LAURENT DE MÉDICIS
Florence, la ville des fleurs, des poètes et des savants, fut gouvernée par les Médicis, famille qui a fourni des gonfalonniers à l'état, à la cité 100 prieurs et 7 grands ducs, au monde plusieurs reines, à la chrétienté trois pontifes : Léon X., Clément VII. et Léon XI.
En 1448, naquit Laurent de Médicis surnommé le Magnifique. Jamais prince ne voua un culte aussi vénéré aux lettres. Mécène n'a pas favorisé avec plus de soin les écrivains de son temps. Aussi, le voit-on toujours entouré de savants, de poètes, de professeurs. Il les fêtait comme des envoyés célestes. C'étaient Chalcondyle, Ange Politien, Marsile Ficin, Pomponio Loto, Pic de la Mirandole, Benivenieni, le chanoine poëte de Santa Maria del Fiore, Thomas Linacre, Sulpizio, Grocyn, et combien d'autres qui s'asseyèrent à sa table, qui se vêtirent de sa garde-robe, qui respirèrent l'air embaumé de ses villas. Belle réunion d'hommes lettrés !
C'est SOUS l'égide protectrice du Magnifique qu'ils entreprirent cette croisade régénératrice de la science et des Belles-Lettres.
Laurent, chef de la République Florentine et arbitre de toute la politique de l'Italie, vit le rôle que la langue nationale était appelée à jouer. Il écrivit donc dans la langue de Dante. Ses Canzoni sont une imitation de Pétrarque. Il célèbre la beauté de ses jardins dans son Ombra, mais son meilleur livre est V Altercazione, poésie philosophique, où il expose avec autant de clarté que de noblesse les vérités les plus élevées de la doctrine de Platon. Sa satyre contre les Buveurs est mordante. La gaieté et le badin régnent dans les Chunts du Carnaval.
Ce prince, ami de la gaie-science, admirateur dévoué de Platon, père fortuné de Léon X, s'éteignit en 1492.
La hella mano (la belle main) est de Giusto de Conti. Ce poëte en imitant Pétrarque a acquis une certaine élégance. Il rendit un grand service à la poésie italienne qui commençait à perdre de son éclat depuis la renaissance des lettres grecques et latines. Il est cependant inférieur au Florentin Louis Pulci (1431-1486), qui prépara les voies à Boïardo et à L'Arioste en écrivant, à l'instigation de Laurent, les Paladins de la cour de Charlemagne, dans son poëme Le géant Morguant.
A côté de Florence, se place avec non moins d'orgueil Ferrare, le berceau de la brillante maison d'Esté. Ferrare est la ville des poètes : " Là ils sont en aussi grand nombre que les grenouilles dans les marais du voisinage." Oui, elle a bien mérité de l'Italie cette noble maison d'Esté, qui favorisa comme les Médicis,. les inspirations poétiques des habitants de Ferrare.
Aussi, cette ville est-elle représentée comme une immense Athénée où se rencontre des historiens, des archéologues, des publicistes, des numismates, des bibliophiles, des poëtes surtout. Joignant l'exemple à l'encouragement, plusieurs membres de la maison d'Esté chantèrent les beautés qui les environnaient.
Leonello d'Esté mérite une mention favorable.