CHAPITRE Tn
Des Fétichcê mrtijiciels, des astres ; de Forighie du dtaquej, de ses sî^&ea et de ceux dospUii^tçsî
DÈS eftit Fagriculture eut fait quelques pF<Hr grès » on sentit le i^^onii 4^ fixer les époques des diflerens travaux de la campague^ et> pap conséquent y de diyii^r le temps. La révolution du soleil donna la mesure de Fannée ; et les douze phases de la lune fournirent cel(e . des mois (i). Pour di^înguer et faire connaitre <jiacun des douze mois luiiaires^ on leur donna des noms; et ces noms furent teax de quelques diviuités fétiches^ les seules adorées avant que la scienoe astronomique e^t fait des progrès ^ avant que le Sabéisme\, qui en dérive, fiii établL
Ainsi le premier mois de Fannée binaire re-!>
(i) Fecii lunam în tempora ; Bîeu fît la lune poUr marquer le temps» Psaumes de David, psaL io3» \% 19.
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çal, chez les Égyptiens, le nom de Tlu>th(i), Fétiche qui ^ comme je le prouverai dans la suite , n'était qu'une pierre de borne , qu'une colonne limitante; mais cette pierre fut une des plus anciennes et des principales divinités de l'Egypte.
Le second mois eut nom Paophiy mot qui signifie serpent. Ce reptile fut uq des dieux Fétiches des Égyptiens. U était autrefois , et il est encore adoré par les Éthiopiens, leurs voisins , et leurs anciens instituteurs en matière de çuICe (2).
Le troisième mois était appelé jiikir, nom d'une autre divinité fétiche y dont on a depuis fait la dresse 'Vénus , qui n'était , comme je le prouverai , qu'une pierre brute , adorée chez des peuples voisins de FÉgypte.
Enfin on retrouve dans Phaménothy le septième moia» lê nom de la hme ; et dans Pachon, neuvième mois, celui du soleil : deux astres Fétiches adorés long-temps avant l'institution
( 1 ) On jugera de l'antique importât ce de Thoth, lorsqu'on saura y comme je l'établirai dans la suite , que c'est de ce mot qu'est dérivé le nom générique Dieu.
(2) Voye?, sur les serpeiis fétiches de la Nigritie et de l'Ethiopie, ce que dit le président de Brosses, dans son ouvrage intitulé du Culte des dieux fétiches, p. a8^ 254 et smvantes ; &t Lucien ^ de V Astrologie-^
go ©ES CULTES
(]ii Sabeisme* L'interprétation que les savan# (Mit donnée aux noms des autres mois égyp-tiens^ quoiqu'incertaine , prouve assez qu'il» n'ont ajucun rapport an culte des astres en général , et qu'ils sont étrangers an Sakéisme.
Le Fétichisme était le seul culte en vigiieur ; le SabéisnjLe n'existait pas. La science astronomique se bornait à l'observation du cours an-r IMxel du soleil et des phases de la lune^ lorsqu W s'aperçut que ses douze phases ne remplissaient point complètement l'étendue de la révolutioi^ solaire j que cette dernière révolution , plus longue que celle de la lune ^ laissait un déficit de temps qui, augmentant chaque année ^ ^ervenait de plus en plus sensible* Les mêmes mois ne coïncidaient plus^ comme dans l'origine, avec les mêmes saisons : il en résultait nn désordre qui nécessita la réforme^
Il fallut donc changer de principe, et prendre pour base de la mesure du temps, non plus le^ phases de la lune^ mais la durée du cours annuel du soleil.
Cette entreprise ouvrit la carrière de la science astronomique, et donna naissance à la religion du Sabéisme. Ses effets amenèrent un nouvel ordre de chqses , mais ne changèrent point les formes anciennes , auxquelles le peu*pie était habitué. L'année avait été divisée en
AJVTERIEURS A l'iDOLATRIE. gi
douze mois par les douz^ phases de la lune ; on conserva cette division ; et le noinlH*e douze j si célèbre dans les religions de l'antiquité , fut consacré par ce nouveau^ystème. De plus^ char cane de ces divisions conserva son ancienne dénomination.
Pour parvenir à mesurer le temps d'une ma- Qière plus exacte , on imagina de fabriquer un cercle , ou une surface longitudinale destinée à re]Hrésenter le cours apparent du soleil dans une année. On le divisa en douze parties égales, qui marquèrent les douze mois ; chacune d'elles fut ensuite subdivisée en trente parties , mar-quant les jours de chaque mois. En corrigeant l'année lunaire , on s'étaitapprpché de la vérité, mais on ne l'avait pas atteinte ; il fallait a&crottre l'année de plus de neuf jours, et on n*y en ajouta que cinq : ce qui faisait trois cent soixante jours* Ce fut là l'origine de ce nombre commode , que les géomètres emploient encore dans la division du cercle.
Le cercle , ou la surface ainsi divisée , reçuA^ le nom de zodiaque.
On supposa, dans le ciel, une pareille divi-. sion , un^pareil zodiaque. Des groupes d'étoiles, qui se rencontraient sur la route du soleil dans sa révolution annuelle, furent observés, et ser?* virent à marquer douze divisions célestes , qui
ga DES CULTES
«orrespôndaienl aux divisions du zodiaque artificiel , aux douze mois.
Cela ne suffisait pas encore ; il fallut , pour te reconnaître^ indiquer chacune des divisions du zodiaque artificiel et chacune des divisions supposées du zodiaque céleste par un signe et par une dénomination.
Comme le principal ohjet du nouveau sjs-^ tème annuel et de la fabrication du zodiaque était de désigner ^e retour des saisons^ de fixer répoque des divers tra^yaux de la campagne; et comme aussi les groupes d'étoiles qui se trou-^ vaient fortuitement sur la route du soleil ne présentaient aucune image relative à Tagriculture^ aucune forme déterminée qui put les caractériser eux-mêmes aussi exactement qu'un cercle représente le soleil ^ et un croissant la lune , on fiit forcé de recourir, peut-être pour la première fois, à des symboles, c'est-ànlire : à des figures d^objets représentables qui avaient une analogie parfaite , des rapports évidens , avec d'autres objets qu*on ne pouvait représenter. Cette nouveauté , il faut l'avouer, n'appartient pas à un état de barbarie; elle annonce quelques progrès dans l'exercice de la pensée.
On traça donc , dans chacune des douze divisions du zodiaque artificiel, douze signes qui représentaient des objets familiers , et qui in-*
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diqoaient , par leur analogie , les priocipaux phénomènes du cours annuel du soleil ^ ainsi que les époques des divers travaux de Tagriculture. Les noms de ces douze signes du zodiaque artificiel furent appliqués aux groupes d'étoiles qui leur correspondaient dans les.douze divisions supposées du zodiaque céleste* Il en résulta^ ce qui est fort extraordinaire ^ que le sigtie donna son nom à l'objet signifié.
Ainsi le zodiaque artificiel correspondit entièrement au zodiaque céleste.
Dans l'exposition que je viens de faire de Torigine du zodiaque^ on voit que les effets m^ont £iit pressentir les causes ; mais les motifs que je suppose à cette origine sont simples , nécessaires, et çonforn^sà la marche ordinaire de Tesprit humain.
Passons aux signes du zodiaque.
Le zodiaque artificiel fut le premier des calendriers ou almanachs ; et les signes qui le composèrent formèrent les premiers caractères de récriture*
Il est possible que^ dans Forigine du- zodiaque, les douze divisions ne fussent pas toute.4 remplies par des signes; que celles dont les mois n'ofeaient rien d'utile à indiquer restassent vides, ne fussent remplies que par des signes vagues , ou fussent abandonnées k Tar-
bitraire df» Avei^sés natians^ qui j placèrent des symboles à leur conrenance; mais les signés des divisions principales qui indiquaient les ttravaux les plus précîeui k Fagriculture et lés époques les plus intéressantes de l'année, telleis que celles des semailles, des moissons, des vendanges, ou celles des deux solstices et des deux équinoxes, furent généralement adoptés , et se sont conservés jusqu'à nos jours; car les sa vans qui ont traité ces matières s'accordent à regarder les signes actuels du -zodiaque comme les mêmes, h peu près, que ceux qui furent imaginés lors dé sa première institution.
Avant d'entrer dans de plus grands détails sur ces signes, je dois dire qtfune des époques les plus intéressaïrtes de l'année , l'équînoxe du printemps, ne se trouvait point diaris l'origine du zodiaque au même signe que celui où il se trouve aujourcFhui. Ce changement est l'effet de la précession des équinoœes. '
Depuis plus de deux siècles, le soleil arrive à l'équinoxe du printemps dans le signe des Petis-sons. Avant cette époque , et pendant deux mille cent cinquante-un ans , cet équînoxe fut daiis le signe du BëUer* Avant de pénétrer dans ce dernier; le soleiPavait, pendant lemértie nombre d'années , marqué l'équinoxe du printemps dans le'signe du Taureau; enfin , avant d'enta-
ANTERIEURS À L'IIM>LATRI£. ^5
mtt le di([^âe du Taurêmir, Féqfuinoxe prinCanier anwait daB&le ftigiie des Gémeaux,
C'est lorsque cet équinoxe était sous ce dèiv ftîer signe ^ c'est-4Hdire ^ plus de six mille cinq eents ans ayant le commencement du dix-huitième siècle, qu'il faut placer la première insûtution du zodiaque , l'origine des almanâchs tt de la religion du Sabéisfne*
Le signe que je viens d'indiquer représentait deux lignes égales, parallèles et verticales , utiiesf par deux autres lignes horizontales, ou deux enfans jumeaux en regard et s'unissant aved leurs bras. Il est difficile d'imaginer un signe symbolique qui exprime mieux l'état du ciel eÉ Téquinoxe du printemps, que le signe des Gê^ meaux. La durée du jour est alors égale à celle de la nuit; cette égalité est ici symbolisée par deux enfans d'un même âge, d'une même taille, et nés d'une même mère. Leur enfance signî^ celle de l'année , qui ne fait alors que commencer à développer les germes de la terre (ï).
L'analogie complète qui se trouve entre le signe et l'objet signifié est frappante : elle nous .
(i) Deux poutres verdcale^ et parallèles , réunies xeri leurs extrémités par deux autres qui étaient horizontales» figuraient anciennement^ àSparte, Castor et Pollwf; c'est «me copie exacte du signe des Gémeaux.
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éclaire siir Tépoque où le zodiaque a été com<:^ posé pour la première fois* Le signe du Téiu^ reau qui Tavoisine^ et qui lui a succédé dans la prérogative de recevoir le soleil à Féquinoxe du printemps^ me confirme dans l'opinion que, lors de la première institution du zodiaque, on a indiqué réquînoxe du printe^ups par les Gémeaux, et non par le Taureau^ dont la fîgu|*^ ne peut être le symbole de Tégalité des jours et des iMiits.
Ainsi, je pense que la division du zodiaque marquée par les Gémeaux est le point invariable d'où Ton doit partir pour expliquer lout le système zodiacal, ainsi que les changemens évidens qu'il a subis.
Cette base posée, élevons sur elle FédiËice du zodiaque tel qu'il était dans son origine, et indiquons quelle place occupaient les principaux signes , avant que le mouvement progressif de la précession des équinoxes eût dérangé Tordre primitif.
L'équinoxe du printemps était, comme je Tai dît, marqué par les Gémeaux^
Le solstice d'été» époque où le soleil est daiis sa plus éminente exaltation, où les jours sont les plus grands de Tannée, où la nature et la végétation ont acquis toute leur force, était marqué par un Lion, symbole très-convenable.
ANTERIEURS A l'iDOLATRIE* 97
L*époque des moissons se trouvait signifiée dans la division voisine du Lion par des épis dé blé, et, dans la suite, par une femme portant un enfant^ et tenant d'une main un ou plusieurs
épis.
L*équinoxe de Tautomne avait pour signe une Balance. Il n'est point de symbole, après celui des Gémeaux, qui exprime plus heureusement l'égalité des jours et des nuits de cette saison; et l'espèce d'équilibre qui se trouve alors entre la lumière et l'obscurité ne peut être mieux caractérisée que par une balance.
Le solstice d'hiver était marqué par Un vase, d'où s'écoule de l'eau , appelé le Verseaiu C'est le symbole des pluies d'hiverj et cette saison , comme on le sait, dans les pays orientaux, d'où nous vient le zodiaque, se distingue des autres par de longues pluies»
L'époque où, après les pluies d'hiver, les moutons peuvent être conduits dans les pâturages était marquée par un Bélier.
La division qui suit celle du Bélier était caractérisée par le Taureau. Ce signe indiquait le temps du labourage, avertissait les habitans des campagnes qu'ils devaient, avant l'équinoxe du printemps, atteler l'es bœufs k la charrue, ouvrir le sein de la terre pour lui confier les semences. En effet, c'est dans le mois qui précède
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le j^intempi qtié l'on faisait autrefois , et qàe , dânâ plttsiôurs pay^^ on fait tûcote lès âè^ mailles (t^).
Tels étaient, dàûâ l'ôrigiiiè Ûû zodiaque , léÈ principaux signes qui indiquaient les époque^ les plus intéressantes du cours annuel du soleil ^ des travaux dé ragriculture.
Telle était la situation respective de ces sigùèà^ lorsque lé;mouvement progressif des équinôxes^ dérangeant Tordre établi dans le zodiaque artificiel, le l^endit inutile, ein nécessita la réfotiù^, donna lieu à de* changemens. Voici les causes et les effets de cette révolution imprévue.
Lé àoleil, après s'être trouvé pendant plusieurs siècles dans le signe des Gémeaux, à l'équinoxe du printemps, arriva au mêifte équinoté dans là division zodiacale marquée pat* le signe du Taureau y et parcourut entièrement cette division dans l'espace de 2i5i ans.
Fendant qu'il séjournait dans ce dernier signé^ on dut remarquer, poui^ la première fois, que
( I ) C'est le J^renûér précepte que , daiKS ses Géorgiques, Virgile âoaine aux agriculjteurs.
ypre nopô , geUdas canU dim ntontièui hufkor ■' Liquitur , et zephiro puiris se gleba resolt^it , bepresio incipiatjam tum mihi taurus aratto Ingemere y et sulco altfittis spUnâtscere iyomtr.
( Georg, f lib. i » t« 4). )
ANTERIEURS A L^IbOLATRIE. g^
plusieurs autres signes du zodiaque ne coïncidaient plus arec les saisons et les travaux des champs qu'ils devaient indiquer , et que le symbole n'était plus applicable k Fobjet symbolisé. Un tel désordre ne pouvait subsister sans rendre le cercle zodiacal inutile ^ et ses indications fausses. En effet, le Lion ne se trouvait plus au solstice d'été; les Épis ne marquaient plus l'époque des moissons; ni la Balance ^ Véquinoxe d'automne ; ni le f^ersedUy le solstice d'hiver. U aurait fallu^ pour reïnédier complètement à ce désordre , déplacer tous les signes symboliquesj et, les faisant rétrograder d'une division, suivre la marche dé la précession. Ce changement eût été praticable pour le zodiaque artificiel, mais ne le fut point pour le zodiaque céleste. U aurait fallu changer la dénomination des constellations comprises dans les différentes divisions de la zone céleste du zodiaque; il aurait fallu changer notamment celle du groupe d'étoiles qui formait dai^s le ciel la constellation des {jrémeauXy et qui était, depuis plusieurs siècles, consacré par la religion, comme signe de l'époque la plus intéressante de l'aYmée, comme le symbole du soleil régénérateur de la nature : groupe d'étoiles qui constituait la divinité antique, adorée sous les noms de Dioscures ou de CVw^ore/Po//i/a^y constellation précieuse,
lOO DBS CULTES
stir-lout aux navigateurs, au^iquels ces étoiles servaient de guide. Le culte des Gémeaux ^ des Dioscures ou de Castor et PolhiXy qui formait la partie essentielle des fameux mystères de Samotrace, était trop fortement établi, avait jeté des racines trop profondes dans l'opinion publique, pour être facilement détruit; et les étoiles qui composent cette constellation ou ce signe céleste étaient trop connues du peuple ^ avaient trop souvent fixé ses regards religieux, pour qu'on parvînt à changer leur nom, et par ce changement à anéantir le culte et la divinité. On ne pouvait non plus, sans heurter de front toutes les idées reçues, sans renverser les principes religieux consacrés par l'habitude, transporter le nom de la constellation des Gémeaux y des Dioscures y des dieux Castor et PolUix^ à la constellation voisine, appelée le Taureau.'Le succès d'une telle entreprise était devenu impossible; on ne le tenta point. Ainsi, quoique la constellation des Gémeaux n'indiquât plus l'cquinoxe du printemps, on lui conserva, dan» le zodiaque céleste et artificiel, sa figure et son nom. Ce nom et cette figure symbolique, par respect pour la religion, ne furent plus appliqués à l'objet symbolisé; celui du Taureau, qui ne peut être le symbole de l'égalité des jours et df s nuits, le remplaça dans l'équinoxe du printemps.
ANTÉRIEURS A L'iDOLATRIE. iQi
Si le culte s'opposa au déplacement du signe des Gémeaux j il n'en fut pas de même des autres signes. Les constellations, qu'ils caractérisaient, n'étaient pas encore un objet d'adora*^ ùon, et tenaient plus à la science qu'à la reli-^ gion astronomique. On put, sans contrarier les idées religieuses, les déplacer et les faire coïncider avec les principales révolutions célestes dont chacun de ces signes était le symbole. Ainsi, a l'exception des Gémeaux y qui n'étaient plus à l'équinoxe du printemps, du Taureau qui s'y trouvait, et peut-être da Bélier qui l'avoisinait, tous les autres signes éprouvèrent un déplacement qui les fît passer de la division zo^ diacale quMs occupaient à la division voisine. Le Lion se retrouva en conséquence au solstice d'été, le J^erseau au solstice d'hiverj les Epis furent replacés k l'époque des moissons; et la Balance occupa de nouveau la place marquée par l'équinoxe de l'automne.
Ce changement opéré sur les zodiaques arliGciels dut faire disparaître un signe entre les Gémeaux et le Lion^ entre l'ensemble des signes qu^on rendit mobiles et les signes qui restèrent immobiles : ce signe soustrait est inconnu. Ce changement dut, par la même raison , laisser un vide entre le P^erseau et le Bé^ lier; ce vide fut rempli sans doute par le signe
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des Poissons^ symbole des eaux ou de la péchey qui semble n'être placé que comme ub supplément au signe du J^erseau qui Pavoisine^^t qui caractérise aussi les eaux ou la pèche. C'est en eflFet au mois où répond ce signe qfiie, suivant Ëlien^ le$ Egyptien^ élisaient leur grande pêche.
Il suffit de jeter les yeux stir une figure du zodiaque pour concevoir l'idée de ces déplaeemens.
Les trois signes qui sont restés immobiles ^u milieu de ces changemens^ les Gémeaux ^ le TaureaUyXe Bélier y et qui ont successivement marqué l'équinoxe du printemps, ont reçu un enlte distingué. On les a tous trois qualifiés de Dieux Sauveurs et Régénérateurs/ on a vu en eux le soleil printànier , qui répand par-tout la lumière et la vie, triomphe des ténèbres, ressuscite et féconde la nature. Le culte du 7hwreauy qui marquait Téquinoxe du printemps, lorsque le Sabéisme et la science astronomique Élisaient les plus grands progrès , fut presque universel. On poussa la dévotion pour ce signe jusqu'à Tadorer lui-même, jusqu'à adorer Fani* mal qui était son image vivante. On sait que les taureaux jdpis ^ Mnes^is ou ^acfV ^ reçurent dans différentes villes de l'Egypte le§ honneurs divins, et que cet animal, qui a fourni rtiatière
ÂNTÉRIEIÎM JL l'idolâtrie. io5
à flumc^urs fdbles mythologiques, est encore . révéré chez les Indiens , dont la religion a pour ba$e le Sabéisme.
Les autres signes figurent aussi dans la n^j-f tb^logiej et quelques-uns ont été érigés en divinitéç* Jj homme îiusi pieds de bouc, pprtaatla chèvre et les ebevreaux , fut l'origine du dieu Pam le signe des Epis Hit celle de C4rès^ et la Balance celle de Thémis.
]b'équino::^e du printemps, après s'être trouvé peaèantaiSi ans dans le Taureau ^ abandonna ce signe pour passer dans celui du Bélier. C<f plissage eut lieu environ quatre cents ans avant notre ère vulgaire. Le culte des astres était alors arrivé k son terme ; ^es pombip^i^Ons é^e^t épuiçée^j ceUe religion ét^it fUée. JXail^ leurç , le$ procès des connaissances humaines, de non)breuses sectes pbilpsophiques répaà*^ dues en Asie , et l'attachement du peuple à ses aneieiis dogmes, s'opposaient à ce que. le .onlte du Bélier reçût une consistance pareille à celle qu'avait acquise le culte du Taurçau. Cependant il fut adoré à Saïs , dans la Haute-Egypte , et, en Perse, sous la figure d'un agneau, comme Dieu Saui^eur et Régénérateur^, titrç sous^.lequel avaient été ^Qrés le Taureau et les Ge-j
mecwx. •..;,..
L'arrivée de réquino;jî:e du printemps dana I*
Iô4 DES CULTES
signe du Bélier n'apporta en conséquenee dans le zodiaque artificiel pas plus do changement que n'en a apporte son arrivée récente dans le signe des Poissons.
C'est ainsi que les signes symboliques du zo~ diaque ^ qui , dans Torigine , ne servaient qu'à indiquer les points principaux du cours annuel du soleil^ ainsi que les époques des travaux de la campagne , et ne servaient qu'à remplir le but de nos calendriers eu almanachs , devinrent , par la suite des temps , par le respect despeu-^ pl^s pour cette institution antique et péces^ saire , des objets divins ^des divinités plus oit moins révérées (i).
Les constellations comprises dans là ceinture zodiacale ne fixèrent pas seules l'attention des hommes ; et leurs signes , ainsi que ceux du soleil et de la lune^ ne devinrent pas les seuls Fétiches artificiels des astres consacrés par le eulte. L'habitude d'observer le ciel fit apercevoir la mobilité de quelques planètes^ et bientôt
(i) Les calendriers rustiques des aneiens, Falmanach de bois dont MM. Lancelot et Court de Gebeliu ont donné la description; les almanachs mécaniques dont se servei^t les Turcs ; les bâtons runiques , et notre almanach du berger, se rapprochent, par leur simplicité, du motif et de la simplicité du zodiaque dans son institution prt- Mitiv^.
ANTÉRIEURS A L'iDOLATRîE. 4o5
reconhaitre leur révolution. Il n'est pas probable que les cinq planètes farent toutes découvertes en même temps. Celles dont les mou- Temens sont plus perceptibles^ et que nous nommons Vénus , Mercure^ Mars y durent être observées les premières. La simplicité de leurs signes 9 les rapports qui se trouvent entre leurs formes , concourent encore à prouver qu'elles (tirent découvertes a des époques voisines.
L'éloîgnement du soleil, et la lenteur de la marche des autres planètes, appelées Jupiter et Saturne y par conséquent la difficulté d'observer et de calculer leurs mouvemens , jointe a là forme compliquée de leurs signes, me persuadent qu'elles ont été découvertes long-temps après les trois premières.
Ces planètes ayant, comme le soleil, un cours réglé, furent , ainsi que cet astre, considérées comme divinités. 11 fallut leur donner des noms. Chaque nation de l'Orient, a cause de la diversité des langues , exprimait lé mot générique Dieu par un nom différent; on choisit les noms des jFV&c/ie^ les plus célèbres parmi ces nations, et on les appliqua aux nouvelles divinités : ainsi ces planètes reçurent les dénominations des Fétiches déjà adorés. De quelle autre qualification eût-on pu honorer ces divinités célestes , si ce n'est de celles que portaient des divinités
io6 jpçs •cvvri^»
existantes ^uf 1^ tçrrci , et qui étaient seules capables d'inspirer tm gentiment religieux?
H fs^llut aussi leur donner des signes , afin de les indiquer sur le calendrier^ Cea signes ne pouvaieQt «ét|*e symbolique^ : car aucun objet sur la terro ti'avâit asçe? de r^^pport et d'ana-r logia avec ces corps célestes mobiles^ pour être figvré à leur place , pour les représenter. Les planètes, d'ailleurs, ne marquaient aucun phé-r nomèue intéressant pour les hommes ; leurs n^Qureipens n'indiquaient ni le retour des sai-* sons , ni le$ époquei^ de^ travaux des champs ; ainsi ^ ni les si^i^OQS i^i les travaux des champs ue fournissaient de symboles convenables. Pour figurer les tyois planètes qui furent les pre-» mières connues, Mçreure ^ Vénus, Màr^ , oh employa le cetrcle, auquel on ajouta , pour les distinguer eptre çUeç, l'image des divinités Fétiches dopt (îlies portèrent les noms. Elles furent QgWj^é^^ par u^ cercle , comme l!était le SQlail 4 f^ f^aufe d^S rappprts qu'elles ont avec cet' 9Btre , qui , comme elles « a un cours réglé I mai$ le cercle qui les représentait était n^pips grand qufi celui du soleil , parce que ces plapèt^^ pamifîsaieBt moins grandes que cet astre.
Pour distirigu0rle signe de la planète de Mer-^ (Ti^r:^, on ajouta |(9on^rele le caractère TiiEi^, qui
ANTÉRIEURS A l'IDOLATRIE. 107
est une croix ou un T. C'est l'image du TTèôtk , qui consistait en une colonne de bois ou de pierre près de la cime de laquelle était une traverse ^ qui portait ordinairement des inscripK* lions relatives au culte , à la politique ^ à la morale et aux sciences. Je prouverai ailleurs que le Thoth, ou la colonne cruciforn^ie ^ était la même divinité Fétiche quç YJïermès de» Grecs, le Mercure des Gaulois Cisalpins et des Celtes (î).
On avait donné au signe de Vénus une forme pareille à celle que je viens de décrire : il fallut donc ajouter si\\ cercle de Mercure un caractère qm j'empéchât d'être confondu avec le signe de Vénus. On y ajouta deux formes d'ailes , emblème d^ la vélocité d^ sa révolution f^^tqur du soleil j' car, comineon le sait , Merc{ire e^t de tQUte^ les planètes celle dont lai révolution est le plus promptement terminée. Ces ailes , lorsque d^n« J* Witç on eut personnifié ftfçycure, fw64^ appliq^éçs ^ $a tê^ç, à §f s t^WS/
à son md^io^fi^ : ,
Je ne eroi$ pas , comme l6 pçnsent quelques savans, que ce soit le caducée de Mercure qui
(1) Les Bgypûepf ijonpio^W^^it Thcià la plA^ètc <|ue les Greca ^pçUiént Hermès , çt les Latins Mercure, •
to3 DES CULTES
ait fourni les ailes au signe de cette planèle ; mais il est plus satisfaisant de croire que c'est le signe de la planète qui a transmis ses ailes au caducée de ce dieu ; parce que ce signe est iHen antérieur aux figures humaines données k Mercure , et au caducée qu'on lui fait tenir k la main ; parce que ce qui est simple est plus ancien que ce qui est composé.
La planète de Vénus fut également représentée par un cercle, auquel est réunie la marque distinctive du Tau. Ce signe ne diffère de celui de Mercure que parce -qu'il est privé d'ailes ; mais pourquoi cette planète portet-elle comme Mercure le caractère du Tau ou de la croix?
l^our résoudre cette question ^ il faut que je pose en principe ce qui n'est pas encore prouvé ^ mais ce qui le sera dans la suite. Thathy qiii avait pour image le caractère Zbw, n'était qu'une pierre brute dressée, une de ces colonnes cruciformes et limitantes si célèbres dans l'antiquité , qui , ainsi qu'il a été dit , portait ordinairement des inscriptions , et fut adorée en Egypte comme un dieu fétiche.
Vénus était également , dans son origine y une pierre brute comme le Thoth. Cette pierre était honorée chez plusieurs peuples voisins de l'Egypte par des cérémonies fort étranges ,
ÀNTÉRIEtrilS A L IDOLATRIE. XO9
et dont je parlerai dans U suite (i). On voit maintenant pourquoi deux divinitésjsemblables dans leur origine, deux fétiches pareils par la matière et par la forme ^ et dont les noms fu~ rent appliqués à ces deux planètes, fournirent aux signes de ces mêmes planètes un caract^e commun , le To^qui désigne le Thoth , et qui , dans la plupart des alphabets orientaux , est représenté par une croix. On sait , au surplus , que le signe Tau. ou de la croix faisait partie des cérémonies du culte de Vénus (2).
(i) Voyez d-^près , chapitre XXL
{*£) Je ne puis m'empêchera ici , de rapporter les interprétations de <{uelques savans , qui difièrent de la mienne sur le signe de Vénus, Les uns y ont vu une clef allégorique qui ouvrait la nature au printemps , comme si cette planète ne paraissait ou ne se faisait distinguer que dans cette saison de l'année. Il faudrait dire aussi que le signe de Mercure représente une clef, puisqu'il est presque semblable à celui de Vénus, et que le signe de Marsr^ présente une partie de clef, puisque, comme les deux autres signes , il a la forme d'un anneau ou d'un cercle.
Court de Grebelin voit, dans le signe de Vénus, le Miroir de cette déesse. Comment accorder l'opinion de ce savant sur la haute antiquité des signes des planètes, avec l'époque bien moins antique de l'invention des miroirs , invention qui annonce des progrès dans les arts de luxe? II faudrait que les miroirs fussent plus anciens que les signes des planètes, pour que cette opinion ent quel-
1 1 0 DES CtTLTES
Voilà donc deux divinités fétiches , deux pîerres adorées ^ chacuiie dans différens pays, et - portant en conséquence une dénomination diflférenle, qui ont fourni leur hôtn et les caractères qui leur sont propres , à deux des planètes les plus anciennement connues, à celles que nous nommons Mercure et J^énus. Voyons maintenant quelle fut l'origine da signe de la planète que nous nommons Mars.
Cette planète^ connue peu de temps Sans doute après les deux premières, fest comme elles figurée par un cercle ou anneau, auquel est joint un caractère distinctif représentant la pointe d'ua dard ou d'une lance»
Che£ les peuples guerriers , une lance , une épée était un dieu fétiche , ordinairement ap-
que fondement ; car le modèle existe avant la copie. Ce <jui doit fixer l'opinion à l'égard de ce signe , et démontrer l'erreur de ceux <|ui y voient un miroir j c'est que la plupart des monumens égyptiens nous représentent des figures humaines qui portent une image de ce signe , et qui passent, pour le tenir, quatre doigts de la main dans le cercle évidé, ou l'anneau, qui eu fait partie : or, si ce cercle ou cet anneau servait de cadre à une surface polie, à un miroir, la main n^ passerait pas à tiavers , comme on le voit dans les figures antiques, et notamment dans la belle figure d'Isis qui est au Muséum des Antiques du Louvre.
ÀT9TERIEURS À L IDOLATRIE. itt
pendu à une colonne totkMttée , ou aUK branchée d'ttn arbre adoré. OdUe arme Vouée à k divinité devenait^ avec le lemp^, un objet d'adoration. Un fait fera sentir comment une épée a pu devenir un dieu : c'est Plutarque qui nofus le fouruîL César > pendant ses exflôils dans ks Oaules> avait perdu son ^pée en combattac^t contre les Ârvêrues ; ceul^-ci s'en etfipatèrent^ èi^ fiers d'une pareille conquête , Tappeudireni dâus leur sanctuaire. Quelque temps après , César passant dans ces lieux ^ y aperçut son épée; il he put s'etn-^ pécher d'eu rire. Ceux qui l'aecompagûaiènt lui conseillèrent de la reprendre , il s'y refUsa , eu dîsant> qu'il ne pouvait y toucher^ puisqu'elle était consacrée (i).
Les Scythes , les Celtes et les Romains , el plusieurs autres peuples belliqueux^ rendaient à une lance /à une épée^ les honneurs diviùs. Les Scythes plantaient au milieu de leur sanctuaire une vieille épée que chaque peuple conservait religieusement Us faisaient couler dessus le sang des victimes, et sur-tout celui des prisonniers qu'ils avaient Êiits à la guerre, ce Le» » nations scythes, suivant Hérodote, élèvent » dans les lieux destinés à leurs assemblées
(i) Plutarque, f^iè de César,
lia P£S CULTES
M uba pilé de bols xnenu^ au haut de laquelle » elles plantent un vieux cimeterre^ qui leur n tient lieu de simulacre de Mars. Elles of- » frent tous les ans à ce cimeterre des sacri- M fîces de chevaux et d'autres animaux ^ et lui n immolent un grand nombre de victimes; 1» elles lui sacrifient aussi le centième de tous » les prisonniers qu'elles font snr les enne-^ » mis(i). » Les GèteS| les Goths, les Alains, les Sarmates^ rendaient un culte à une épée; et ce culte s'est conservé long-temps parmi eux. Du temps d'Ammien Marcellin , c'est-àdire sous l'empire de Valens^ les Alains adoraient encore une épée* k Ces peuples, dit » cet historien , qui n'ont aucune espèce de M teipple pour leur culte , plantent en terre , jî avec des cérémonies barbares, une épée nue, w qu'ils adorent avec beaucoup de vénération , » comme étant le dieu Mars (2). ))
Les Romains adoraient une lance ; et c'était là leur Mars y comme le témoigne Varron. En effet, le mot Quirinus , qui était aussi le surnom de ce dieu , dérivait de curis , qui , cher les anciens Sabins , signifiait une lance.
Justin ne laisse aucun doute sur l'usage anti-
(i) Hérodote, JRftfipomè/itf, liv. 4» «©et. 62. (9.) Amm. MarcellinuSilib. 3i, c^p. 2.
ÀNTfiRISUaS X l'iooiateiEi. ii3
que d'adoKr une knee comme la divinité même, «r Dans les premiers temps, dit^il^ les 9 hommes adoraient des lances comme on » adore les dieux immortels; et c^est en mé- » moire de ce culte que les satues des dieux » sont eneore armées de lancçs » (i).
Ainsi 9 lorsque les sabéistes eurent découvert la planète que nous appelons Mars , et qu'ils Toulurent la diviniser^ ils empruntèrent le nom et la figure des fétiches adorés chez plusieurs peuples comme divinités de la guerre , et ils caractérisèrent le signe de cette planète par la pointe d'une lance, ainsi qu'elle est encore représentée*
Il . serait déraisonnable dé donner à la formation du signe de Mars une explication «iontraire à celle que je présente» Il faudrait s'apposer que la figure, du fer de la lance qui caractérise ce signe, est ce quia donné l'idée d'adorer des épées, des lances , à des peuples barbares, qui Certainement, à l'origine trèsreculée de ce culte, u'avaietit nulle connaissance de la planète de Mars , et encore moins de son signe* Les peuples guerriers adoraient.
(2) Ab origine rentniy pro diis immortalihus veteres kastas cotuere; cujus religionis ob memoriant adhuc deorum simulacris hastœ adduntur» (Justin, lib. 4^9 cap. 3.)
Il4 ]>£S CULTES
tihe artne offeosive, non [)aroe ipie le bîgne de cette planète portait le fier d'une laboe^ ttiais^ parce que l'épée ou la lance , dans les mains des braves^ procurait la victoire : objet le plus^ cher de leur ambition. Us adoraient certaines épées^ parce quç dans Forigine elles air^ient servi à quelques héros célèbres par dds exploits glorieux , ou par des conquêtes éclatante^ On les conserva comme des reliques précieuses qui {mrticipaient de la vertia gueitîère àé ceii^ qui les avaient portées avec succès. Us cnkf ênt qu'elles contenaient quelque forcé secrète et divine; aussi Attila, roi des Huns^ ayant ïe-* couvre par hasard une vieille épée consaerêé , se persuada qu'elle lui assurait l'empire de de l'univers, et la victoire dans toutes les guerres qu'il entreprendrait (i).
Ces peuples barbares ne voyaient poii^t dans cet objet d'adoration un être fort supérieur à la nature > un être tout-puissant, et maître' souverain des évènemens de la guerre ; leurs idées étaieiÂt trop bornées , trop grossières pour concevoir une essence purement spirituelle et dégagée de la ^niiatîèï'è*. Mars n'était dpnc poiM pour eux un dieu dans l'acception étendue que nous donnons à ce mot; mais ils voyaient
(i) Joruandès, Hist. Goth,, cap. 35, p. 66i , 6621.
ÀNil-ERiEURS k L^IDOLilTRlE. ii5
dans l'épée ou la lance sacrée qu ils appe« laieat Mars un talisman^ un fétiehe, qui pouvait contribuer au succès de leurs guerres , à la gloire de leurs uations*
Le nom de cette divinité terrible parait même, dans son origine^ n'avoir signifié qu'une arme offensive : d'où sont dérivés les mots ma* rassau y martel, marteau^ brciquemar , etc., espèce d'armes autrefois fort en usage; ainsi que les mois meurtre, martyr ^ei'C.f qui sont les eiets de eés mêmes armes (i). Fér et Mars étaîeat^ chez les Grecs, exprimés par le même mot: jérès signifiait cette divinité, et le métal doat on fait les armes.
TfiUe fut la cause des dénominations et des si^es des trois planètes les plus faciles à reconnaître et les plus anciennement connues. Je passe aux deux autres , dont Ti^sérvation , plus difficile à cause de leur éloignement et de la lenteur de leur marche , a dû être beaucoup plus tardive.
La j^nète la moinsiloiguée du soleil après Mars e$t cMle que nous nommons lupiteri
(i) « Mars, appelé par les Latins Mavors, par les » GaidoixS Mawrth, par les Bretons Meurth, dut sa dé- » nosiii^atiûB au celto-scytibique Mawrther, un i^i^ieur- » tcier. » ( Origines gauloises, par Latour-d'Auyergne , p. i66.)
Il6 DES CULTES
Sa découverte dut faire une forte sensation parmi les astronomes. £ie grand éloignement de cette planète, relativement aux précédentes; la grandeur de son orbite , l'importance et la nouveauté de cette acquisition, dans un temps où le sabéisme devait être dans sa plus grande vigueur, lui firent donner une dénomination digne de la haute idée que les prêtres astronomes se formèrent de cette nouvelle divinité.
Les Egyptiens lui appliquèrent le nom du soleil, qui, à ce qu'il parait, était, dans les premiers temps appelé 0; cri d'admiration, exclamation adoratrice , dont le caractère gra-, phique est l'image même du soleil. Us formtèrent de cette voyMle la syllabe on , qui fut le nom connu et particulier qu'ils donnaient au soleil. On y ont ^ chon, furent même, chez les Grecs, des syllabes qui exprimaient seules, ou servaient à composer les noms des dieux-soleils: Hercule ^ Bac chus ^ ÀpoUon (i). Ainsi la
(i) Quelques savans trouvent des rapports entre On , soleil des Égyptiens , et le 0*m des Indiens , qui est un mot mystérieux qu'ils n'osent prononcer. Onam est le nom d'une fête qu'ils célèbrent avec pompe en l'honneur du soleil. 0-mt-ïo ou Amidas est le souverain dieu des Japonais , qui paraît avoir été le soleil. Chez les Grecs, les syllabes o> on^ chon^ avaient des rapports avec leurs di«ux-soleils. Oaxhs, Oaxas, étaient fils du soleil
ANTéniEURS A L'iDOLATEIE. II7
planète que nous nommons Jupiter fut appelée O par les Egyptiens : nom auquel on adjoignit dans la suite ^ pour la distinguer du soleil^ la qualification de Siris , qui ^ suivant quelqae^ s^vans, signifie astre, et même soleil; et^ suivant d'autres , puissant , maître , sei-^
ApoUon.. Ogoa ou Osogo formait le surnom de Jupiter, à Mylasa, vîUe de Carie. Omadius, Omasius , Omeste , étaient des surnoms du dieu-soleil Bacchus , et Chon chez les Egyptiens, celui du soleil Hercule. Chocs ^ Cho^ las, étaient les noms de deux fêtes célébrées en Thonneur de Bacchus. Les mots Baal, Seel, Bel, Belin, Abel , etc. , qui signifient maîtres , seigneurs , domina* teurs, dans presque toutes les langues orientales , et qui étaient appliqués à la divinité^ ont servi, comme l'assurent «^eAi^n et autres sayans, à composer le nom Apollon; il n'a fallu qu'ajouter la syllabe o ou on pour compléter ce nom du soleil. On voitqu'^o/Zon signifie le ^ei^/zei/r O, le seigneur soleil; ce nom ne diffère de celui à^O-Sirii que par la qualification qui termine ce dernier. O, dans l'un etFautre mot, signifie soleil ; et Siris est une qualification égyptienne qui exprimer Tniaitre,,seigneur.'DaLUi la langue copte , le mot qui répond eux Dominus des La-* tins, au Kurios des Grecs , s'exprime encore par Sios ou Sois. ( Réflexions généraleà sur le rapport des langues égyptienne, phénicienne et grecque, par l'abbé Barthélémy; Mém, de l'Acad. des Inscrip., t. 32, p. 282.)
Les Phéniciens avaient une divinité appelée Osoùs, dont le nom décomposé forme O-Soûs^ ou le sfignmtr Oy et serait le même que O^Siris^
Il8 DES CULTES
gneuJr, etc. O^Siris fut Idnom de cette planète; et ce nom exprimait aussi la divinité suprême du soleil.
En amalgamant le mot thoth y nom générique de dieu chez les Egyptiens, avec O, nom du soleil chez le même peuple , les Grecs en composèrent leur the^os et leur ze-us (ju'ils prononçaient dzeous : c'est ce dernier nom qu'ils donnèrent à la planète de Jupiter. Les Romains firent de ce mot leur iou et leur deus. leur iou-pater, deus^pater ou dispiter j enGin Jupiter y c'est-à-dire, dieu le père ; et cette dénomination latine paraît être une traduction de YOSùis des Egyptiens (i).
Les Grecs et les Romains, chez qui le tonnerre était révéré comme une divinité terrible > lui attribuèrent l'image de la foudre, s'il est vrai que le signe de Jupiter soit cette image , comme on le dit II est certain que Jupiter ^ qui avait été dans l'origine un dieu-soleil , et qui cessa de l'être parce que dans la suite on introduisit chez ces peuples d^autres divinités de cet astre, ne fat plus que le dieu de l'air , de l'atmosphère ; le génie qui présidait dans le
(i) ÏÏO on a fait sans doute ou y iou , jou y et S iris a été traduit par le mot latin pater , |)ère : qualification donnée à presque tous les dieux.
ÂNTERlEUliS A t'tPOLÀTRIE, H9
ciel. Sn conséquence, lorsque Vidolâtrie fut en vigueur/ cm le repTéçepU toujours armé àt h foudre ; et il est présumnble que le signe sous lequel la planète qui porte son nom es^ indî^ quée offre l'image , quoique imparfaite , de cet accident rapide de la nature.
Si Osiris avait che^ les Egyptiens le double emploi de figurer le soleil et la planète que nous appelions Jupiter ^ le Zeus des Grecs et le Jupiter des Romains, avaient également le double emploi de dieu suprême du ciel et de Fatmosphère, et de génie de la planète qui portait leur nom. On voit que les Egyptiens, les Grecs et les Romains se sont accordés à donner chacun la même dénomination sl deux Qbjets divinisés; et cette conformité vient à l'appui des rapports étymologiques que j'ai éta-* blîs entre les noms de ces objets*
Quant à la confusion qui résulte du même nom donné à deux objets différens, la mythologie en offre plusieurs exemples qui attestent la pauvreté des langues primitives.
Saturue est la planète la plus élcHgnée du soleil que les anciens aient connue. Elle reçut différensnomschez différens peuples de l'Orient. Je ne m'y arrêterai point. Je dirai seulement qne les Grecs la nommaient Chronos ^ qui signifie le Temps, peut-être à cause du long
laO DSS CULTES
espace de temps que jmet <;ette planète à par^ «ourir son orbite. Les Romains la ncrnimèrent Saturne. Ce nom semble étranger à la langue latine^ et ne signifie point le temps, comme Ghronos chez les Grecs. Plusieurs savans pensent qu'il dérive du mot sator^ qui jême, qui plante^ ou d'autres mots de la même famille ^ qui ont en latin une* signification pareiHe : alord ils ont vu dans Saturne rembléme de l'agricut'
ture. D'autres le font venir du mol sator^ qui a une signification diflPérente, et qui exprime pèrCj créateur;, celui qui engendre^Si je m^arrête à cette explication^ et si j.e joins au mot sat le nom àHUranusj divinité qui a tant de rapport avec Saturne y et dont il est le fils suivant la Fable, je forme Saiuranus ou Saturnus (i). En décomposant les diverses j)arties de ce mot ^ je trouve que sat signifie père ou maître , et qu'wr;, our^ dans presque toutes les langues de l'Europe et de l'Asie, signifie bordure^ entourage^llvesie anusonannusj qui exprime cercle^ anneau; Saturne pourrait donc être traduit par le pèra de ki bordure du cercle.
(i) La formation de oe nom est pkrs sensible chez les Indiens. Court de Gebelin dit : On trouve également ^Sins la mythologie des Indiens un roi nommé Satouxa-t riounc, {Aïlégûries orientales^ p. ^o.)
AJNTlêRIEimS A l'IDOLATRIB. 121
drami^éiaii la partle^pparente du ciel que torde mi termide rhorizoh, ou bien ce cercle visuel où le ciel sênible toucher la terre, et où la terre semble être la bordure qui encadre le cieL Quel objet doit mériter , aux extrémités de l'horizon, le titre de père, de maâtre ^ de dominateur qu^exprime le mot saty sator^ si ce n'est les montagnes qui le dominent, et qui, par leur hauteur, semblent atteindre les cieux, où les vents , les orages et autres accidens de l'atmosphère, prennent naissance ? Saturne serait donc une divinité montagne. Les hautes montagnes dont la cime se perd dans les nues, et que les anciens croyaient élre attenantes au ciel , ont fait imaginer aux poètes que Saturne était fils d^Uranus ou du ciel. Si leurs cimes s'élevaient dans les cieux, leurs bases reposaient sur la terre j aussi les poètes ont-ils donné à Saturne la terre pour mère.
Le culte de Saturne fut porté en Italie par les Phéniciens. Ce pays, semé de hautes montagnes , fut très-convenable à cette divinité ; aussi les fables portent que ce dieu y régna long-temps : ce qui signifie que son culte fut de longue durée. EUeslui donnent pour épouse Rhéa^ qui est une montagne de la Troade. Enfin, ce qui contribue a fortifier cette opt-
lia DES CULTES
nion, qae je n'émete ^cepeadaot que eomine une conjecture y c'est que quelque iQ<Aitagne& ont conservé long^temp» le nom 4e Saturne. 11 en est une qui s'élève dans la plains d' Athènes f et qui portait ce nom* Suivant Justin j Festus et quelques autres écrivains ^ la mon-^ tagne sur laquelle fiit bâti le Capitole portait ausfliJe nom de Saturne.
Le règne de Saturne et de Rhéa lut p disent les poètes^ le règne de l'innoeenoe et d# ji'âgç d'or, parce que de tout temps l'homme a vanté le passé aux dépens du présent, et a confondu toujours la simplicité^ la grossièreté d^^ mwurs, avec leur pureté,
Ain» le nom de la divinité des moiitagneç en Italie. aurait été appliqué à la planète qu# bous nommons Saturne ; et ce n'est pas i comme nous l'avons vu , le premier e:ii:emple de Tappli'cation dupom des fétiches naturels ou artifi-^ ciels aux autres divinités.
Quant au signe de cette planète , ceux qui voient dans Saturne un dieu de l'agriculture disent qu'il est l'image d'une faux , instrument des cultivateurs^ Ceux qui y voient le Chroma des Grecs , disent que ce signe est aussi une faux , la faux du temps , emblème de la destraction. D'autres nomment l'instrument qui
ANTÉRIEURS À l'idolâtrie. 135
caractérise Saturne une harpe* La huE^é est une esçH^e d'arme plate^ courte et recourbée : on en voit l'image dans un bas-relief qui repré* sente le trône de Saturne ; et cette vue suffit pour prouver que la ïuxrpé est très-différente delà faux. D'ailleurs^ les monumens antiques qui représentent Saturne avec ce dernier instrument sont très-rares , ou peut-être il n'en existe pas (2)4
La harpe de Saturne est une arme offensive ; les fables mythologiques le prouvent. C'est avec la harpe que Jupiter combat Typhon ; c'est avec cette arme tranchante que Mercure coupe la ièie à Argus; c'est cette arme que Mercure donne à Persée pour couper la tête à Méduse. Cette harpe ^ qui a évidemment donné naissance au signe de Saturne ^ n'était peut-» être qu'un instrument destiné aux sacrifices ^ qu'une espèce de glaive ou de hanche qui servait à égorger les victimes immolées à Saturne sur les montagnes. L'usage sacré auquel on l'employait la rendit sacrée; aussi figure-t-elle avec distinction dans les fables et dans les monumens mythologiques.
(1) Voyez les Monumens antiques et inédits de Mil'* lin, t. I ,p. 2i8.
Cettfi.arme divinisée sera devenue Temblénie du dieu y çt aura servi de modèlie au signe de sa planète (i).
Je taxe moi-méine de conjectures l'origine que j'attribue aux signes des planètes; mais celle^ qu'on leur a prêtée jusqu'à pi*ésent me, parait tout aussi conjecturale , et moins convenable à la conditioA des hommes , à l'état des lumières des temps reculés où on les a mis en usage. Quoi qu'il en soit de la justesse de ces explications ^ toujours est-il certain que J^es signes de Jupiter et de Saturne appartiennent à une époque différente de celle où les signes de Mercure^ de Vénus et de Mars, ont été in-* ventes j que les planètes de Jupiter et de Sa~ iurne j par leur éloignement et la lenteur de leur marche y ont diï être observées plus tard ; et leurs signes, par conséquent, inventés longtemps après ceux des autres planètes avec lesquelles ils n'ont d'ailleurs aucun rapport de configuration.
Les signes du zodiaque étaient devenus de^ puis long-temps des objets de culte , et même des divinités, dontquelques-uncs tinrent le pre^
(i) La harpe parait avoir été chez les anciens Grecs ce qu'est , chez les sauvages de l'Amérique , le ca^sse^tétç ou tomahàuh.
ÀKTÉRIEXTRS A L'IDOLâTRÎE. ia5
mier rang dans la mythologie. Les signes des planètes , dont les dénominations et les Vraies étaient empruntées des anciennes dirinités fe-^ tiches, obtinrent, sous ce dernier rapport, et comme faisant partie du calendrier , les hom-» mages religieux des mortels. On leur attribua une vertu occulte , surnaturelle , et une influence sur les élémens , les végétaux et le> animaux , pareille à l'influence vraie ou chi*mérique qu'on accoi^dait aux astres mémç qu'ils représentaient. On imagina des rapports secrets entre les douze signes du zodiaque et ceux des planètes et des autres constella-* tionsj et ces rapports donnèrent matière' à plusieurs fables mythologiques. Les dénominations de tous ces signes, fournies par le ha-* sard ou la nécessité , serrîrerit à caractériser l'influence des astres qu'ils représentaient, et l'influence des signes même. Ces dénominations furent le fondement de cette science religieuse si célèbre chez les anciens , et si méprisée aujourd'hui , qu'on appelle astrologie , magie. Elle fut en vigueur chez les Egyptiens , chez les Chaldéens , chez les Perses et les Thessaliens, et se répandit avec le sabéisme^ dont elle était l'abus , chez presque tous les peuples de la terre. Par elle, on lisait dans
l'avenir y on éludait les lois du destin ^ on les dictait \ on interrompait Tordre de la nature , on le dirigeait à son gré; on forçait lès élé- Bfnens> les dieux méme^ par une certaine disposition donnée à ces signes ^ à se soumettre à la volonté de celui qui les disposait convenablen»ent. Les lames caractérisées, les anneaux de Thrace, les anneaux constellés, les talismans, les amulettes chargées des signes du zodiaque, de ceux des planètes et des autres constellations , étaient les principaux moyens de t^ltô science vaine et ridicule, et sont aujourd'hui les tristes monumen s des erreurs des hommes et de leur crédulité facile (i). ' '
Ainsi , ces signes devinrent de véritables fé-
(i ) On a ¥«L des sava^Dis s'occuper sérieusentient à& cette £cieoce. Ticho'-Brahé anploya beaucoup de temps et de reclierches pour composer son Calendarium naturale magicum, qu'il publia en 1592 , sous le nom de Groschedel ab Aichfi. C'est une grande estampe, aujourdliui fort rare , de plus de trois pieds de haut , chargée d'une multitude de "Êgures et de signes astrologiques. L'art des prédictions, la manie de connaître et de deviner l'ayeiur, de se prémunir d'amulettes et de talismans constellés pour détourner le malheur et fixer la fortune , étaient alors le délire de toutes les têtes , et sur-tout des têtes couronnées. L'Etoile nous apprend que sous Charles IX il y avait jusqu'à trente mille astrologues à Paris.
ANTERIEVAS A L'îl>aLATRI£.. 137
fiches , les fétiches artificiels des astres; ainsi , le sabéistne, enté suf le fétichisme^ produisit des fruits qui décelaient leur double origine , produisit ded filiùhts ûMfficiêlSj qui ^ par leur forme , appartenaient au 'sabéisme, et ^ par l'eqpèce de puissance occulte qu'on leur attribuait ^ à r&n<)ien Fétichisme*
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