‹ Histoire abrégée de l'ouest canadienChapitre 32 sur 78 · DÉVELOPPEMENTS CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENTS CATHOLIQUES

60. Courses et Epidémie. — Ce n’était là qu’une préparation à ce qui devait être un apostolat glorieux et des plus fructueux. Un des devanciers des nouveaux venus, M. Thibault, renouvelait alors ses courses vers l’Extrême- Ouest, pendant lesquelles il baptisait 5oo enfants. Dès 1844, il avait pénétré chez les Montagnais des lacs Froid, la Biche et Ile-à-la-Crosse, qui l’avaient reçu comme l’ambassadeur de Dieu lui-même. L’année suivante, un de ses confrères, l’abbé Joseph Bourassa, portait la bonne nouvelle jusque chez les Castors, à la rivière la Paix et au petit lac des Esclaves.

Les choses allaient moins bien à la Rivière-Rouge. Une épidémie des plus virulentes décimait alors la population. Dans un seul jour, Mgr Provencber n’eut pas moins de neuf enterrements, et, à la date du 3 septembre 1846, au moins i5o de ses paroissiens y avaient succombé rien qu’à Saint-Boniface. Or le fléau fit d’aussi grands ravages à Saint-François-Xavier, à Saint-Paul et sur la prairie.

Ce fut pour M. Belcourt le signal d’aller se dévouer pour les chasseurs de bison, qu’il ne quitta pas tant que l’épidémie fit des victimes parmi eux.

61. Activité des Missionnaires catholiques. — Les tournées apostoliques de M. Thibault avaient préparé les voies à l’établissement d’un poste permanent dans le Nord. Le 8 juin 1846, l’abbé Louis Laflèche, un homme supérieur lui aussi, partait avec le jeune P. Taché, O. M. L, pour l’Ile-à-la-Crosse, où il fonda la première mission affectée aux sauvages du Nord. De là, ce dernier rayonna dans le pays tout entier, visitant successivement et évangélisant avec zèle (1847) Indiens des lacs Vert au sud. Caribou à l’est et Athabaska au nord. Pendant ce temps, son confrère, à qui son état maladif interdisait les pénibles courses à la raquette, se dévouait surtout à l’instruction des Montagnais de la mission, et cela non sans succès, ainsi

HISTOIRE DE l’oUEST CANADIEN

que l’atteste Sir John Richardson, qui passa par là en juin 1848, alors qu’il était à la recherche de l’introuvable Franklin et en quête de découvertes et d’explorations scientifiques.

Les efforts des deux hommes de Dieu furent couronnés de succès, et, en peu de temps, l’Ile-à-la-Crosse fut le siège d’une chrétienté modèle.

Quant au supérieur des deux missionnaires, Mgr Provencher, il avait, le 4 juin 1847, élevé par Rome au rang d’évêque du Nord-Ouest dont il était le vicaire apostolique depuis 1844.

62. Travaux des Sectes. — De leur côté, les anglicans n’étaient pas moins actifs, mais le théâtre de leurs travaux était beaucoup plus restreint. C’était le district du Cumberland, où opérait un M. Hunter, avec la vallée de la Rouge, où le Piév. R. James avait succédé à M. Cockran. Quant au méthodiste M. Evans, il travaillait à la traduction des Ecritures en langue crise, aidé de quelques Indiens que les autorités de sa secte avaient élevés au rang de ministre. Mais ses labeurs dans ce pays ne devaient pas durer longtemps. Des difficultés survenues entre lui et la compagnie de la baie d’Hudson le forcèrent à rentrer en Angleterre, où il mourut subitement le 28 novembre

Enfin, les presbytériens écossais étaient alors de plus en plus mécontents des guides spirituels qu’on leur avait imposés, et renouvelaient vainement leurs demandes pour un ministre de leur religion. On ne devait pas faire droit à leur requête avant i85i.

QUESTIONNAIRE

1. Quand et pourquoi les premiers Oblats arrivèrent-ils au pays (59) ?

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