Le Monopole de la Traite des Fourrures. — Une
crise aiguë devait auparavant agiter le monde politique de la Rivière-Rouge. Depuis que la compagnie de la baie d’Hudson avait absorbé sa rivale en 1821, elle s’était montrée de plus en plus stricte dans l’application des droits qu’elle faisait dériver de sa charte. Bien que la validité de ce dernier document fût contestée, ses fonctionnaires ne permettaient à personne de vendre, ou même de posséder, aucune fourrure, et ils n’avaient pas craint de recourir à des mesures de la plus grande sévérité envers ceux qu’ils regardaient comme coupables de violer leurs droits à ce sujet.
Un état de mécontentement général en était résulté, dont l’expression se fit jour en 1849. Pour prévenir tout soulèvement de la population, la compagnie avait fait venir à grands frais d’Angleterre une troupe de 5oo militaires qui étaient restés quelque temps dans la colonie. Dans l’automne de 1846, 70 soldats en retraite étaient venus les remplacer, et leur nombre avait, l’année suivante, été doublé par l’arrivée d’un nombre égal de vété-
Histoire de l’Ouest Canadien. 5
rans, gens pour la plupart assez peu paisibles, sous la conduite d’un major Caldwell.
64. « Le Commerce est libre! » — Cependant le mécontentement contre ce qu’on appelait la tyrannie de la compagnie ne faisait qu’augmenter. Les colons envoyèrent donc en 1847 pétition au gouvernement impérial, se