DICKENS
Le célèbre romancier anglais, Charles Dickens, naquit en 1812. Ses études terminées, il fit du droit dans une étude d'avocat, pendant deux ans, puis se livra au journalisme et à la littérature où ses goûts l'appelaient.
Il s'essaya d'abord timidement à quelques esquisses littéraires publiées dans le Moming Chronicle, et qui parurent par la suite sous le titre de Scènes de la vie anglaise. On y rencontre déjà en germe les qualités les plus saillantes de son talent humoristique. Mais sa réputation date surtout du Cluh Pickwick, publication hebdomadaire qui eut un succès prodigieux.
La plupart de ses romans furent publiés par livraisons mensuelles ou hebdomadaires, vendus à des milliers d'exemplaires et imités ou traduits dans presque toutes les langues. Nous avons de lui Olivier Twist, Vie et aventures de Nicolas Nickleb^, V Horloge du maître Humphrey, recueil de nouvelles ; Barnabe Radge, Vie et aventures de Martin Chuzzlewit ; plusieurs contes de Noël, deux grands romans: Dombei/, père et fils, en 4 volumes, Histoire personnelle de David Copperfidd, en 4 volumes. Son Bleakhouse, en 6 volumes, date de 1852 ; c'est une peinture satyrique
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des ennuis d'un long procès. La petite Dorrit et les Temps difficiles sont plus récents. A la suite d'un voyage fait aux Etat-Unis en 1842, voyage qui ne fut qu'une longue ovation, Dickens publia ses Nottspour la circulation générale aux Etats-Unis^ (1842), qui abondent en remarques fines et ingénieuses. Les Scènes d' Italie (1846) parurent dans le Daily News, journal qu'il fonda avec Charles Dilke, pour servir d'organe au libéralisme progressif des classes moyennes d'Angleterre.
Tous les ouvrages de ce célèbre romancier annoncent de la facilité, de l'abondance, de l'originalité et indiquent un grand talent d'observation.
Dickens est également apprécié comme écrivain, comme acteur et comme lecteur. Ces talents divers sont innés en lui ; sa grande passion était, dans les derniers temps de sa vie, de jouer dans ses salons des comédies de société. Sa réputation de conférencier est non moins grande. Toute l'Angleterre, tous les Etats-Unis l'ont entendu lire en public ses propres ouvrages. Plus d'un auditeur a souvent regretté qu'il n'ait pas abordé la carrière du théâtre, tellement il sait faire vivre, agir, parler les héros de se^ romans. Il ne s'assied pas dans une chaise, remarque un de ses admirateurs, ou ne se tient pas debout devant une table, comme c'est l'habitude des lectureurs, non, il s'agite, va et vient, tout travaille en lui, les jambes, les bras, les mains, dont le mouvement n'est pas gêné par de longues manchettes blanches ; tout son buste est en proie à une oscillation continuelle, son visage révèle les expressions les plus diverses, mais sans jamais déplaire. Quant au style de Dickens, il est très inégal ; tantôt correct et brillant, digne des palmes académiques d'Oxford; tantôt familier, presque trivial et entremêlé d'un si grand nombre de termes d'argot que la traduction en est presque impossible pour qui n'est point familiarisé avec les particularités de la langue et de la vie anglaise. Il a fait une guerre acharnée au cant^ et en général, à l'hypocrisie et à l'égoïsme, défauts anglais par excellence, sous quelque germe qu'ils se produisent. Il les dévoile avec une effrayante perspicacité et sangle de ses railleries acérées la société toute entière, depuis les lords pléthoriques jusqu'aux cockneys en haillons, notant avec un soin extrême les moindres traits de caractère pour les faire concourir a l'effet général de ses compositions.
Le grand romancier anglais mourut le 9 juin, 1870.