SAUVAGE DES PLAINES CANADIENNES
guère braves qu’en paroles, ce qui ne les empêchait nullement de se montrer cruels à l’occasion, ainsi, du reste, que leurs ennemis séculaires, les Esquimaux.
4. Mœurs et Coutumes. — Des armes de facture primitive, telles que flèches à tête de pierre ou d’os, lances de même matière, harpons en os ou en corne, servaient à tous en temps de guerre, à la chasse ou à la pêche. Dans le nord, on prenait aussi le poisson au moyen d’appareils ingénieux qui participaient de la nature d’un piège.
Les guerres consistaient surtout en des surprises suivies du massacre du plus faible par le plus fort, et, comme une tribu était rarement en paix avec sa voisine, la sécurité publique n’était pas grande.
Quant à la femme, son sort était partout des plus malheureux, puisqu’elle était la bête de somme en voyage et devait presque tout faire à la maison. La jeune fille n’avait généralement rien à dire lorsqu’il était question de se marier, et le chasseur pouvait prendre autant d’épouses qu’il se croyait capable d’en faire vivre. Par contre, le divorce était des plus faciles. C’est dire que le niveau moral était bien bas, surtout chez les Indiens des plaines et chez les Esquimaux.
5. Croyances et Culte. — Ces peuplades croyaient à un Grand Esprit, qu’elles regardaient comme le maître de la vie, et la plupart honoraient aussi un mauvais esprit, qu’elles tâchaient de se rendre propice au moyen de sacrifices de tabac, d’habits ou d’autres objets. Les Indiens des plaines avaient chaque année quelque cérémonie, comme la « danse de la soif » ou la « fête du soleil », qui leur tenait lieu de culte. Tous croyaient à l’existence d’esprits, généralement nuisibles, qui se manifestaient par des contretemps, et surtout des maladies, qui ne disparaissaient
LE PAYS ET SES HABITANTS
que devant les objurgations de certains sorciers appelés chamans. Ceux-ci étaient supposés en possession d’un esprit supérieur qui leur permettait de chasser celui qui causait la maladie et par là de rendre leur patient à la santé.
En cas de décès, le cadavre était, dans la plaine et chez les Esquimaux, laissé sur le sol ou sur des échafaudages qui le mettaient hors d’atteinte de la dent des bêtes fauves. Parmi les Dénés, on le déposait parfois dans l’intérieur d’un arbre creux, assez souvent* sur un échafaudage de pièces de bois entre deux arbres, et certaines de leurs tribus se contentaient de faire retomber sur lui l’abri en branchages qui leur servait d’habitation temporaire, puis reprenaient le cours de leurs pérégrinations.
Dans tous les cas, on laissait près du mort certains objets, comme sa pipe, sa chaudière, son arc et ses flèches, ainsi que la nourriture dont il pouvait avoir besoin dans le pays de chasse mystérieux pour lequel on le croyait parti.
1. Quelles sont, aux points de vue géographique et politique, les différentes divisions de l’Ouest Canadien (1) ?
2. Quels sont ses principaux lacs et ses principales rivières (1) ?
3. Nommez et décrivez les quatre familles de sauvages établies dans cette région (2).