‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 135 sur 221 · ÉLOQUENCE RELIGIEUSE AU XVIIE SIECLE · texte numérisé non relu

ÉLOQUENCE RELIGIEUSE AU XVIIE SIECLE

Nous avons maintenant à dire un mot de l’éloquence religieuse du XVIIe siècle, Le cadre étroit de cette étude ne nous permet pas d'en parler longuement, mais des hommes illustres, des noms vénérés, des intelligences supérieures ont, à cette époque, illuminé la chaire d'un éclat si brillant que nous ne pouvons les passer sous silence,

nfance

jours, trouva

ayé de és loin ité: à

arfaite-

tiva la ophile,

omposa ais qui auteur Saintquable ontpel-

VIlIle

buse du as d'en ss intel clat si

St. Vincent de Paul (1576-1660), ce glorieux apôtre de la charité, cet intendant dela Providence, ouvre la liste. Après lui vient Lingendes (1595-1665) qui a quelques éclairs de véritable éloquence religieuse, Mascaron (1634-1703) ‘ fut, dans le genre des oraisons funèbres, ce que Rotrou fut pour le théâtre. Rotrou annonça Corneille ; Mascaron, Bossuet, On peut dire que cet auteur marque dans l’éloquence le passage du siècle de Louis XIII à celui de Louis XIV... En général, Mascaron est né avec plus de génie que de goût, et plus d'esprit encore que de goût, Quelquefois, son âme s'élève ; mais soit le défaut du temps, soit le sien, quand il veut être grand, il trouve rarement l'expression simple. Sa grandeur est plus dans les mots que dans les idées. Trop souvent il retombe dans la métaphysique de l'esprit qui paraît une espèce de luxe mais un ivxe faux, qui annonce plus de pauvreté que de richesse. Il est alors plus ingénieux que vrai, plus fin que naturel. On lui trouve aussi de ces raisonnements vagues et substils qui se rencontrent si souvent dans Corneille ; et l’on sait combien ce langage est opposé à celui de la vraie éloquence. Son plus grand mérite est d'avoir eu la connaissance des hommes. Il a dans ce genre des beautés senties avec esprit et rendues avec finesse.” (1) Son oraison funèbre de Turenne est de beaucoup sa meilleure.

Bourdaloue (1632-1704), dont les œuvres se composent d'Oraisons funèbres et d’un grand nombre de Sermons, étala, dit Voltaire, un des premiers, dans la chaire une raison toujours éloquente. Dans les oraisons funèbres, on peut, suivant Thomas, lui reprocher de n'avoir pas assez imité la manière de Bossuet ; il prouve méthodiquement la grandeur de son héros, tandis que l'âme enflammée de Bossuet la fait sentir; l’un se traîne et l’autre s’élance. Toutes les expressions de l’un sont des tableaux de l’autre, sans coloris ; il donne trop peu d'éclat à ses idées, son génie austère et dépourvu de sensibilité comme d'imagination, était trop accoutumé à la marche dialectique et forte du raisonnement pour en changer, et il ne pouvait répandre sur une oraison funébre cette demie teinte de poésie, qui, ménagée avec goût, et soutenue avec d’autres beautés donne plus de saillie à l’éloquence.. Mais s'agit-il de raisonner, de poser des principes, d'en tirer des conséquences, de démontrer les grandes vérités sur lesquelles repose la religion, c’est alors que Bourdaloue brille d'un éclat incomparable. Ses sermons sur les Mystères, son Avent et

(1) Thomas,

Vs

son Curême prouvent toute l'ampleur de son raisonnement, sa logique inaltérable et la solidité de ses preuves, auxquelles rien ne peut résister, c'était un des rivaux de Massillon, ‘ En total, Massillon vaut mieux pour les gens du monde, et Bourdaloue pour les chrétiens. L'un attirera le mondain à la religion par tout ce qu’elle a de douceur et de charme; l'autre éclaira et affermira le chrétien dans sa foi par tout ce qu’elle a de plus haut en conception et de plus fort en appuis.” (1)

Fléchier (1632-1710,) qui, dans son temps, a été le rival de Bossuct, ne peut aujourd'hui marcher son égal. Suivant Thomas, Fléchier possède bien plus l’art et le mécanisme de l’éloquence qu’il n’en a le génie, Il ne s’abandonne jamais, il n’a aucun de ces mouvements qui annoncent que l’orateur s'oublie et prend parti de ce qu’il raconte, son défaut est de toujours écrire et de ne jamais parler. Il arrange méthodiquement une phrase et en arrondit les sens. Il marche ensuite à une autre, il y applique le compas ; et de là à une troisième, On remarque et l’on sent tous les repos de son imagination ; au lieu que tous les grands ouvrages d'éloquence sont, ou paraissent du moins, comme ces statues de bronze que l'artiste a fondu d’un seul jet.

D'un autre côté, le style de Fléchier est toujours élégant. S'il manque de force, il a de la correction et de la grâce ; s’il lui manque de ces expressions originales, et dont quelquefois une seule représente une masse d’idées, il a ce coloris toujours égal qui donne de la valeur aux petites choses et qui ne dépare point les grandes. Il n’étonne presque jamais l'imagination mais il la fixe. Il emprunte quelquefois de la poésie comme Bossuet, mais il emprunte plus d’images et Bossuet plus de mouvements, Ses idées ont rarement de la hauteur, mais elles sont toujours justes et quelquefois ont cette finesse qui résulte de l'esprit et l’exerce sans le fatiguer. Il paraît avoir une connaissance profonde des hommes, partout il les juge en philosophe et les peint en orateur. Enfin, il a le mérite de la double harmonie, soit de celle qui, par le mélange et l’heureux enchaînement des mots n’est destinée qu’a flatter et qu’à séduire l'oreille, soit de celle qui saisit l’analogie des nombres avec le caractère des idées, et qui, par la douceur ou la force, la lenteur ou la rapidité des sons, peint à l'oreille, en même temps que l’image peint à l'esprit.” (2)

Parmi les orateurs de la chaire qui occupent le second rang on cite le

(1) LaHarpe.

(2) Thomas ; Æloges.

Mai funè mod, sur | gran cieu] desst de I Cond cent l'aigl On cn poëtd

L' latind grant mirel Polit Tite-

LITTÉRATURE FRANÇAISE, 329 gique P. de la Rue (1643-1725), homme d'esprit et de sens, qui laissa des ister, Panégyriques, des Oraisons funèbres et des Sermons. Il est trop pré- | nieux tentieux. Cheminais de Montaigu (1652-1689), que la mort a moistirera sonné avant qu'il pût mûrir les grands talents qu'il avait reçus de la I'm ; nature, était doué d’une imagination féconde, vive, d’une parole douce, 1! elle a d'une voix sympatique et attentrissante, La chaire protestante s’honore de Claude, d'Abbadie et de Jacques Saurin, surnommé le Bossuet du 1et, ne protestantisme. ÿ *pos- Il nous reste encore à parler de trois hommes au-dessus desquels il énie, nya personne dans l’éloquence religieuse, et dont les œuvres vivront cent aussi longtemps que le monde : nous avons nommé Bossuet, Fénélon et ut est Massillon.

ement, Bossuet (1627-1704) avait à peine franchi le seuil des écoles | e, il y qu'il était déjà célèbre. II écrivit la Réfutation du Cuatéchisme de Paul t l'on Ferry et l’Eposition de lu Foi catholique, avant de briller à la chaire, ! ls ou- Il y débuta par ses Sermons et ses Panégyriques ; on reconnaît, dans ces ues de premiers essais, l’homme de génie, l’orateur véritablement supérieur. Mais il s’en faut cependant qu'il ait atteint la célébrité de ses oraisons à man- funèbres. C'est là qu'il est resté sans rival et qu’il a surpassé tout de ces modèle ; c’est là que ‘ sans cesse occupé du tombeau et comme perché e une sur les gouffres d’un autre vie, il aime à laisser tomber de sa bouche ces ux pe- grands mots de temps et de mort qui retentissent dans les abîmes silenjamais | cieux de l'éternité.” (1) C’est là qu'il s'élève, comme il le dit, auomme | dessus de l’homme pour faire trembler cette créature sous les jugements ments, de Dieu. Les oraisons funèbres de la reine d'Angleterre, du grand En stes et Condé, et de la princesse Palatine, mais surtout les trois premières, le pla- || e fati- cent à la tête de tous les orateurs, “ Suivez de l’œil, dit LaHarpe, | out il l'aigle au plus haut des airs; il vole et ses aîles semblent immobiles ; ite de on croirait que les airs le portent; c'est l'emblême de l’orateur et du x en- poëte dans le genre sublime ; c’est celui de Bossuet. reille, l'aigle de Meaux ne crut pas s'abaisser en écrivant une grammaire idées, latine, Ses Discours sur l'Histoire universelle le placent à la tête des plus sons, grands écrivains. ‘ C’est là, s’écrie Châteaubriand, que l’on peut admirer l'influence du génie du christianisme sur le genre de l'histoire, ite le Politique comme Thueydide, moral comme Xénophon, éloquent comme Tite-Live, aussi profond et aussi grand peintre que T'acite, l'évêque de mms

(1) Chateaubriand : Génie du Christianisme.

Meaux à de plus une parole grave dont on ne trouve ailleurs aucun exemple, hors dans le début du livre des Machabées. Bossuet est plus qu'un historien, c’est un père de l'Église, c’est un prêtre inspiré qui souvent a le rayon du feu sur le front comme le législateur hébreu. Quelle revue il fait de la terre! Ilesten mille lieux à la fois : Patriarche sous le palmier de Japhet, ministre à la cour de Babylone, prêtre à Memphis, législateur à Sparte, citoyen à Athènes et à Rome; il change de temps et de place à son gré. Il passe avec la rapidité et la majesté des siècles, La verge de la loi à la maiïn, avec une autorité incroyable, il chasse pêle-mêle devant lui et Grecs et Gentils au tombeau, il meurt enfin Inimême à la suite du convoi de tant de générations. Marchant appuyé sur Isaïe et sur Jérémie, il élève ses lamentations prophétiques à travers la poudre et les débris du genre humain.”

La première partie du Discours sur l'Histoire universelle est admirable par la narration; la seconde par la sublimité du style et la haute métaphysique des idées; la troisième par la profondeur des vues morales et politiques.

Bossuet a voulu établir que l'écriture sainte enseigne des préceptes aussi sûrs en politique que n'importe quel autre livre. Ce livre est intitulé : De la politique de l'Ecriture Sainte.

Son traité De la connaissance de Dieu et de soi-même marque la borne où doit s'arrêter l'intelligence, dans la connaissance des vérités métaphysiques. Il est encore l’auteur de plusieurs ouvrages célèbres entr'autres le Traité de la concupiscence, les Elévations sur les mystères les Méditations sur l'Evangile et le Discours sur la vie cachée en Dieu.

Athlète formidable, Bossuet ne devait pas arrêter là ses travaux, son Histoire des variations de l'Eglise protestante fut vivement attaquée, Il répondit par la Défense de l'Histoire des variations. On riposta, et Bossuet revient à la charge dans les Six avertissements aux protestants et le Commentaire de l'Apocalypse. Il n'eut pas le temps d'achever la Défense de la tradition et des saints pères.

Le style de Bossuet n'était pas fleuri, mais énergique et sublime, Son éloquence étonne l'esprit, arrache les larmes, captive, maîtrise toutes les intelligences. Cette lumière de l'Eglise, cet oracle de la vérité s'éteignit laissant derrière lui des monuments qui survivront aussi longtemps que la langue française.

F du « S Ils’ vers!

un

den

sn du t inter sonn nom) les e aima facil de b forts de c de di épou ce cl à Fé pouv génic est ui mère qui < que | Télé tion,

étran

ucun exlus qu'un ouvent à Île revue » sous le Memphis, de temps es siècles, il chasse enfin lui- Jpuyé sur travers la

est admi- Ja haute vues MmO-

préceptes vre est in-

marque la es vérités s célèbres s mystères en Dieu.

AVAUX, SON attaquée, ta, et Bostants et le la Défense

lime, Son à toutes les

s'éteignit temps que

François de Salignac de la Motte Fénélon (1651-1715) avait reçu du ciel une âme candide, un esprit élevé, un jugement sain.

Son traité de l’Existence de Dieu ouvre la longue liste de ses écrits. Il s'adresse à l'imagination, il dévoile la nature, il parcourt tout l’univers ; il assiste à la création, il découvre et montre partout un ouvrier, un dessin, un ensemble, une vérité uniforme, en un mot, une providence pour confondre l’athéisme comme le scandale de la raison et le crime de l'esprit. (1) Les Lettres sur la religion est la suite naturelle du traité sur l’Existence de Dieu. Il y démontre la nécessité d’un culte interne et externe. L'auteur sait convaincre par la solidité de son raisonnement, par la justesse de ses réflexions. Ses Sermons sont en petit nombre. La composition n’est pas moins forte et soignée, comme dans les chefs-d'œuvre des grands orateurs dela chaire; mais il y règne une aimable enthousiasme pour la religion et la vérité, une imagination facile et vive, une étincelle naturelle, harmonieuse, poétique. Ce sont de brillantes esquisses, tracées par un heureux génie qui fait peu d’efforts.” (2)

Il appartenait bien à l’âme sympatique et philanthropique de Fénélon de composer un admirable Traité de l'Education des filles : chef-d'œuvre de délicatesse et de grâce qu'on peut considérer comme le manuel des épouses et des mères chrétiennes. Les Aventures d'Aristonoüs, respirent ce charme qui n’est donné qu’à quelques hommes : à Virgile, à Racine, à Fénélon. Il n'appartient qu'aux hommes véritablement supérieurs de pouvoir renfermer ainsi dans un cadre très étroit l'essai de tout leur génie, Télémaque, ce livre divin du siècle comme l'appelle Montesquieu, estune naration fabuleuse, en forme de poëme héroïque, comme ceux d’'Homère et de Virgile, où l’auteur rassemble les principales instructions qui conviennent à un prince que sa naissance destine à régner. Quoique la belle antiquité ait été moissonnée toute entière pour composer le Télémaque, dit M. Villemain, il reste à l’auteur quelque gloire d’invention, sans compter ce qu’il y a de création dans limitation des beautés étrangères inimitables avant et après Fénélon.

La Harpe appelle l’ Examen de conscience sur les devoirs de la royauté, l'abrégé de la sagesse et le cathéchisme des princes. Fénélon s’est encore montré un critique éclairé dans sa Lettre à l'Académie, ses

(1) Maury, Eloge de Fénélon.

() M. Villemain,

Dialogues sur l'éloquence, ses Lettres à Lamothe sur Homère et les an. ciens. Il dévoile toute sa belle âme, il laisse échapper des élans d'amour vers le créateur dans ses Entretiens effectifs sur les principales fêtes de l'année. Comme il est convaincu du grand précepte de la charité dans ses Instructions et avis! On ne peut qu'admirer la lucidité, l'habileté avec laquelle il traite de la politique dans son Æssai philosophique sur le gouvernement civil. Ses Fubles ont été composées pour l'instruction de son royal élève. Dans son Dialogue des mots, Fénélon a voulu fixer l'opinion du Dauphin sur les hommes célèbres. Près de neuf cents Lettres spirituelles et trois-cents Lettres diverses nous restent de cet auteur, Il y sème la variété, la grâce, l’abondon et une simplicité admirable qui nous charme.

Fénélon prit une part active dans la fameuse querelle du Quiétisme, Il s’y montra tel qu’il était dans la vie privée : d’une douceur aimable, I] raisonne, mais sous le raisonnement se cache la plainte de cette âme sympatique qui pleurait l'erreur dans laquelle s'étaient engagées de si belles intelligences. “Trop heureux, disait-il, si au lieu de ces genres d'écrits nous avions toujours fait notre cathéchisme dans nos diocèses pour apprendre à nos villageois à craindre et à aimer Dieu.”

On remarque dans Fénélon un homme nourri de l'étude de la littéra-

‘ture ancienne et moderne, ÆEloquent par le style, doué d'une imagination vive et piquante, douce et riante, d’une âme aimante et expensive, grand par le cœur et noble par son esprit élevé, sa pensée s’enveloppe dans des flots d'une harmonie gracieuse et coulante ; cela coule de source, et la source ne tarit pas. Le seul reproche qu’on peut lui adresser c'est d’avoir un peu trop négligé son style, et encore il ne serait pas toujours mérité.

Jean Baptiste Massillon (1663-1742) excelle dans cette partie de l'orateur qui seule peut tenir lieu de toutes les autres, dans cette éloquence qui va droit à l'âme, mais qui l’agite sans la renverser, qui la consterne sans la flétrir etqui la pénètre sans la déchirer, Il va chercher au fond du cœur ces replis cachés où les passions s’enveloppent, ces sophismes secrets dont elles savent si bien s'aider pour nous aveugler et nous séduire ; pour combattre ces sophismes, il lui suffit presque de les développer avec une onction si affectueuse et si tendre qu’il subjugue moins qu'il entraîne, et qu’en offrant même la peinture de nos vices, il sait encore nous attacher et nous plaire. Sa diction, toujours facile,

t les and'amour fêtes de ité dans habileté ique sur truction ulu fixer euf cents it de cet ité admi-

utétisme, aimable, cette âme de si bel- 8 d’écrits èses pour

la littéraimaginaxpensive, nveloppe e source, ser C'est toujours

artie de cette élor, qui la ] va cherppent, ces eugler et ue de les subjugue

vices, il rs facile,

élégante et pure, est partout de cette simplicité noble sans laquelle il n’y a ni bon goût ni véritable éloquence, simplicité qui, réunie dans Massilon à l'harmonie la plus douce et la plus séduisante emprunte encore des grâces nouvelles ; et ce qui met le comble au charme que fait éprouver œstyle enchanteur, on sent que tant de beautés coulent de source, elles n'ont rien couté à celui qui les a produites. Il lui échappe même quelquefois, soit dans les expressions, soit dans les tons, soit dans la mélodie gi touchante de son style des négligences qu’on peut appeler heureuses parcequ’elles achèvent de faire disparaître, non seulement l'empreinte mais jusqu'au soupçon dutravail. C’est par cet abandon de lui-même que Massillon se faisait autant d'amis que d'auditeurs; il savait que plus un auteur paraît occupé d'enlever l'admiration, moins ceux qui l'écoutent sont disposées à l’accorder, et que cette ambition, est l’écueil de tant de prédicateurs qui, chargés, sion peut s'exprimer ainsi, des intérêts de Dieu même, veulent y mêler les intérêts si minces de leur vanité, (1)

Massillon a laissé plusieurs Oraisons funèbres, en outre celle de Louis XIV, où il prononça cette parole après un mouvement oratoire: Dieu sul est grand mes frères ! Cette parole, prononcée en présence du tombeau de Louis-le-Grand, fit une impression profonde sur l'auditoire. Mais dans son sermon sur le petit nombre des élus, il électrisa son auditoire d'une manière encore plus marquante. Pendant quelques instants il y eut comme une étincelle magique qui parcourut tous les rangs de l'assemblée.

Masillon était le prédicateur favori de la cour. Son Petit Carême, un des meilleurs modèles d’éloquence en prose, était destiné à l'instruction du Dauphin; ce petit recueil ne quittait jamais Voltaire. Maury trouve que le Grand Carême lui est supérieur. À part ses sermons, ses oraisons funèbres, ses panégyriques, et des d'ours synodaux, on a encore de lui des conférences très instructives, où :'on rencontre cette éloquence douce et persuasive dont il ne se départit jamais.

Ici finit le siècle de Louis XIV. Aussitôt, commence une époque de transition, premier pas vers la décadence du XVIIIe siècle.

Page 1