‹ Histoire abrégée de différens cultes (volume 4)Chapitre 13 sur 29 · IN"' V · texte numérisé non relu

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et sur la ekafaie des montagnes qai séparent rionie du Péloponnèse^. une colonhë fiimeuse^ sur laquelle , dit Plutarque^. il gçava une double inscription en deux rers iambe^^ qui déterraîynaîent les limites des deux pays. On j lisait sur" le cèté oriental :

Ce n*est pas ici le Péloponnèse > mais rionie;

et sur la face occidentale :

C'est ici le Péloponnèse, et non pas rionie.

Il y établir des j^ux isthmiques , a Tioiitation d'Hercule^ qui avait établi de pareils jeux à Olympie (i),..

Dan$ ta Palestine, on donnait à ces pierres adorées le nom de béthél. On lit dans la. Genèse, que Jacob érigea en colonne une pierre qui lui avait servi de chevet; qu'il y versa de l'huile et la nomma, béthelt ou dem«ure-de^ Dieu (2). Dans le même livre, on voit que Dieu parla dans la suite à Jacob, ep ces termes : Je suis le Dieu de béthel dont tu as graissé la pierre (5),

Après avoir érigé une pierre comme un mo-

(i)Plutarque, f^ie des Hommes illustres, Thésée, chap. a4* (a) Genèse, ch&p. 28, y. i8et tuiy.

(3) Cotise, chap. 3i, v. i3>

ÀNTÉRiBums ▲ l'idolâtrie. 187

Hument religieojt, Jacob en érigea une seconde^ comme monument sépulcrale Sa femme Rachel étant morte, il la fit enterrer sur le chemin qui conduit à Ephrate, appelé depuis Beûdéem, et krî dressa un monument de pierre. Les monumens consacrés au culte et aux sépultures avaient alors la même forme ^ et portaient le même nom, comme on le voit dans la Genèse.

Les Chananéens, sur les frontières desquels était érigée la pierre de béthel, l'adorèrent comme un Bien ; mais les Hébreux ayant conçu de la divinité une idée moins matérielle , abandonnèrent le culte de cette espèce de fétiche, firent aux Ghananéensun crime de l'adorer j et , au lieu du nom de béthel^ ou démeure de Dieu , ils lui substituèrent celui de Bethr Asfen, ou demeure du mensonge. Cet éloigne*ment pour le culte de pierres érigées reçut bientôt, chez les Hébreux, le caractère du fanatisme : « Quand vous aurez passé le Jou^- » dain , fait-on dire au Seigneur dans le livre 1) des Nombres, et que vous serez entrés dans » le pays de Ghanaan, exterminez-en tous les » habitans, brisez leurs pierres érigées , rom- « pez leurs idoles , dévastez leurs hauts » lieux (1). »

(i) Nombres i chap. 33, v. 52.

l88 DBS CULTES'

Une loi expresse défendit aux Hébreux l'a*doratiou de ees pierres : a Vous ne dresserez »i point de colonnes. Vous n'érigerez point sur >). vos terres de pierred remarquables pour les » ' adorer; » ^ lit-on dans le hévMqae ( i )•

Ils en érigèrent: ^cependant^. mais ce ne iut point;p^r: jiesaâbrer^ • Alt^sâloxiiit élev^ xine ^olontie dans la vallée du Roi : u Je n'ai point » de fils qui rappelle mon nom ; ce s^ra un i4 mo^nUmeiit érigé à ma mém^e* >i Dans la Buité 9 e^ monument fut nommé la main ou fotwrage dAhsalon. Là Yulgate donne à celle es]^èce de pilier le même nom qu'elle donne à €îelàiljue Jacob érigea i et ce nom est traduit en' latin' par Titubis (2); - • >• Hârodote et Diodôre de Sicile parlent des eblônnes de piertrcrque Sésostrîs fit ériger dans ^presque toiis les pays où il porta ses armes victorieuses; Sur ces Golonned étaient gravés ces mots^ en caractère^ égyptièhs : iSésostris^ roi ^ks'Ms'y seigneuries seigneurs ^ a conquis ce pajr^ pizr seé arTnes^iChez les nations courageuses et jalouses ^ de leuF liberté, il y joignait la marque d^ virilité; mais chee les peuples lâches el efféminés 9 j les colonnes qu'il y dressait por—

{i)Lévitique, chap. 3i, y. i.

(2) Les Rois, liv. 2, chap. i8,v. 18.

ÀNTERIEUB5 A L^IDOLATRIE. 189

Udent la figure qui caractérise le sexe féminio. Hérodote dit ayoir tu de ces colonnes chargées de cette inscription et de ce dernier emblème , dans la Palestine de Syrie , c'est-^nlire dans la partie de là Palestine qui avoisine la Syrie ^ ou sur les firputières communes à ces deux pays {i).

Cest là tout ce que les traditions anciennes nous apprennent sur les fondateurs de pareils monumens; voici ce que Fhistoire nous té^ moigne sur Texistence de plusieurs* autres delà même espèce.

Le Liban ^ cette chaîne de montagnes sacrées et frontières , était garni de ces pierres divines. PholiuSy dans sa Bibliothèque^ rapporte qu'Âsclépiade y étant monté près d'Héliopolis, y vit un grand nombre de bétjrles ; il ajoute qu*il en rapporta des choses merveilleuses, et qu'Isidore les vit également après lui (2).

Une inscription étrusque, rapportée par Passarei, où on lit les mots tapis veiihi , interprétés par pierre bêtjrle, prouverait que, dans

(i) Hérodote, Euterpe , et la note 571 de son dernier traducteur.

{tl) Biblioth, cod. 7^1, P:,ïM.7f .iCiVfWf*'^ .^«

igo ^ I>£S CULTES

l'antique Etrurie^ on adorait de semblables pierres sous la méitie dénomination (i).

En Egypte y ces colonnes étaient en grande vénération. Leur existence est attestée par plusieurs écrivains. J'ai parlé , et j'aurai encore' oc* sion de parler de leur destination et du nom de thoth qu'elles portaient; c'est pourquoi je ne m'y arrêterai pas.

Le dieu Soleil des Phéniciens , Ifeleagabale avait^ dans la ville d'Emese, un temple magnifique^ où brillaient l'argent , l'or^ les pierres précieuses, et les riches offrandes des potentats des contrées voisines. La divinité n'y était point représentée à la manière des Grecs et des Romains par une statue de forme humaine ; mais sa représentation était une grande pierre toute noire y de forme conique, que les Phéniciens disaient être tombée du ciel {2).

De pareilles colonnes existaient en Perse; elles étaient inscrites comme les thoths, et placées sur les frontières. Lucien invoque ces co* lonnes et leurs inscriptions, pour prouver l'âge auquel mourut Cyrus l'ancien , roi de Perse (5)..

( I ) Lettere BoncagUese, lett . 1 2 .

(2) Histoire (THérodien, Vie de Macnn^ l^y. V, traduction de Mongault, p. aoa.

(S) Luden , Traité des Hommes' qui ont vécu long" temps.

ANTÉRIEURS A l'idolâtrie. 191

Elles abondaient en Grèce ^ où elles portaient le nom thermes. Elles étaient également éle^ vées sur les fix>ntières f comme l'atteste Pausanias dans des passages déjà cités (i),

DansForigine^ces colonnes étaient, en Grèce^ comme ailleurs^ des pierres brutes et grossie-* res, plantées sur des frontières. Les progrès des arts et de Tidolâtrie leur donnèrent bientôt des formes régulières et agréables ; on les surmonta d'une léte humaine, qui était la figure d'une divinité; on les érigea, ainsi embellies , dans les villes, dans les temples. Une rue d'Âtbènes était bordée di kermès : chaque maison avait à l'entrée extérieure plusieurs de ces kermès j que dans les jours de fête on couronnait de fleurs.

Mais ces innovations séduisantes ne furent pas adoptées par tous les Grecs; et le culte des pierres grossières et infj^rmesse maintint parmi eux dans le temps où la civilisation deee peuple avait atteint un haut degré de perfection. La civilisation n'agit pas sur toutes les classes de la société; un culte ancien n'est jamais entière-ment détruit par un culte nouveau , embelli ou perfectionné. Doit-on s'étonner si, pendant que les Calamis, les Miron, les Plùdias en-

(i) Pausanias, Corinth,, à la fin du liyre.

iga DES CULTES

Êmlaient des chefis^'œuvre et des dieux ^ fisiisaient admirer^ adorer même ^ par une nation pleine de goût et de sensibîlitéy les productions sublimes delesirs ciseaux /on voyait en^ core le vulgaire , et prioeipalement les habitans dç^. campagnes^ porter leurs hommages et rendre jxxk culte régulier a des morceaux de rocher^ àdes pierr0s brutes* et informes ? Ce serait ne pas. connaître l'empire de l'habitude sur la plupart des hommes^ et leur zèle à suivre aveu-* glén^flpt Ja route batCue.par l^irs ancêtres.

Ceà chefs-d'œuvre de sculpture^ oùrart^pour ainsi dire^ s'associaxrt à la divinité , participait au culte qui lui était' rendu ^ n'agissait pas assez puissamment sur l'o()inion et sur les vieilles habitudes desGrecs, pour leur faire négliger Tantique vénération quHls conservaient pour des pierres grossières. . ^

Pausaniasy en parlatH d'une statue dUerm es qu'on voyait dans la tille de Phares, en Achaïe, dit qu'elle était accompagnée d'une trentaine de groisses pierres carrées, dont chacune est honorée , dit-il, par les habitans, sous le nom de quelque divinité. Il ajoute que ce n'est pas fort surprenant : car anciennement lés Grecs rendaient à des pierres toutes brutes, les mêmes honneurs qu'ils ont rendus depuis aux statues

ÀNÏEWEUHS A L'iDOLATRIK. ig5

des dieux (i). Il dit ailleurs que les pierres les plus grossières sont les plus respectées, parce qu'elles sont les plus anciennes*

Lorsque la Grèce eut admis la théologie de« Egyptiens, les fables et les noms de leurs divinités, elle appliqua ces fables et ces noms aux objets grossiers de son adoration. Ainsi, des pierres en forme de colonne ou de cîppe étaient adorées à Delphes sous le nom ^Apollon / à Argos , sous celui de Jùnon; à Thèbes, sous €elui de Bac chus , et, près de Corintbe, sous le nom de Diane Patron; une pierre pyramidale reçut, tout comme à Emessè, le nom d'Eloiga^ baie ou du soleil. De pareilles pierres étaient nommées, à Sicyone, Jupiter Melichius; a Mégare, Jpollon Carinus ; à Thespie, Cupidon ; à Hiette , Hercule ; à Paphos, Vénus , etc.

Les habitans de Delphes rendaient aussi les honneurs divins à une pierre située près de cette ville: « Elle est de moyenne grandeur, » dit Pausanias ; on k frotte d^huile tous les » jours , et on l'enveloppe de' laine crue les « jours de fêtes (i). »

Les anciens non:imaieat celte pierre ^eSt^^/e ou abadir. Ce dernier nom appartenait aussi à des

(i) Pausanias, Achats.

( I ) Pausanias, Pkoeide.

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divinitéa-pierrtsq^'ftdoraifint le$ Carlhagmois. On supposa dai 8 la suite que cette pierre de Delphes était celle que Saturne avala , croyant avaler le corps de sou fils Jupiter, et qu'il rendit bientôt après par l'eflFet d'un vomitifl

Les Grecs ne donnèrent à ces pierres ces différens noms, qu'après avoir admis les dieux ides Orientaux; car, avant cette époque, elles ne portaient que le nom générique d^hermès. i Les Romains adorèrent de pareilles pierres , et les nommèrent Terme y divinité des bornes ou des frontières. Virgile indique la forme, le ^voliiifaie et la destination de ces pierres limi- !tantes, lorsque , peignant dans son dernier livre deTÉnéide, le combat singulier de Turnus etd'Énéè, ïl dit :

Sajxum axttiquuniy ingens, campo quod forte jacebat. Limes agro positus, litem ut discerneret ars^is.

Et Juvénal ijiidiquie. le respect religieux qu'on portait k ç^S l^rnes. divines, en nommant sacrée la j^iefirre ou le rocher qui les constituait t

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