‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 134 sur 221 · partie Tolière, ond, Il unières, re d'un · texte numérisé non relu

partie Tolière, ond, Il unières, re d'un

esprit médiocre, mais qui, à la fin, mettait les rieurs de son côté. Tout le monde connaît l’histoire de Baruch, celle des trois bêtes de Mme de la Sablière, les rêveries de Lafontaine au pied d’un arbre, pendant toute une journée pluvieuse, ete.

Lafontaine a voulu, dans ses Contes immoraux et licencieux, imiter eu vers les sujets badins et galants qu'Arioste et Boccace avaient empruntés aux Trouvères. Il sont peu connus de nos jours et ne méritent guère de l'être. Lafontaine ne signifie plus que l’auteur des Fables, Il en a fait, comme il le dit :

Une ample comédie, à cent actes divers.

“On trouve déjà, observe un de ses biographes, dans les premiers livres de ce talent admirable de conteur, cet art de donner Ja vie à tous ses personnages en leur prêtant les passions humaines, de nous intéresser aux destinées d’un roseau et d'un chêne, ou même à la pauvre vigne que l'on broute, aux voyages aventureux du pot de terre qui va par monts et par vaux, se choquant avec le pot de fer; le poëte possède déjà ce talent de descriptions qui, en quelques mots, nous présente un tableau complet : le lapin jouant dans la rosée, la chèvre au bord du précipice, ou la nichée d'oiseaux babillant dans les blés. On y remarque déjà ces charmantes allusions qui découvrent tout un monde: Troie à propos de la querelle des deux coqs, Louis XIV et le roi d'Espagne à propos de deux chèvres qui s'amusent sur un pont, Ulysse cité par les canards qui cherchent à persuader la tortue, ete. C’est dans la seconde partie qu’on le voit se livrer à toute l’effusion de son cœur, la fable n’est plus tout pour lui; c'est un cadre où vont se promener ses gracieux caprices et en chasser ses rêveries vagabondes, ces traits de sentiment qui nous ravissent dans les deux pigeons, dans Philomèle et le Progné, dans le songe d’un habitant du Mongol, ete. ; c'est 1à aussi que l’on rencontre les drames les plus complets, les animaux malades de la peste, ete., les sorties les plus élégantes : le paysan du Danube ; les récits les plus alertes : la laitière et le pot au lait, et enfin toutes les richesses de la poésie héroïque, toute la précision de la poésie philosophique unies aux grâces piquantes de la comédie et du récit joyeux. Lafontaine n'a inventé le sujet d'aucune de ses fables, mais il a inventé son style, et ce style où l’on découvre de nouvelles grâces à mesure qu’on l’étudie davantage est fort supérieur aux idées qu’il en a revêtues. Quant à la morale, elle a le tort d'être flottante, incertaine, fausse même quelquefois, et Rousseau a raison quand

il dit que beaucoup de ces petits poëmes sont de nature à égarer l'enfance et doivent être réservés pour ceux dont le jugement est formé.”

Lafontaine mourut, le 13 mars 1695, âgé de 73 ans, 8 mois et 5 jours. Lorsqu'on le déshabilla pour le mettre sur le lit de la mort, on le trouva couvert d’un cilice, ce que Racine, fils, a dépeint en ces mots :

Vrai dans tous ses écrits, vrai dans tous ses discours, Vrai dans sa pénitence, à la fin de ses jours ;

Du maître qu’il approche il prévient la justice,

Et l’auteur de Joconde est armé d’un cilice.

Plusieurs écrivains, Lamothe et Florian entr'autres, ont essayé de marcher sur les traces de Lafontaine, mais comme ils sont restés loin derrière lui! Jamais on ne pourrait dire de lui avec plus de vérité: à peignit la nature et qarda ses pinceaux.

Lafontaine s’est fait lui-même cette épitaphe qui le pe:at parfaite. ment:

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Jean s’en alla comme il était venu, Mangea le fond avec le revenu ;

Tint les trésors, chose peu nécessaire.

Quant à son temps bien sut le dépenser.

Deux parts en fit, dont il voulait passer, L'une à dormir, l’autre à ne rien faire.

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Après ces génies, on place au second rang, Maynard, qui cultiva la poésie fugitive ; Malleville, Gombault, Bensérade, Sarrasin, Théophile, Chapelain, auteur du poëme, La Pucelle; Saïrt Armand, qui composa le Moïse sauvé, poëre auquel il voulut accoler le titre d’épopée, mais qui n'est qu’une fade idylle biblique; Desmarets de Saint Sorlin, auteur d’un poëme insipide: Clovis ; le P. Lemoire, qui composa son Suint- Louis, ouvrage connu de: lecteurs de bon goût; Segrais, remarquable par ses églogues charmantes ; Chapelle, auteur du Voyage à Montpellier ; Chaulieu et Lafare, dont les vers annoncent la licence du XVIIIe siècle,

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