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Les livres sacrés, appelés Baids ou Védas (mystères) existent encore. Le premier, contient le mystère de la religion des Hindous ; le second, les métamorphoses de leurs dieux ; le troisième, la formule de leurs cérémonies ; le quatrième renferme la science des castes, c’est-à-dire leur formation, leur alliance, leurs dégénérations; le cinquième, inconnu aux modernes, est présumé avoir été enlevé par les Egyptiens.
Ces livres ont plus de cinq mille ans d’antiquité.
On trouve, dit M. Collin de Bar, (1) à la bibliothèque NÉ de Paris, la plupart de ces anciens monuments avec le texte original. Un grand nombre a été traduit par des orientalistes distingués, comme M. Anquentil Duperron, W. Jones, le colonel Dow, Honel, Sylvestre Sacy, Schlegel, Wilson, Reunell, Wilford et Humboldt.
De la religion est née la poésie: or, on sait que l'Asie est le grand laboratoire des religions. L’Inde surtout fut essentiellement théocratique, la première elle mêla les accords de la lyre aux récits du ciel.
Il faut le dire, tout prêtait merveilleusement à la poésie dans ce fortuné climat. Sous un ciel de délices, au milleu d’une vie douce et facile, l'âme exaltée par la contemplation religieuse, le poëte se laissait aller à cette suave mélancolie où s’égare l'esprit méditatif des orientaux. La nature, prodigue de ses dons, couvre la terre de fleurs, répand dans l’atmosphère des parfums enivrants ; | ‘our a de merveilleuses clartés; la nuit, une calme et sereine obscuri é, t: ut embaumée de fraîches exhalaisons. Il y a dans l'air comme une émanation de cette divine Amrita, légère ambroisie dont se nourrissent les immortels. Et toute cette riante nature est peuplée de charmantes créatures. Les Jakshas soupirent dans le feuillage où se balancent les vents. Madhava brille
dans l'étoile du matin; son œil sourit comme le lis des eaux; les nuages eux-mêmes écoutent la prière de l'Hindou. Ils s’abaissent à sa voix, et, messagers rapides, transportent sur leurs ailes ses vœux et ses désirs. Comment la poésie ne serait-elle pas née sous de telles influences? Elle est douce comme le nector, et, c'est un des deux fruits qui pendent à l'arbre du monde, à cet arbre planté par des Dieux. (2) “ La poésie indienne, dit Benjamin Constant, essentiellement méditative ne s'occupe des objets qui l’entourent que pour les attirer à elle, les
(1) /listoire de l'Inde ancienne et moderne.
(2) Riancy : Histoire du monde, vol. 1, p. 452,
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