ELOQUENCE POLITIQUE
Le XYIIIe siècle est l'âge glorieux de l'éloquence politique chez les Anglais. C'est à cette époque qu'apparaissent cos brillantes intelligences qu'on nomma dans la suite Ja grande pléiade britannique : Chatham, dont le pénie n'eut jamais plus d'éclat que dans sa vieillesse; Burke, d'une imagination si biiilante et d'une âme si généreuse ; Fox déjà dans la vigueur de l'âge et du talent, respectueux émule de Lord Chatham, et destiné à être un jour vaincu par le jeune fils de son illustre modèle ; Sheridan, énergique, ingénieux, auquel il n'a manqué que plus de dignité dans la vie et plus de gravité dans l'éloquence ; Pitt enfin, qui, pr3;'que au sortir de l'enfance, parut fait pour gouverner par le caractère et par la parole ; viennent ensuite des hommes remarquables, à côté même de Pitt, mais destinés à servir ses desseins : Dundas et Windham^ si passionnés pour la cause du pouvoir, après avoir suivi avec ardeur le parti de la Ubeité.
Un des glorieux avantages de notre constitution libre, dit Erskine May (1) a été le développement de l'éloquence parlementaire, l'un des
(1) Histoire Constitutionnelle de r Angleterre, Vol. I. p. 668.
honneurs et des ornements de notre histoire, l'une des" sources les plus fécondes de lumière pour l'esprit public, l'un des instruments les plus efficaces du gouvernement populaire. Son degré de perfection a varié, comme celui de notre littérature, avec le génie des hommes et les événements des époques qui l'ont inspirée ; mais c'est de l'avènement de George III qu'on peut faire dater le siècle d'Auguste de l'éloquence parlementaire.