IV PREFACE
dç Vantiq^uité ^ elle a donné naissance au sqbéisme ; mais elle n'a pas été la cause
unique des allégories et des compositions
mythologiques : compositions qui sont Fou-
vrage de plusieurs siècles, de plusieurs
peuples, régis par des usages et des prinr
cîpes différensj compositions qui nont
entre elles ni harmonie ni unité , qui ne
forment point un tout complet dont toutes
les parties soient en rapport , et qui ne
présentent qu'un amas confus de matières
hétérogènes, dont l'incohérence indique
suffisamment la pluralité de leurs origines.
Dupuis a su , dans son savant ouvrage ( i ),
tirer de ce chaos toutes les parties homp-
gènes , toutes celles qui se rapportent au
culte des astres ou au sabéisme : il les a
réunies, et en a formé un corps de preuves
éclatant de vérité. Tout ce qu'il a écrit sur
celte religion , sur ses ramifications noni-
(i) Origine des Cultes^
préface; V
breusés > ses altérations , ses amalgames , porte la conviction dans tous les esprits dégagés de préventions , peut déplaire aux partisans des vieilles erreurs , et ne doit rien souffrir de leurs atteintes.
L'estime partiéulière que je porte à Tauteur et a son ouvrage ne m'empêchera point de publier des vérités que j'ai senties ; d'exprimer ce en quoi je diffère d'opinion avec lui , et de dire que , tout vaste qui soit le chamjp que son génie a parcouru et éclairé , il lui restait encore au delà d'autres champs a parcourir. Il n'a vu dans lantîquité que le sabéisme ; il a tout rap- ^ . porté à cette religion j et cependant , comme je le prouverai , elle n'est pas' la plus ancienne^ la religion universelle, V origine de tous les cultes [i):
(i) Ces titres de l'ouvrage de M. Dupuis sont à-peuprès tout ce que j'y trouve de contraire à mon opiniom Je crois <|ae le titre i! Histoire du Sabéisme lui aurait mieux convenu.
T) PSBFACE
Jjùs religtcms de 1 antiquité n^eurent point une source unique, mais trois sourires principales qui jaillirent à différentes époques , et dont les couràns isolés , réunis i plus ou moins mélangés dans certains temps , chez certains petiples , ont enfin , chacun ou ensemble , été subdiviséis en un grand nombre de parties : cependant ces mélanges, ces divisions, n ont pas tellement altéré leur caractère originel que l'ôbser* ^vateur attentif ne puisse reconnaître et indiquer la source de laquelle chacun de ces courans est plus on moins participant.
Eclairé par les lund.ères qu'ont répandues sur la mythologie les nombreux systernes des sayans qui m'ont précédé, jç me suis frayé , sans m'arréter k les com«» battre , une route nouvelle , qw m'a con*^ duit , je lexrois , à des découvertes, à des véarités inconnues.
Je me suis principalement attaché au
BEEFACB. VI)
matériel des religions : il était tout dans les premières institutions religieuses. Prétendre y trouver du spirituel ^ des théories sublimes , ce serait étrangement s'abuser ; car l'homme des premières sociétés était métaphysicien comme l'est le sauvage d'aujourd'hui, qui ne voit Sa divinité que dans un fétiche , dans un talisman : ce serait embrasser une opinion qui a beaucoup contribué à égarer les mythologues anciens et modernes.
Cette opinion erronnée n'est pas la seule qui ait écartés ces savans du sentier de la vérité.
Bs n'ont pas vu que des noms d'un même objet ador^ , que du nom ^né^ rique Dieu, exprimés différemment dans les langues des diverses nations , étaient provenues plusieurs divinités particulières
Ils n'ont vu dans l'ensemble des insti-* tutiona religieuses qu'une seule nature de reli^on.