‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 115 sur 221 · ERCILLA · texte numérisé non relu

ERCILLA

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quette des palais, rêvait, comme Christophe Colomb, la découverte d’un monde nouveau. Ce qu'il voulait, ce qu'il désirait avant tout, c'était des aventures. Un jour, il entend parler du Chili et des tribus sauvages de l'Astraucanie ; il part, s'enfonce dans les sombres forêts de l'Amérique, et découvre une poésie vierge au fond de ces bois silencieux ; cet homme était don Alonso de Ercilla y Zuniga.

Ercilla naquit à Madrid, le 7 août 1533, et mourut en 1596. Sa famille était noble. Il accompagna Philippe IT dans ses divers voyages en Europe, en qualité de page. En 1554, il partit pour aller combattre dans le Chili une peuplade belliqueuse de l'Arauca. Il combattit pendant sept années. Pendant tout ce temps, il travailla à son poëme, la Araucuna, destiné à célébrer ses antagonistes et ses compagnons d'armes, De retour dans sa patrie, en 1564, il épousa cette Maria Bazan, qu'il a célébrée avec des couleurs si charmantes dans un passage de son dixhuitième chant,

L'Espagne n'a pas, à proprement parler, d'épopée, à moins que l’on veuille donner ce nom à l'Araucanie d'Ercilla (1). Pourquoi cela ? Etait-ce dû à l'impuissance de produire un ouvrage de si haute portée ou ignorance de la composition ? La dernière hypothèse est la plus probable. On trouve bien des traces de l'épopée, mais les règles de l’art et du bon goût se refusent à accorder ce nom aux poëmes d'Alexandre, du Labyrinthe et du Cid. Le Pélage, la Sagontine, le Multéïide, la Numantine, la Mexicaine, les Plaines de Toulouse, le Le Lion de l'Espagne les Coréléides, sont des poëmes narratifs entièrement dépourvus de l'action épique, qui ne contiennent tout au plus que le germe d'une épopée.

La Araucana est supérieure à toutes ces compositions, sans cependant atteindre encore le but de l'épopée. Ce poëme est trop austère, et l’auteur, réglant sa voix sur celle de ses héros, quitte rarement le ton mâle et sévère, C’est d’ailleurs ce qu’il promet dans son exposition ou début.

“Je ne chante, dit-il, ni l'amour, ni les belles, ni les galanteries des chevaliers ; je ne chante ni les tournois, ni les langueurs, ni les sacrifices des tendres sentiments, mais la valeur, les hauts faits et les prouesses de ces Espagnols audacieux qui imposèrent à J'Arauca indomptable le dur joug de l'épée.”

La multiplicité des digressions et des épisodes ralentissent la marche de l'action, On se demande à chaâque page si l'auteur avait un plan

(1) L’épopée de Camoens appartient à la littérature portugaise,

tracé ou s’il se laissait aller à ses impressions, On rencontre des pensées faibles et communes, et des longueurs qui invitent le lecteur à dormir, “Si Breilla, dit Voltaire, est dans un seul endroit supérieur à Homère, il est, dans tout le reste, au-dessous du moindre des poëtes, Ce poime est plus sauvage que les nations qui en sont le sujet.” Cependant, il a été l'objet de l'admiration générale en Espagne. On se plait avec raison à en louer la majesté du style et la grandeur des conccptions. Ki l'auteur n'avait pas enchaîné son œuvre à un ordre chronologique, s'il eut eu recours à une fiction plus inhérente au sujet, s'il eut varié ses épisodes, en en diminuant le nombre, l’Araucanie jouirait en Europe de la même réputation que les Lusiades,

Au lieu de faire un tableau du Chili, il en donne une description statistique dépourvue de toute poésie,

La manière de l’auteur n’est pas la même dans les trois parties dont ge compose son ouvrage, Ercilla et tous les Espagnols se sont fait une fausse idée de la poésie épique.

Les trent-sept chants de l’Araucanie furent publiés successivement de 1569 à 1590.

Le père Mariana est considéré comme le prince des historiens espagnols. [Il composa une Zlistoire Générale d'Espagne, en latin, qu'il traduisit plus tard en castillan, et une Zistoire de Venise. Mesuré, lucide, rapide dans les narrations, vigoureux dans l'empreinte de ses portraits, il est parfois affecté, déclamateur et pompeux, ses harangues se répètent trop souvent ; il avait pris T'ite-Live pour modèle.

Saavedra (1584-1648) a été proclamé le premier écrivain du règne de Philippe IV. On lui reconnaît une vaste érudition, une profonde philosophie, une morale saine, une connaissance exacte du cœur humain, une ironie fine et douce, un style pur et correct. Ses principaux ouvrages sont: Las Empresas Politicas, La Republicu Literaria, La Corana Gotica, Custilluna y Austriuca.

Dorénavant, l'éclat du parnasse espagnol commence à pâlir. Deux hommes marquent une ère nouvelle, l’époque de la décadence dans la littérature espagnole. Gongoura et Quevedo, incapables d'atteindre les hauteurs où planaient les auteurs classiques de leur pays, secouèrent le joug de l’art. Un grand nombre d'écrivains, estimables d’ailleurs, crurent que l’on ne pouvait être compris en parlant simplement; on alla même jusqu’à laisser de côté la prose castillane pour le latin et l'Italien.

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Don Luis Gougoura de Argote naquit à Cordoue, le 11 juin 1561, et ily mourut le 24 mai 1627.

TL étudia le droit à Salamanque ; c’est aussi dans cctte ville où, jeune encore, il composa la plus grande partie de ses poésies érotiques, ses romances et ses letrilles satyriques, Ce sont ses meilleurs écrits, A l'âge de 45 ans, il se donna à l'Eglise, et devint par la suite aumônier de Philippe I IT.

À cette époque vivait en Italie un homme qui avait entrepris la réforme littéraire de son pays, comme voulait le faire Gongoura, en Espagne ; ect homme se nommait Marini. Jamais deux caractères se ressemblèrent davantage, Tous deux ennemis du naturel et de la simplicité s'intitulèrent chefs d'une école nouvelle dont l’art consistait à estropier la nature au lieu de limiter; Gongoura, c’est le Marini de l'Espagne ; Marini, c'est le Gongoura de l'Italie. En effet, ces deux hommes semblaient se servir d'échos d’une péninsule à l’autre : abondance et exibilité de style, variété ct richesse d'images, art de narrer et de décrire, affectation, recherche, bizarrerie, tout faisait de ces deux esprits, d'origine si différente, les plus étranges jumeaux que la poésie ait jamais vu naître,

“ Hautain et tranchant, dit M. de Puibusque, Gongoura avait ce ton de prophète qui donne crédit aux novateurs; il commença par dénoncer au monde les attentats des classiques. Ces malheureux avaient, à l'entendre, tellement appauvri la langue, qu'il était urgent de lui venir en aide; c'était le travail d'Hercule dans les étables d'Augias ; lui seul était de foree à s’en charger, Son Nouvel Art eut à peine paru qu'il fut suivi d'une quantité innombrable de vers qui devaient servir de modèles à ses élèves. Sous prétexte de rendre à la langue sa richesse première, il donna aux mots des acceptions inusitées et bouleversa les phrases par des inversions grecques et latines ; toutefois, sa plus grande entreprise, la pierre angulaire de son système, fut de résumer la poésie entière dans l'image, qui n’en est que la surface : il crut qu'il suffisait d'être coloriste pour être peintre, Ce qui manquait le plus à Gongoura, et ce qu'il croyait par conséquent posséder au suprême degré, c'est le mérite d’invention, Autant il était remarquable dans ses romances mauresques, où il était soutenu par la poésie du sujet, autant il était ridicule dans tous

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les genres où il ne pouvait s'appuyer que sur lui-même, L'incohérenc des idées et des images, la confusion du figuré et du réel, tous ces orne. ments déplacés, toute cette joaillerie de mauvais aloi trahissaient le luxe artificiel de son imagination ; les vers les plus pompeux, ceux qu’il avait destinés à éblouir la multitude, ressemblaient à des fusées tirées en plein jour, c’étaient des lueurs sans éclat, une lumière fausse et blafarde: mais l'engouement de ses admirateurs leur avait fait perdre jusqu'aux premières notions du vrai; et plus il s'éloignait de la raison et du goût, plus il était porté aux nues.”

Nous n’avons rien à ajouter à cette critique; Gongoura et sa faneste école, qui tire son nom de lui, le gongourisme, sont bien jugés.

QUEVELO,

Homme d'état, courtisan, jurisconsulte, théologien, philologue, médecin, physicien, poëte, chansonnier, don Francisco de Quevedo est un de ces noms que le prestige a encore grandi aux yeux de l'Espagne, Satyrique mordant, esprit subtil, délié, ambitieux, amoureux de la gloire, il aurait pu régénérer la littérature de son temps, retarder la décadence s’il avait su diriger ses traits, s’il n'avait pas pris l'irrésolution pour l'indépendance, la violence pour l'énergie. Ses connaissances étendues, son goût pour la satyre fine et déguisée l'ont fait surnommer le Voltaire de l'Espagne.

Quevedo naquit à Madrid en 1580, et mourut en 1645. Son père était secrétaire de Philippe IT, et sa mère camériste de la reine Anne d'Autriche. Doué d'un talent précoce, il avait obtenu à quinze ans ses degrés en théologie, à l’Université d’Alcala, et possédait le grec et le latin, le français ct l'italien. Un duel l’obligea de passer en Italie; il y obtint la secrétairerie de la Sicile par l'entremise du duc d'Assonne. La disgrâce de son maître entraîna sa perte; il fut détenu dans une prison pendant trois ans sans en connaître les motifs. Son mariage, avec Dona Esperenza, vient ajouter à ses malheurs, il devint veuf peu après et perdit de nouveau sa liberté sous accusation d’avoir fomenté la révolte par un libelle incendiaire. Il a subi dans son cachot les traitements les plus inhumains ; à peine eut-il été rendu à ses amis qu'il mourut; il était âgé de 65 ans.

Contemporain de Lope de Véga, Quevedo, s’il eut su diriger son talent, aurait pu faire pâlir cette étoile si brillante dans le ciel de l'Es-

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pagne. Peu défiant des conséquences de ses écrits, il tombait souvent dans les extrêmes. D'une nature ardente, passionnée, sarcastique, ses écrits sont plutôt admirés qu’aimés, plutôt recherchés que goûtés! A la vérité, personne ne sait mieux allier l’excentricité de l’humorisme anglais avec l’entrain et.la gaieté méridionale, Il y a deux hommes chez lui, le philosophe et le bouffon, le théologien et le chansonnier, le chrétien et le païen, le courtisan et le soldat.

Armé de ce vaste foyer de connaissances, Quevedo embrasse tout, traite de tout, éparpillant sa flamme de tous côtés, la perdant en étincelles, marchant et frappant d’estoc et de taille, à droite, à gauche, au hasard ; il traduit Phocydide, Epictète et Plutarque ; commente Sénèque, interprète l'Ecriture-Sainte, apprend la musique, la danse, les arts d'agréments et le maniement des armes. Il se mêle à tout ce qui peut ajouter un fleuron à sa couronne ; on le voit partout où il y a un laurier à gagner, une ambition à satisfaire. En s’attaquant sans cesse aux imperfections de la nature humaine, au lieu de faire la guerre aux vices de l’homme social, Quevedo n’a pas atteint le but que doivent se proposer le poëte gatyrique et le moraliste. La partie élevée et sérieuse de son talent a été presque entièrement effacée par la partie qui faisait rire, Aujourd’hui encore, qu’est-il aux yeux du plus grand nombre? Un auteur facétieux, plein de sel, de causticité, qui n’a pas d’égal pour les épigrammes et les bons mots, Ce que l’on connaît le mieux de lui, ce sont ses folles Jacoras si mordantes et si libres; ses joyeuses Létrilles, si babillardes, si dansantes, si charmantes; ses sonnets burlesques, à la désinvolture plus qu'italienne, et par-dessus tout son Histoire comique du capitaine don Pablos, le Mandrain des Sierras de Castille.

La versification du poëte satyrique de l'Espagne est toujours mélodieuse, mais se ressent de l’époque de décadence; on y retrouve l’enflure. En bien des endroits ses vers sont doux, sonores, ses rimes sont riches, ce qui prouve que Quevedo aurait pu combattre avec succès l'école de mauvais goût qui régnait alors.

Dans son livre intitulé: De la politique de Dieu et du gouvernement du Christ, il expose des principes chrétiens dans un style pur, élégant et énergique en certains endroits. Ses Songes sont une satyre comique où il flagelle très spirituellement les vices des femmes. Les rêves des têtes de mort sont un tableau grotesque du jugement dernier, La vie de l'apôtre saint Paul, Les Visions, La Vertu militante, cte., comptent

parmi ses meilleurs écrits. Les poésies de Quevedo sont réunies en trois gros volumes, sous le nom de Parnasse Espagnol. Une partie considérable de ses manuscrits lui furent dérobés de son vivant, entre autres ses pièces de théâtre et ses ouvrages historiques, en sorte que ses œuvres ne contiennent plus, comme il en avait la prétention, tous les genres de lit térature. Mais, malgré la perte de quinze manuscrits, qui n’ont jamais été retrouvés, ce qui reste de lui forme encore onze gros volumes, dont huit de prose et trois de vers.

Voici comment Quintana (1) esquisse cette période de la poésie cas tillane: ‘ Dès sa plus tendre jeunesse, le front paré de fleurs des champs, elle effleure l'herbe des prairies, conduite par Garcilaso ; devenue grande, elle s’avance, accompagnée d'Herrera et de Rioja, toute resplendissante de beauté et de richesse ; plus tard encore, environnée de Balbuena, de Xaurequi et de Lope de Véga, elle se montre agréable et jolie, bien qu’elle ait moins d'élégance et de tenue ; mais dès qu’elle s’est livrée à Gongoura et à Quevedo, c'en est fait d'elle; de corrupteurs en COrTupteurs, elle va tomber aux mains d’une foule de barbares; elle marche, elle s'agite comme une folle: ses couleurs sont fardées, ses perles sont fausses, son or est du clinquant; vieille et décrépite avant l'âge, elle semble tomber en enfance ; son langage est un insignifiant babil; elle se dessèche et périt.”

Au XVIe siècle, c’est la France qui imita l'Espagne ; au XVIIe siècle, ce fut le tour de l'Espagne d’imiter la France, et l'excès d'imitation amena la décadence de la littérature espagnole. L'hôtel de Rambouillet, la brillante cour de Louis XIV et l’introduction du théâtre français en Espagne, telles sont les trois principales causes de cette décadence.

Au XVIe siècle, il existait en Europe un dicton bien connu et qu'on ne manquait jamais de citer chaque fois que l’on voulait manifester son admiration: Beau comme le Cid. Corneille, en effet, n’a été proclamé le père du théâtre français que lorsqu'il eut, d’un coup de son vigoureux pinceau, tracé cette merveilleuse création. On sent quelle émotion a dû éveiller en Espagne cette production gigantesque. C’est un mot si flatteur pour le peuple espagnol! On s’empara donc de Corneille et on cher-

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cha à l’imiter ; de ce premier maître on passa à d’autres; Molière vint ensuite, et fit pour la comédie ce que Corneille avait accompli pour la tragédie. Mais on ne put distinguer l'ivraie du bon grain, l'excellent d'avec le médiocre. Un esprit universel et outré d'imitation s'empara de toutes les intelligences d'élite de la Péninsule. Ce fut un malheur bien déplorable. On détourna le cours naturel que la poésie nationale avait suivi jusque-là. Encore aujourd’hui on est à se demander comment il se fait que le pays des toréadors, si fier, si indépendant, ce peuple dont la littérature dramatique a été une des sources du théâtre français ; qui initia toute l'Europe aux secrets du drame, comment il se fait qu'il a pu s’abaisser à traduire pour son théâtre et ses feuilletons tant de pauvreset chétives productions de la France contemporaine, Autrefois, Thomas Corneille leur emprunta toutes ses tragédies, Pierre Corneille l'Héraclius, de Caldéron, le Menteur, de Jean Alarçon, auteur de la Vente suspecte. Et Molière ne doit-il pas à l’Esps one la plupart de ses comédies, le Festin de Pierre entr'autres. Sa Princesse d'Elide est calquée sur une pièce d'Augustin Moreno, et la Marianne, de Voltaire, est parente de la Téirarqua de Jérusalem, de Caldéron. Les rôles sont done bien changés. Espérons que l'Espagne se réveillera et qu’elle prendra son élan vers de plus hautes destinées.

Charles-Quint disait : Je parlerais français à mon ami, anglais aux oiseaux, allemand aux chevaux, espagnol à Dieu. Il y a en effet dans les chants d'Eglise et dans la prière espagnole on ne sait quelle suavité qui pénètre l'âme et l’entraîne. On retrouve là toute la pureté de l’ancienne poésie nationale; l'Eglise d'Espagne a voulu conserver cette source du beau.

Une autre source de réhabilitation se trouve dans la poésie populaire. Dans aucun pays, si l’on excepte l'Italie, la poésie ne fut plus en vogue dans les rues. Que le lecteur imagine une de ces scènes bruyantes, joyeuses, champêtres et pittoresques, où figurent les gitanos, à côté du caballero, dansant, sautant, chantant en pleine rue, ou sous une tonnelle riante, Au bruit des castagnettes agaç: ntes et bavardes du gitano répond le tambour de basque frémissant : . railleur de la gitana. Les caballeros animent la scène, mêlant aux accords monotones de la mandoline ls mouvements animés du rythme bohémien.

Revenons à Corneille. C’est une question bien et nettement décidée

pour l'honneur du théâtre français : on sait à quoi s’en tenir sur le Cid T

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de Corneille, Voltaire a insinué que Corneille avait copié toutes les beautés de sa pièce dans celles de Guillen de Castro et de J.-B. Dia. mante. Un ouvrage remarquable, publié il n’y a pas encore longtemps, Catalogue bibliographique et biographique de l'ancien théâtre espagnol depuis son origine jusqu'au milieu du XVIIIe. siècle, a dissipé tout doute à cet égard. La statistique établit que Corneille n’a pu copier les pièces espagnoles, puisque la sienne a été écrite avant les deux autres,

Parmi les écrivains les plus remarquables qui précédèrent Camoëns dans la littérature portugaise, on cite Gil Vincent, le Plaute portugais. Quoique désordonné dans ses plans, il rachète ce défaut par la richesse de son imagination, la vivacité de son dialogue et l'harmonie de sa phrase. On dit qu'Erasme apprit le portugais afin de pouvoir le lire,

Parmi les historiens qu'a produits la patrie de Camoëns, nous mentionnerons surtout Jean de Barros, Osorio (1506), esprit philosophique remarquable, Lucéna (1550), louable par sa correction et son élégance, Damien de Goez (1501), Brito (1569), auteur d’une Histoire de la monarchie portugaise depuis le déluge.

Les voyageurs portugais, qui ont laissé des relations de leurs voyages, sont Galvas (1500), Voyages en Abyssinie ; Vasco de Gama (1525), Voyages aux Indes ; Pacheco Pereira, Descrip tion de l'univers ; Casthanea, Histoire de la découverte des Indes; Alvarès, Description de l'Ethiopie ; Magellan, un grand nombre de manuscrits précieux; Pinto (1509), Voyages aventureux. Nous ajouterons encore à ces écrits les Lettres d'Albuquerque, les Antiquités du Portugal, par Resende et le Discours de Felician Milam sur l'excellence de la pierre philosophale.

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