VU) PREFACE
Dans leurs interprétations^ ils se sont plus attachés aux fables mythologiques qu'aux pratiques du culte , à l'idole qu'à ses attributs , au personnage du rôle qu'à l'acteur.
Enfin , et ce qui est une de leurs plus graves erreurs , ils n'ont considéré qtïe comme un symbole ce qui, dans l'origine ^ avait été la divinité elle-même.
Pour éviter ces erreurs , il a fallu m'éloigner des routes battues; et celle que je me suis ouverte n'est pas semée de fleurs. La plupart des monumens du culte qui ont servi à m'y guider ne sont point de ces chefs-d'œuvre qui flattent l'imagination et lés yeux j ils n'ont ni la magnificence , ni la grandeur imposante des temples de l'antiquité civilisée; on n'y tirouve ni les formés élégantes et gracieuses de la Yénus de Médicîs, ni les beautés mâles et sublimes de l'Apollon Pythien ; à peine Fart en a-t-il approché : mais , je dois le dire , ils ins-
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truisent plus que ne le font les productions antiques des architectes et dçs statuaires , et répandent plus de lumières qu'elles sur Forigine et les motifs des premières institutions humaines.
Souvent ce ne sont que des rochers bruts , dressés , groupés , suspendus , entassés de diverses manières , dont le ciseau n'a presque jamais altéré la rusticité : s'ils ne charment point , ils étonnent quelquefois par les forces extraordinaires que leur érection a dû nécessiter. Ces monumeiis grossiers et peu connuis appartiennent à l'histoire. Le motif qui les fit ériger, leur description, doivent en remplir les preùiiers chapitres : ils sont les produits des premiers essais de l'art, des premières pensées de l'homme sur les institutions sociales. Aucun Français n'avait encore traité pleinement cette matière; J'ai entrepris cette tâche ; j'ai classé ces monumens d'à-
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près leurs formes diverses , et j'ai découdvert , dans chacune de leurs classes , les prototypes de la plupart denos mouumens civils et religieux.
Cette route ma conduit à la découverte et à l'origine de plusieurs divinités , et j'ai pu y voir clairement les élémens premiers de leur composition. Je crois sur-tout incontestable lori^ne que j'ai assignée à Mercure , à Vénus et à leurs fables. Je crois avoir tout aussi solidement établi celle du culte des figures humaines i celle des fables mythologiques et des mystères de l'antiquité.
Puisse ce travail n'être jugé que par la bonne foi ! puissent les esprits que toute nouveauté effarouche , se borner à n'attaquer que l'ouvrage ! puisse la mine que j'ai ouverte être complètement exploitée par des mains plus habiles , plus savantes !