers fixateurs : Flemming, sublimé acétique et formol. Il compare la structure du foie de cobaye, de lapin et de chien, il admet aussi l’existence d’une charpente cytoplasmique, un réseau à mailles fines entourant le noyau. A chaque point nodal de ce réticulum existe une fine granulation, tandis que dans ce spongioplasma estrépandu une

substance hyaline, homogène : l’hyaloplasma (1).

Avant d'exposer l’aspect normal de la cellule hépatique, nous tenons à décrire à fond la technique employée. En histologie, la technique doit se trouver à la base de toute description.

Technique histologique.

Nous n'avons accordé aucune confiance à l’examen des frottis des cellules fraîches écrasées sous une lamelle. Voici pourquoi : tout frottis expose à des causes d'erreur, en arrachant la cellule hépatique du contact des cellules voisines, on détruit des connexions

1, Nous avons réduit cet historique et l'étude qui suit aux éléments les plus succincts, nous réservant de revenir ultérieurement sur ce sujet.

importantes ; la cellule, essentiellement élastique, perd sa forme, ses dimensions normales, elle se ratatine, devient granuleuse par suite d’une véritable coagulation spontanée (Renaut). Ce n’est pas tout. Pour être montée sous lamelle, elle est placée dans une substance difficilement isotonique, des échanges se produisent à travers la membrane cytoplasmique, d’où gonflement ou rétraction.

L’examen logique de la cellule hépatique ne va donc pas sans la nécessité d’une inclusion. Qui dit inclusion dit fixation, qui dit fixation dit artifices de préparation, aussi insisterons-nous sur la distinction des bons fixateurs.

Prise de substance. — Il est essentiel pour faciliter la fixation des éléments cellulaires de recueillir de fines particules de substance, Un rasoir fraîchement repassé enlève des tranches les plus minces possibles ; ces iranches, recueillies tangentiellement à la surface convexe du foie, sont portées sur un morceau de liège sec et uni, le rasoir divise cette tranche en petits carrés d’un millimètre de côté. Ces petits blocs de substance hépatique prélevés sur fil de platine, en évitant tout écrasement, sont portés ensuite dans le fixateur. Durant celte manipulation, il est nécessaire d’agir à l’abri de toute souillure et de tout contact avec de l’eau, celleci, en effet, peut suffire quelquefois pour modifier rapidement la morphologie des cellules en altérant l’équilibre osmotique.

Fixation. — Nous avons employé divers fixateurs : le formol à 10 0/0, Le formol acétique, le mélange de Bouin,

le sublimé acétique, ie mélange de Zenker, l'alcool, les mélanges de Sauer, d'Altmann, de Flemming,le liquide

J. de Laguesse, enfin le Lindsay-Johnson.C'est à ce dernier que nous avons donné la préférence, il nous a paru réaliser les meilleurs résultats. Les autres fixateurs présentent par contre des inconvénients qui autorisent ce choix pour le Lindsay.

Ainsi l’alcool, le mélange de Sauer, les fixateurs au sublimé comme le Zenker, les fixateurs au formol comme le Bouin. exposent aux mêmes artifices de préparation. Ils rétractent les cellules hépatiques, rendent ainsi plus évidents les capillaires intercellulaires où nagent quelques globules rouges mal fixés; de ce fait, par suite de la rétraction et de la condensation, la cellule hépatique prend un aspect granuleux et souvent uniforme. Il est cependant possible d’obvier à cet inconvénient en laissant les fragments hépatiques seulement quelques heures dans les fixateurs. Le mélange d’Altmann, dont nous trouvons la formule dans les leçons d'Henneguy, engendre les mêmes altérations. Il rétracte considérablement les cellules au point que les espaces libres deviennent considérables; les cellules prennent alors une configuration granuleuse uniformément répartie.

Les fixateurs osmiqués offrent sur toutes ces substances de grands avantages. Ils fixent brutalement la cellule dans ses dimensions premières sans la rétracter, les capillaires ne contiennent que la place des globules rouges admirablement conservés. Les noyaux, les karyokinèses deviennent d’une remarquable netteté. Ces fixateurs rétractent peu, fixent énergiquement et rapide-

ment.Leur emploi n’est cependant pas à l’abri de toute surprise, ces fixateurs présentent aussi des inconvénients Ils pénètrent mal dans les pièces et nécessitent des peti' tes dimensions aux objets à fixer. Les coupes seront limitées à de faibles étendues. IL y a moyen d'éviter cette insuffisance de l’investigation histologique, en fixant d'autre part de grandes pièces minces dans le formol acétique ou le formol salé, de façon à pouvoir étudier non les altérations cellulaires, mais l’étendue et la répartition des lésions. Autre inconvénient, les cellules les plus superficielles d’une pièce sont quelquefois rétractées et granuleuses même normalement, aussi n’avons-nous considéré comme importantes que les dégénérescences granuleuses plus centrales.

De tous les mélanges osmiqués,le meilleur pour fixer la cellule hépatique est le liquide de Lindsay-Johnson. C’est lui, qui donne à la fois les plus belles structures cellulaires et les plus fines charpentes nucléaires. Nous avons avantageusement doublé les doses d’acide osmique de ce mélange. Voici la formule que nous avons couramment employée :

Bichromate de potasse à 2,9 0/0. . .…. . . 7Oc.c. Acide tosmiqueral LRO OMAN UPPER CURE | Bichlorure de platine 8h1:0/0: Am PI ES Acidesacétique cristalliéét, ICE RS EE

Les pièces étaient fixées de douze à vingt-quatre heures. Il n’y a pas d’inconvénient à les laisser séjourner plus longtemps dans le fixateur ; en comparant en effet les pièces fixées par deux heures de fixation et celles

fixées par vingt-quatre heures, la rétraction ne nous a pas paru plus accentuée.

Après la fixation, lavage de douze heures à l’eau courante. Ensuite, conservation des pièces dans l'alcool à 90e,

Inclusion.— L'inclusion a toujours été rapide. Voici, l'énoncé de la technique employée:

AIO ADSDIRE MA M et te L1-" NoUre 2% Alcool absolu, Xÿl61.7 2... 11/2 — REA 1 Part D D CE TE RES ORNE ES 2 XVOE Paratfine, 50, 2,0 el 1/2.

JP PALAN.H06 7. MSA or TA 1 ne

Les inclusions sont ainsi obtenues et coulées en trois heures et demie ; jamais ces inclusions ne nous ontparu imparfaites, le temps était suffisant pour la pénétration de la paraffine.

Après débit au microtome au 1/300 de millimètre ou au 1/400, les rubans étaient collés à la gélatine bichromatée.

Coloration. — Notre coloration courante fut la eoloration nucléaire au rouge de Magenta, et cytoplasmique au mélange : acide picrique, indigo-carmin de Cajal, ou au mélange de Benda (violet-acide, vert lumière en solution alcoolique). La safranine est aussi un excellent colorant nucléaire.

Par contre, nous avons rejeté pour l’étude des structures cellulaires l’hématéine ou l’hématoxyline prenant mal sur des pièces fixées aux méianges osmiqués et

lPéosine colorant protoplasmique trop vigoureux.

Les colorations au Magenta, Cajal ou Benda nous permettent en outre de nous rendre compte facilement des acidophilies relatives ou basophilies relatives des éléments de la cellule. Le Magenta représente la teinture basique, le Cajal ou le Benda la teinture acide.

i Morphologie

Ainsi fixées et colorées, les cellules hépatiques affectent une forme polyèdrique, les angles sont arrondis et correspondent souvent à des interstices capillaires. Elles mesurent de 15 à 20 chez l’homme ; leur structure offre normalement une série de caractères généraux qui servent de base à l’étude des lésions dégénératives. Ces caractères nous allons les résumer dans l'étude du cytoplasma et dans l'étude du noyau.

Cytoplasma. — Comme tous les histologistes l’admettent actuellement, le cytoplasma des cellules hépatiques nous est apparu comme formé de deux substances : une substance incolore (1) dissoute probablement dans la manipulation et une substance granuleuse et fibrillaire, la charpente ou spongioplasma.

La paroi de la cellule est formée par une condensation linéaire de ce spongioplasma. Accolés à cette paroi, sont appendus des petits amas granuleux légèrement

1. Cette substance, incolore avec la technique courante que nous avons indiquée, peut se présenter sous la forme de fines granulations fuchsinophiles dans les préparations fixées et colorées par la méthode d’Aïtmann.

Ces granulations constituent les bioblastes.

acidophiles, certains ont l'aspect de très petites vacuoles. De ces amas granuleux excessivement irréguliers de structure comme de siège partent quelques fines fibrilles très ténues, semées elles-mêmes de petites granu-

Fi&. 1, — Foie de Protée.

a) Cellule à pigment,

b) Cellule claire avec vésicules graisseuses,

lations acidophiles, ou formées par la juxtaposition d’une série linéaire de points granuleux. Ces fibrilles segmentent l’espace qui sépare le noyau de la paroi cellulaire, dessinent un fin réticulum très lâche n’empêchant pas la cellule de paraître claire d’aspect. Lorsque les fibrilles du réticulum arrivent jusqu’au noyau, elles aboutissent à des petits amas granuleux adossés à la membrane nucléaire. Ces petites masses granuleuses

nous ont toujours paru faiblement acidophiles à l’aide des techniques que nous avons employées, ellesse colorenten vert par le mélange picro-indigo-carmin et en bleu par le mélange de Benda. Nous n’avonspas poussé analyse jusqu’au point atteint par Schlater; cet auteur, en effet, distingue parmi ces granulations des corps oxyplasmatiques et des corps achromatiques.

En somme, quelques granulations, un réticulum très fin semé lui-même de granulations, le tout disposé sans condensation aucune, tel est l'aspect du cytoplasma normal de la cellule hépatique. La cellule hépatique est donc normalement une cellule claire. Nous n'avons jamais retrouvé trace d’ergastoplama, ni de formations de dérivation nucléaire dans le cytoplasma.

La seule irrégularité à signaler dans l’ensemble des structures cytoplasmiques consiste dans une très légère condensation granuleuse des cellules avoisinant l’espace porte, tandis que les cellules du centre du lobule semblent plus claires. Normalement, le cytoplasma contient rarement de la graisse. Lorsqu'elle existe elle va siéger dans les mailles du cytoplasma sous la forme de petits points colorés en noir par l'osmium ou de petites vacuoles noirâtres, si le fixateur a bien pénétré dans la pièce.

Noyau. — Toute cellule hépatique possède un noyau (Renaut). Si certaines coupes montrent des cellules anucléées (Asp), c’est que le noyau se trouve au-dessus ou audessous de l'endroit où a porté le rasoir. Ce noyau est normalement central entouré souvent d’une légère condensation du réticulum de la charpente cytoplasmique.

Il est sphérique et mesure de 7 à 8 y de diamètre. Certaines cellules possèdent un double noyau. C’est une erreur de croire,comme le fait Xoutchouk, que la présence de ces cellules binucléées est synonyme d'intoxication du parenchyme hépatique. A l’état normal le nombre de ces cellules binucléées est parfois considérable, nous ne croyons pas que des numérations comparatives sur des coupes différenies permettent de conclure à la plus grande fréquence des cellules binucléées, ce n’est pas un procédé d’une grande exactitude scientifique. Quoi qu'il en soit, le noyau constitue un élément important dans la cellule. Il est nécessaire pour la vie cellulaire, toute lésion, qui l’altérera profondément, tue de ce fait la cellule hépatique. Aussi convient-il de définir son type normal avant d'observer ses modifications.

Il siège presque toujours au centre du cytoplasma. Il. est formé de deux substances: un suc nucléaire homogène légèrement basophile et une charpente de chromatine, Dans cette charpente, la paroï du noyau constitue un élément important, elle affecte normalement un aspectrégulièrement arrondi. Sa basophilie n’est pas très prononcée et son épaisseur est souvent celle d’un simple trait. Dans l’intérieur du noyau se voient de nombreux grains basophiles de dimensions variables, de basophilie variable et disposés sur plusieurs plans. Ces grains sont les caryosomes. T’héohari insiste particulièrement sur le grand nombre des caryosomes de la cellule hépatique. Ces caryosomes sont souvent unis par un fin filament moins nettement basophile, le réseau de linine.

Enfin, parmi ces caryosomes se voit un corpuscule plus volumineux, moins fortement basophile, quelqueois légèrement acidophile, c’est le nucléole du noyau. Telle est la structure normale du noyau de la cellule hépatique.

Telle est la structure d’une cellule hépatique normale, en dehors de toute altération, en dehors de toute modification physiologiqué puisque nous avons pris comme type cellulaire des cellules recueillies chez des animaux à jeun depuis vingt-quatre heures.

Malgré que nos examens aient toujours porté sur des animaux à jeun, nous tenons à prendre connaissance des modifications de structure que les auteurs classiques ont signalées au niveau de la cellule hépatique durant son fonctionnement physiologique.

Modifications physiologiques.

Avant d'interpréter ces modifications physiologiques, nous devons étudier des éléments spéciaux de la cellule qui jouent une rôle important dans cette sécrétion, nous voulons parler des canalicules intracellulaires.

Huscuxr (1845) considère le premier la cellule hépatique comme un acinus; elle est creusée d’une cavité où s’accumulent les produits de sécrétion. Puis, successivement PrLiucer, Kurrrer, (1878), Pororr (1880) et Prerrrer (1883), décrivent un réseau intracellulaire qui rayonne en convergeant vers le canalicule biliaire, Ce réseau porte sur son trajet de véritables petites dilatations ou vacuoles de sécrétion.

Dans Browicz (1897), cette opinion trouve un ardent défen-

seur. Îl décritsur le chien et sur l’homme un réseau périnucléaire qui communique avec les espaces biliaires péricellulaires.

À mesure que les techniques se perfectionnaient,on abandonnait les injections intrabiliaires ; la méthode de Chrzonczewsky (injection vitale dans la circulation sanguine de sulfindigotate de soude, qui s’élimine ensuite par les voies biliaires qu’il colore) parut insuffisante. Actuellement, on a recours à la méthode des imprégnations au chromate d'argent (méthode de Golgi-Cajal\. Les recherches de GrserG, puis de Kursagko ont montré qu’on avait exagéré l’étendue des canalicules intracellulaires, dont beaucoup n'étaient que des « artefacts». Ce que l’on voit normalement, ce sont des petites cavités ovoïdes appendues à un petit pédicule filiforme, Le nombre et la position de ces cavités varie. Or, ce sont des éléments importants de l’excrétion cellulaire, l'étude du fonctionnement physiologique de la cellule nous le démontre.

Kavser Er HetpENHAIN (1879-1883) ont étudié sur le chien la modification de la cellule durant son fonctionnement. A jeun, la cellule hépatique serait granuleuse. Ce n’est que douze heures après la digestion que ses modifications atteignent leur apogée, de grosses granulations bourrent la cellule, ce sont des boules de glycogène. D’autre part, il se fait à ce moment une accumulation de produits biliaires vers un pôle de la cellule, ces produits s’amassent dans des fines vésicules qui s’évacuent dans les canaux biliaires. L'aspect des petites boules appendues à un fil retrouvé sur les préparations imprégnés à l’Argent, dessine la figure de ces vésicules en train de s’évacuer. Ces modifications cytologiques conservent néanmoins une délicatesse extrême. Les changements de structure ne sont jamais aussi nets et aussi visibles que Heidenhain paraît le croire. Aussi,comprend-on que MM. Gizserr gr Jomier (1907) qui ont soigneusement étudié la structure de la cellule hépatique aux divers temps de la digestion et dans les divers régimes, écrivent : « L'étude histologique du foie ne nous a permis de saisir aucune différence appréciable de sa structure, enclaves graisseuses et glycogéniques mises

à part,en rapport avec les diverses phases de la digestion et les divers régimes. »

Aussi est-il possible de comparer les structures histologiques des cellules ; la digestion n’influe pas grandement sur leur structure, les canaux intracellulaires demandent pour être dépistés des techniques spéciales. Recueillant nos parcelles de foie dans les mêmes conditions physiologiques (jeûne de 24 heures), utilisant toujours la même technique, toujours aussi rigoureuse, il nous a été possible de comparer nos lésions à l’abri de toute cause d’erreur importante.

Reste à savoir, si les structures cellulaires varient suivant l'espèce animale. Si la comparaison peut de la sorte se faire de l'animal à l’homme, et si dans cette comparaison ne réside pas une dernière cause d’erreurs.

Histologie comparée chez les batraciens et les mammifères.

Nous avons eu l’occasion d'étudier cette morphologie cellulaire chez quelques animaux. Loin de nous, la prétention de faire une étude complète d’histologie comparée. Nous voulons simplement exposer les quelques constatations, qu’il nous a été permis de faire chez certains types de Batraciens et de Mammifères.

Chez la Protée (Proteus Anguineus), il existe deux types de cellules hépatiques ; les unes sont surchargées de pigments en boules arrondies, les autres, par con-

tre, ont un aspect clair et leur cytoplasma apparaît très finement réticulé.

Fic, 2. — Cellules hépaliques d’axolotl.

Gross : 960 diamètres.

Chez d’autres batraciens, l’axolotl (Amblystoma mexi canum), la Salamandre (Salamandra maculosa) les cellules hépatiques mesurent de grandes dimensions, et, si constamment leur cytoplasma prend une disposition légèrement granuleuse, si par endroit on est frappé de l'abondance de petites boules graisseuses, elles n’en paraissent pas moins des cellules claires à protoplasma ajouré.

Chez la grenouille (Rana esculenta) la cellule hépatique conserve le même aspect clair ; seulement, au voi-

sinage des capillicules biliaires, on est frappé de l’abondance des granulations et des fines trabécules, il semble que le protoplasma soit en cet endroit pénétré par les arborisations nombreuses et fines d’un réseau capillaire.

Fi, 3. — Cellules hépaliques de cobaye normal.

Fixat : Lindsay. Color : Magenta, Benda.

Gross : 960 diamètres. (Double grandeur).

On remarquera l'aspect clair des cellules, les petites granulations du spongioplasma et les nombreux caryosomes du noyau.

La constitution de la cellule hépatique chez les mammifères diffère peu de la constitution des cellules de Batraciens. Mème aspect clair du cytoplasma, même finesse du réseau intracellulaire. Ainsi, chez le cobaye,

la souris, le lapin, le chien, le chat, le singe, la cellule hépatique, recueillie avec précaution et fixée immédiatement après l’ablation est toujours une cellule claire.

Fi. 4. — Cellules hépaliques humaunes normales. Fixat, Lindsay. Color. : Magenta Cajal.

Gross. 960 d.

Fic. 5. — Cellules hépatiques de lapin.

Color, ; Hematox., de Heidenhaïin.

Dessin à la ch. claire. Gross. : 960 d.

FiessiNcsr 4

Le protoplasma se réduit à un très fin réticulum qui présente de petites granulations aux points d'entrecroisement, la structure de l’ensemble paraît particulièrement délicate, et ne semble pas formée d’un amas dense de granulations chromophiles. C’est, du moins, la conclusion de nos nombreux examens.

MM. Gilbert et Jomier émettent une opinion un peu différente. Ils distinguent encore dans un travail récent, deux types de cellules hépatiques : des cellules claires et des cellules foncées. Nous aurons l’occasion de démontrer plus loin que les cellules foncées doivent être considérées comme des figures de dégénérescence, elles ne sont pas des cellules normales. La preuve en est donnée par leur extrême rareté à l’état normal, argument signalé par MM. Gilbert et Jomier eux-mêmes.

Cet aspect clair de la cellule hépatique est attribuable d’après M. le professeur Renaut à une surcharge glycogénique de la cellule.< Le glycogène siège en dehors du noyau, dans l'écart des travées et du protoplasma. Il gonfle ce dernier comme un liquide sirupeux les müilles d’une éponge ». Dans un travail récent MM. Zéon Bernard et Lœderich approuvent l'opinion du maître lyonnais.

Cette conformation claire n'est pas seulement propre aux cellules des espèces animales, elle se retrouve de même chez l’homme. Nous avons eu l’occasion en même temps que MM. Gilbert et Jomier, d'examiner plusieurs fragments de foie humain recueillis durant des opéra tions,ou encore recueillis immédiatement après la mort rapide de sujets traumatisés. Nos résultats accordèrent

en tout point avec ceux que nous avait donnés l'examen des foies expérimentaux. Normalement, la cellule hépatiquede l’homme est une cellule claire, trèsfinement granu-

Fic.6,— Cellules hepaliques de cobaye en légère surcharge glycogénique Gross. : 960 d.

On remarquera la grande étendue de ces cellules et leur aspect très pâle.

leuse et contenant peu de vésicules graisseuses. Seulement, cette structure claire s’altère rapidement et, par suite de la cadavérisation et de l’autolyse, elle disparait entièrement dans les vingt-quatre ou quarante-huit heures qui suivent la mort. C’est pourquoi, la cellule hépatique de l’homme fut considérée pendant longtemps comme uniformément granuleuse et d’aspect général plus ou moins foncée.

De toutes ces constatations, nouscroyons pouvoir con-

clure, qu’à l’état normal, en surcharge glycogénique

normale, la’cellule hépatique très finement réticulée, à peine granuleuse, présente un aspect clair, très veu acidophile, un noyau peu chargé en caryosomes, vossédant un nucléole et un réseau de linine.

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