APERÇU DE LA LITTÉRATURE DES ETATS-UNIS
Si on excepte les oeuvres de Franklin et quelques traités de métaphysique ou d'histoire, la littérature américaine, antérieurement à la guerre de l'Indépendance, n'offre pas un riche bilan. Franklin a laissé des œuvres durables tant pour la forme que pour le fond. UAlmanach du Bonhomme Richard est un traité de morale et d'économie domestique qui eut un succès universel. On y admire la manière pittoresque et originale de l'auteur. U Autotéragraphie, les Essais, la Correspondance eurent de nombreux lecteurs en France.
Depuis la révolution américaine la littérature a pris une extension considérable; le nombre de livres, de brochures, de traités, de journaux, de revues, d'écrits de toutes sortes qui se publient, chaque année aux Etats- Unis est presque fabuleux. Les ouvrages théologiques et philosophiques y abondent. Les écrits du Docteur Edwards, de Marsh, de Green, d'Emerson, de Channing, etc., sont les plus estimés. Les historiens ne datent guère que du commencement du siècle. William Prescott a écrit V Histoire de la conquête du Mexique, celle de Ferdinand et d' Isabelle ;M.Si,rshsL\, V Histoire des colonies anglaises en Amérique. Bancroft est l'auteur de la meilleure histoire des Etats-Unis, et de plusieurs ouvrages histori-
ques. Le genre du roman est aussi cultivé en Amérique qu'en Angleterre. En tête de ces romanciers se place Fennimore Cooper, dont les ouvra^-es ont été traduits dans toutes les langues de l'Europe, et qu'on a surnommé le Wdter Sœtt deV Amériqut. W. Irving a laissé Outre-mer QtHyperion^ charmantes nouvelles qui dénotent un véritable talent de conteur. Lono-feliow s'est aussi essayé dans la nouvelle, mais c'est comme poëte qu'il ira à la postérité. Mark Twain (Clément) se distingue dans le genre humoristique, et Edgard Poe a publié des nouvelles et des contes fantastiques dont les plus admirés sont le Sc'irabée d'or, la Pendule, et la Lettre volée. La Case dt Voiicle Tom est l'œuvre favorite de Mme Beecher-Stowe éloquent plaidoyer en faveur de l'affranchissement des nègres. Ajoutons encore à ces productions Opulence et Misère, de Mme Stephens; Transformation et le Vieux Foyer, de Hawtliorn, enfin, le Vaste monde d'Elisa Wetiierell, et Ruth Hall, de Fanny Fern.
L'épjqae de la Révolution produisit le premier poëte national, J. Turnbail : son poëme comique, MacFingal, attaqua sans pitié les adversaires de la liberté. Les poésies de Dwiglit influèrent sur la littérature de l'époque. La Golombiade est l'œuvre de Barlow. A la suite viennent P. Freneau et John Pierpont, qui pablia en 1816 les Chants delà Palestine, et des odes qui sont de véritables chefs-d'œuvre. Les Méditations sur la mort, de M. GuUen Bryant, parurent en 1821. Cette œavre d'une haute portée philosophique fut suivie du magnifique poëme des Anges, où l'auteur passe en revue l'histoire de l'Amérique jusqu'à la guerre de l'Indépendance. Les descriptions sont merveilleusement rendues. J. Radmon Drake a publié le Lutin coupable, le Drapeau américain, pièce patriotique, Fanny, une satyre, et le Château d' Alnwick, souvenir d'un voyage en Angleterre. Halleck, Wilde, Hillhouse, Morris, Howard et Payne, méritent tous d'être cités, ainsi que les charmantes pièces d'Emerson, [Abeille sauvage, le Problème, etc. Mais le nom de Longfellow représente à lui seul toute la poésie américaine. Il a publié les Voix de la nuit, des Ballades, des Poèmes sur V esclavage, les Bords de la Mer, la Légende dorée, etc. Grreenleaf Whittier, l'adversaire déclaré de l'intolérence religieuse, a publié, entr'autres poèmes, les Légendes de la JS ou celle- Angleterre, la Fiancée de Pennocook, Mog-Megow, etc. Les poésies d'Edgard Poë ne sont pas moins célèbres que ses romans. Bayard Taylor, W. Holmes, Lowel et Butler ferment la liste des poëtes des Etats-Unis d'Amérique.