‹ Histoire abrégée de différens cultes (volume 4)Chapitre 8 sur 29 · CHAPITRE TI · texte numérisé non relu

CHAPITRE TI

•Du Féiifih^sme arU/icM.

Tous monumens érigés^ façonnés par la nmn de$ hommes; toutes choses fabriquées par eux*, et qui sont devenues l'objet d'un culte y oi^ auxquelles on a attribué des vertus merveilleuses et surnaturelles , quels que soient leur ibripe, leur substance et leur volume, doivent être rangés dans la classe du Fétichisme artificîéL Le nombre de cette espèce de Fétiches est infini; leur variété n'est ps^ moindre : ils étaient ou sont le produit du caprice des hommes. Les peuples ançiens^et modernes, barbares ou civilisés^ en faisaient et en font usage. Il est peu de religions sùrxla terre qui n'aient aujourd'hui leurs ^uPe/n?^ sous difle-renies formes et dénominations.. Les nègres de FAfrique, les naturels de l'Amérique, ceux qui habitent les contrées et les îles situées, ou uord^ouest de l'Asie, ainsi que plusieurs auu es

ANxiRISUES A I.*IBOLATRIE. 8S'

ifisulniresy ne sont pas les seuls sor la terre qui révèrent et adorent des Fétiches fabriqués par leurs mains.

L'origine des Fétiches artificiels est, ainsi que je l'ai dgà annonéé , p^térieure à ceUe des Fétiches naturels y comme la matière mise en œuvre est postérieure à la matière native et brute ; comme Fart est postérieur à la nature , et la civilisation à la barbarie.

Dans leur origine, les Fétiches artificiels furent les images p les copies^ des Fétiches nati^ rels. L'homme, d«ans l'état de nature, n'invente point , il imite ; Ce n'est ,que pas à pas , et par l'effet d'une longue série d'imitations, progrès^ sivement perfectionnées , qu'il est arrivé à des résultats qui ont reçu le caractère de rinvenrtion.

Ainsi, dans le premier âge des sociétés , lliomme, pour rapprocher de lui l'objet adoré, en fit une image , une représentation grossière ; et, persuadé que cette image participait aux vertus de son original, il crut qu'en la rendant présente à toutes ses actions elle influerait sur elles , amènerait les succès, et détournerait lesr malheurs de la vie.

On représenta donc le soleil par un cercle, la lune, par un croissant, tracés, façonnés ou détachés de la matière. On représenta le^ monr

tagna&aa crées pas des àmoncellemens de pierres qui en avaient la figure.

Les extraits des grands objets du Fétichisme naturel durent sembler encore plus salutaires ei plus pr^eux que des images. On remplit 4es vases d'eau puisée dans les fleuves divins; des forêts/saintes , on tira des branches , des morceaux de boîs, des souches; on enleva aux montagnes adorées des pierres, des fragmens de rochers. Tous ces objets extraits furent «a- €rés comme les fleuves , les naontagnes , les forets d'où ils provenaient , et regardés comme autant de portions de la divinité.

Ne pouvant rien extraire des astres, des planètes, etc., on se contenta de. leurs images ou de leurs symboles ; et on attribua à ces figures la même vertu, la même puissance, et souvent on leur accord^ les mêmes honneurs qu'aux objets qu'elles représentaient.

Ces représentations, ces extractions faites pour rapprocher la divinité de l'homme , et pour se la rendre favorable ^ furent les premiers Fétiches artificiels. On les nomma dans la suite, ainsi que plusieurs autres productions de cette espèce, signes y symboles ; elles forent les premiers élémens de l'idolâtrie. " Je vais m'occuper suceessivement de chacun des Fétiches artificiels , et des images , signes ^

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symboles oa extraits , qai dûre&t leur origine aux quatre principaux objets du Fétichisme naturel, dont j'ai parlé dans les chapitreii pré*cédens.

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