‹ Histoire abrégée de différens cultes (volume 2)Chapitre 2 sur 34 · PE EF ACE · texte numérisé non relu

PE EF ACE

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Les religions de 1 antiquité n eurent point une source unique, mais trois sources principales qui jaillirent à différentes époques, et dont les cour ans isolés, réunis ; plus ou moins mélangés dans certains temps , chez certains peuples , ont enfin , chacun ou ensemble , été subdivisés en un grand nombre de parties : cependant ces mélanges, ces divisions, n'ont pas tellement altéré leur caractère originel que l'observateur attentif ne puisse reconnaître et indiquer la source de laquelle chacun de

ces courans est plus ou moins participant.

Eclairé par les lumières qu’ont répandues sur la mythologie les nombreux systèmes des savans qui m'ont précédé , je me suis frayé , sans m'arrêter à les combattre, une route nouvelle , qui m’a conduit, je le crois, à des découvertes, à des vérités inconnues.

Je me suis principalement attaché au

PRÉFACE. yij

matériel des religions : il était tout dans les premières institutions religieuses. Prétendre y trouver du spirituel , des théories sublimes , ce serait étrangement s’abuser ; car rhomme des premières sociétés était métaphysicien comme Test le sauvage d’aujourd’hui, qui ne voit sa divinité que dans un fétiche , dans un talisman : ce serait embrasser une opinion qui a beaucoup contribué à égarer les mythologues anciens et modernes.

Cette opinion erronnée n’est pas la seule qui ait écartés ces savans du sentier de la vérité.

• Ils n’ont pas vu que des noms d’un meme objet adoré , que du nom générique Dieu ^ exprimés différemment dans les langues des diverses nations , étaient provenues plusieurs divinités particulières Ils n ont vu dans l’ensemble des institutions religieuses qu’une seule nature de religion.

PREFACE

vu)

Dans leurs interprétations , ils se sont plus attachés aux fables mythologiques qu'aux pratiques du culte ? à l'idole qu'à ses attributs ? au personnage du rôle qidà Facteur.

Enfin ? et ce qui est une de leurs plus graves erreurs ? ils n’ont considéré que comme un symbole ce qui, dans l’origine ? avait été la divinité elle-même.

Pour éviter ces erreurs , il a fallu m’éloigner des routes battues ; et celle que je me suis ouverte n’est pas semée de fleurs. La plupart des monumens du culte qui ont servi à m’y guider ne sont point de ces chefs-d’œuvre qui flattent l’imagination et les yeux ; ils n’ont ni la magnificence , ni la grandeur imposante des temples de l’antiquité civilisée ; on n’y trouve ni les formes élégantes et gracieuses de la Vénus de Médicîs, ni les beautés mâles et sublimes de l’Apollon Pytbien 5 à peine Fart en a-i-îl approché ; mais 7 je dois le dire , ils ins-

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truisent plus que ne le font les productions antiques des architectes et des statuaires, et répandent plus de lumières quelles sur l’origine et les motifs des premières institutions humaines.

Souvent ce ne sont que des rochers bruts, dressés, groupés, suspendus, entassés de diverses manières , dont le ciseau n'a presque jamais altéré la rusticité : s'ils ne charment point, ils étonnent, quelquefois par les forces extraordinaires que leur érection a dû nécessiter. Ces monumens grossiers et peu connus appartiennent à l’histoire. Le motif qui les fit ériger, leur description, doivent en remplir les premiers chapitres : ils sont les produits des premiers essais de l’art, des premières pensées de l’homme sur les institutions sociales.

Aucun Français n’avait encore traité

pleinement cette matière 5 j’ai entrepris cette tâche 5 j’ai classé ccs monumens d’a-

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près leurs formes diverses, et j’ai découvert, dans chacune de leurs classes, les prototypes de la plupart de nos monumens civils et religieux.

Cette route m’a conduit à la découverte et à F origine de plusieurs divinités , et j’ai pu y voir clairement les élémens premiers de leur composition. Je crois sur-tout incontestable Forigine que j’ai assignée à Mercure > à Vénus et à leurs fables. Je crois avoir tout aussi solidement établi celle du culte des figures humaines , celle des fables mythologiques et des mystères de l’antiquité.

Puisse ce travail n être jugé que par la bonne foi ! puissent les esprits que toute nouveauté effarouche , se borner à n’attaquer que l’ouvrage ! puisse la mine que j’ai ouverte être complètement exploitée par des mains plus habiles , plus savantes !

DES CULTES

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