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absorber pour ainsi dire, se les identifier. On voit dans les descriptions souvent trop prolongées, dans les répétitions trop fréquentes, dans l’accumulation d'épithètes confuses et incohérentes, qui tendent par leur harmonie à fare naître l'émotion plutôt qu’à peindre les objets extérieurs, qu'elle n’attribue à ces derniers qu’une réalité relative, et que la réalité véritable est pour elle au fond de l’âme, qui toujours aspire à s'unir à Dieu. Cette disposition rend la poésie de l'Inde éminemment religieuse, Le mouvement l’importune, la comtemplation l’enchante ; elle n’est heureuse, elle ne se trouve dans un atmosphère qu'avec cette fille du repos; elle ne s’en éloigne qu’à regret, et, par là même, avec un certain effort. Moins l’action est son élément, plus elle emprunte ses récits des couleurs tranchées, des formes gigantesques. En s’écartant de sa nature, elle se fait violence, et cette violence lui imprime quelque chose de convulsif et de désordonné.”
On ne saurait dire si les sciences phiosophiques des Hindous leur sont venues ou non d’une origine étrangère. Leur être primordial est Brahma qui ne peut être compris dans aucune conception humaine.
Au commencement, Brahma se reposait plongé dans la contemplation de lui-même, et depuis, sa parole créatrice a fait sortir de lui toute chose par une suite d'émanations continuelles. Comme créateur, il s’appelle Brahma ; comme force conservatrice, Vichnou ; comme distructeur et rénovateur des forces de la matière, Siva. Ces trois points de vue de la divinité constituent la trinité des Hindous.
A cette doctrine de l'émanation se rattache celle de la préexistence des âmes, leur immortalité, leur chute et la purification des âmes déchues par leurs divers passages à travers le monde corporel, c’est-à-dire la doctrine de la métempsychose. |
Les innombrables transformations de Vichnou, ou incarnation de l'Etre divin, sont le principal objet dont s'occupent les livres sacrés des Hindous.
La religion et la philosophie des Hindous se partagent en deux principales sectes, le brahmanisme, et le boudhisme. Leurs doctrines sur Dieu, le monde, l'âme, sont diverses.
On trouve dans l'Hindoustan le réalisme (traditionalisme qui prend pour principe la réalité des choses) et l’idéalisme (rationalisme qui se fonde sur la véracité de nos aperceptions) l'athéisme, le théisme, le matérialisme (qui part de la sensation et n’admet que la substance étendue)
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6 HISTOIRE Nù TA LITTÉRATURE.
et le spiritualisme (qui suborne tour ? l''ntelligence, substance incor-
porelle.)
Dans la religion de Boudha, à laquelle appasucrne ls Siami's, les Talopins, les Bonzes, on fait consister la suprême félics le iheu et de l'âme humaine dans un état d’indifférence et d’indolence parfaites. G)
L'Europe était encore ensevelie dans d : : ; ténèbres que l'Hindoustan, ce berceau de l'Orient, possédait 4 résors d’antiquité
littéraire et brillait du vif éclat que don 1es arts, les lettres et les sciences, On trouve dans ce pays, plusieurs milliers d'années avant l'apparition du Christ, des poëmes palpitants d'intérêts, élégamment écrits, et une mythologie gravée sur des rochers de plusieurs lieues d’étendue, monuments d’une si haute antiquité qu’en comparaison les pyramides d'Egypte elles-mêmes paraissent des créations modernes. Quant aux connaissances astronomiques des Hindous, à cette époque si reculée (au point de vue historique ordinaire), elles témoignent, ainsi que l’alphabet, la langue et les traditions religieuses, du peu de développement de l'intelligence humaine encore renfermée dans ses premiers rudiments,
La littérature apparaît d’abord dans l'Inde sous les formes sacrées de la religion, puis à mesure que les besoins de la vie se multiplient, elle prend un caractère plus profane, et se prête aux modifications diverses que lui impriment la poésie, l’histoire et la physique.
La littérature indienne se divise donc naturellement en sacrée et en profane.
La littérature sacrée des Indiens est désignée sous le nom générique de Schastra. (Saints commandements de Dieu). Ces commandements ne peuvent être lus que par les trois premières classes d’Indiens, dites aussi classes de la Renaissance. Tous ces écrits sacrés sont, suivant les traditions accréditées dans l'Inde, émanées directement de Dieu, c’està-dire de Wichnou, le Vyasa métamorphosé. Les livres sacrés s’appellent Védas. Ces deux mots Vyasa et Védas appartiennent à la même famille de mots dont les membres sont, savoir, esprits, mœurs, loi, et dont la racine et la signification primitive sont lumière, feu. Mais Vyasa trouva la parole de Dieu déjà existante; il ne fit que recueillir les Védas qu'il réduisit à quatre.
(1) J. Aicard. Un millon de faits, p. 855.
en
Ces livres peuvent être considérés comme un texte fondamental qui a donné lieu à beaucoup de commentaires et d'explications; ils sont aussi sacrés aux yeux des Hindous que le Talmud aux yeux des juifs etl'Evangile aux yeux des chrétiens. Chaque Védas se compose de deux parties : les prières, et les commandements. La collection complète des invocations, hymnes, prières contenues dans un védas s'appelle Sanhita. Les commandements renferment les devoirs religieux, les principes éthiques et les doctrines théologiques. La théologie proprement dite est contenue dans des versets qui traitent de l'interprétation des mystères ou des révélations d'Upnaishada.
La seconde classe des livres sacrés comprend les Upavedas, en quatre parties qui contiennent des dissertations, ou des traités sur la chirurgie, la médecine, l’art de la danse, la musique, la gucrre, l'architecture, et beaucoup d'arts mécaniques. La troisième classe se compose des Angus, en six parties : ils traitent de la grammaire et de la connaissance des langues, de la prosodie, de la poésie, de l'astronomie, du rituel, et des mots dificiles des Védas. La quatrième classe est celle des Upangas, qui se divise en trois parties.
Les Puranas, au nombre de dix-huit, avec autant d’Upa puranas, contiennent des suppléments et des commentaires. Ce sont des livres philosophico-mystiques sur la cosmogonie, la théogonie, et la chronologie, immense cercle de légendes dont il serait difficile à un étranger de se tirer.
Nous citerons seulement les puranas: Histoire d’une déesse, épouse de Schiva; Histoire de Ramat Shandra ; Origine des Dieux ; Louange des lotos et histoire de Lackhsmi, épouse de Wichnou, en 55,000 stances ; Agra-Purana, ou tableau de toutes les sciences indiennes en 15,500 stances; Wichnou-purana en 25,000 stances ; Siva-purana en 27,000 stances; Bugua-purana, en 11,000 stances; Skanda-purana, du Dieu Skanda ; Haritalica et Savriti-Buta, qui traitent des usages religieux ;
une description d'Orisca et des coutumes religieuses de l’ancien culte de Wichnou à Jaguernat; l'Histoire de la ville de Kasi, actuellement Benarès, siége central des Schivanites ; l'Histoire de la musique en 25,000 stances; l'Histoire de Vaya, Dieu du vin; Histoire de Wichnou, incarné sous la forme d’un poisson, en 14,000 stances; Wichnou, homme-lion; enfin l'Histoire de Wichnou, en douze livres et 18,000 stances.