FERRER PENSE
Les deux plus remarquables épopées sont : Ramayama, et Mahabharata. ;
Le Ramayana appartient au genre épique et peut être considéré avec le Mahabharata comme l'Zhade et l'Odyssée de l'Inde, Voici, d'après M. Adolphe d'Avril, qui, dans sa Chanson de Rolland, passe rapidement en revue les grandes épopées des peuples aryas, le thème de l'immense poëme indien, dégagé de ses épisodes, qui dans la traduction complète de M. H. Fauche ne compte pas moins de neuf volumes,
Le Ramayana, dit M. d'Avril, est de tous les poëmes connus celui où l'on peut le mieux reconnaître l’idée indo-européenne, surtout si on laisse de côté les épisodes et si l’on néglige la partie sentimentale et pittoresque, pour essayer de dégager le sens mystique dans sa pureté, Voici en peu de mots quel est le point de départ du Ramayana. Les mauvais génies, ou démons, et entre autres les Raksasa, avaient fait la guerre aux dieux, comme les Titans de la Grèce. Les dieux ont été vainqueurs avec le secours des bons génies: ils ont été aussi aidés dans cette guerre par quelques mortels et même par des animaux.
L'un des démons vaincus, le Raksasa Ravana, s'étant livré à des macérations extraordinai.es, a conquis des mérites proportionnés et a demandé à Brahma, l'être existant par lui-même, “ que ni les dieux, ni les anachorètes, ni les Gandharevas, ni les Yakras, ni les Raksasa, ni les Nagas même, ne pussent lui donner la mort.” Brahma, contraint par le mérite des macérations, n’a pu lui refuser cette faveur, que Ravana tourne au mal. Les dieux vont alors trouver Brahma et lui adressent cette prière: “Nous, par qui ta parole est respectée, nous avons tout supporté de ce Ravana, qui écrase de sa tyrannie les trois mondes où il promène l’injure impunément. Enorgueilli de ce don victorieux, il opprime indignement les dieux, les anachorètes, les Arauras et les enfants de Manou (les hommes). Là où se tient Ravana, la peur empêche le soleil d’échauffer, le vent craint de souffler, et le feu n’ose flamboyer. Accablé par sa vigueur indomptable, Kouvera, défait, lui a cédé Lanko (l’île de Ceylan.) Sauve-nous de Ravana, le fléau des mondes. Daignes, 6 toi qui souris aux vœux du suppliant, daignes imaginer un expédient pour ôter la vie à ce cruel démon.” Tel est le eri qui s'élève vers Brahma. Le sujet du poëme y est clairement indiqué; c’est un dernier épisode de la guerre des Titans et des dieux, et il ‘ s’agit d'imaginer un moyen de se défaire de Ravana. Brahma l'indique,
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en faisant remarquer que le démon a omis, par orgueil, de demander à être préservé des coups des hommes. ‘C’est donc par la main d'un homme dit Brahma, qu'il faut immoler ce méchant.” Mais où rouver un homme capable de lutter contre Ravana? En ce moment survient Vichnou, l’un des membres de la trinité indienne. C’est à lui que Brahma avait pensé dans son âme pour la mort du tyran des mondes. Ilinvite Vichnou à une héroïque incarnation. Or, pendant que cette scène se passait dans le ciel, le roi d’Aoude, nommé Dacaratha, offrait un grand sacrifice pour obtenir des dieux la grâce d’avoir des fils. C'était un de ces hommes qui avait aidé autrefois les dieux contre les démons. Vichnou consent à s’incarner comme fils de Dacaratha. Ce fils sera Rama. Mais pour engager la grande lutte, il était nécessaire de préparer à Rama ses compagnons futurs; sur l'invitation de Brahma, “tous les dieux se mettent à procréer des fils d’une vigueur égale à celle qu'ils possédaient eux-mêmes, C’étaient d’héroïques singes, capables de se métamorphoser comme ils voulaient... Tous les généraux se distinguent par leur immense vigueur au milieu des armées.” Malgré leur puissance extraordinaire, ces singes sont des êtres inférieurs, mais associés à la grande œuvre. Rama de son côté, ne peut accomplir son œuvre sans le secours de ces êtres qui lui sont inférieurs, comme les myrmidons d'Achille et les nains de Sigura. Il y a là une grande leçon d'harmonie sociale.
Cependant Rama grandit, il a déjà reçu des dieux des armes surnaturelles ; le moment est venu de lui choisir une femme. Celle dont il va rechercher la main est Sita. La naissance de Sita a présenté des circonstanèes extraordinaires: elle n’a pas reçu le jour dans le sein d’une femme ; cette femme charmante est née d’un sillon ouvert pour le sacrifice. Rama l'épouse après l'épreuve de l'arc que personne n’a pu tendre et qu’il brise par sa force prodigieuse. Mais bientôt le roi Dacaratha, à la suite d’un vœu imprudent, est contraint par l’une de ses femmes de priver son fils ainé de sa succession et de l’exiler dans les bois. Rama obéit. Sita qui est un modèle de dévouement, de piété et de tendreëse, l'accompagne dans cet exil.
Rama pendant qu'il erre dans les bois a occasion de punir sévèrement une Raksasa, qui pour se venger excite dans le cœur de son frère le désir de posséder Sita. Or ce frère, c’est Ravana lui-même.
À l'aide d’un stratagème dont Rama est dupe par la faute de sa
femme, Ravana enlève Sita et l'emporte à Lanka, malgré la résistence du roi des vautours, un vieil ami du roi Dacaratha.
Cet enlèvement est le nœud de l’action, comme celui d'Hélène dans les poëmes homériques. Cependant Dasharata, à qui l’âge rendait pesant le fardeau de l'empire, allait nommer Rama pour son successeur ; mais la reine Cayca, favorisant son fils Baratha, s'empresse de demander une audience à Dasharata. Elle lui rappelle qu'autrefois sauvé par elle, ilavait promis de lui accorder les deux premières grâces qu'elle lui demanderait, et c’est l'exil de Rama qu’elle exige maintenant en récompense du service qu’elle a rendu. En vain Dasharata la conjure de modifier ses demandes, lui offre tout ce qu’elle pourra désirer, à l’exception de ce qu’elle souhaite. L'inflexible belle-mère persiste, et Dasharata, lié par son serment, est forcé de condamner son fils à l'exil, Quelque temps après, il meurt en proie à une sombre mélancolie, et désespérant de voir Rama. ‘O Rama! 6 mon fils!” telles furent ses dernières paroles. Pendant ce temps, Rama, banni, s'enfonce dans l'immense forêt de Dandaka, suivi de son frère Lakchmanas, qui n’a pas voulu l’abandonner. Là, renouvelant les prodiges de son adolescence, il extermine les géants qui infestent les bois et les déserts, asiles des saints pénitents, et partage sa vie entre la bienfaisance et la prière. Au bout de douze ans, Rama reparaît dans Aiodhia, refuse le trône, le cède à son frère Baratha, et continue à poursuivre le Daitas jusqu'au Djanasthana. Cependant la sœur de Ravana, irritée contre Rama, engage son frère à enlever Sita, Le tyran accomplit promptement les souhaits de sa sœur. Sita enlevée, languit captive dans Lanka (Ceylan), par delà les mers. Soudain Rama se met en marche pour délivrer son épouse, et, s'enfonçant de plus en plus dans la péninsule, arrive au bord du fleuve de Pampa, qui baigne l'empire de Songriva, et veut cueillir dans le magnifique jardin de ce prince des singes quelques fruits pour secourir son frère, qui tombe épuisé de fatigue. Hanoumanou, gardien du jardin, s’y. oppose ; mais bientôt éclairé sur les vrais intérêts de son maître, il entonne l'hymne à Vichnou, et promet à Rama que la puissante coalition des singes va marcher à sa suite sur Sanka (1). Rama part à la tête
(1) Ces singes étaient les enfants des dieux, monstres merveilleux, lançant deg rochers et des montagnes. Voicila description de ces êtres puissants, telle qu’on la trouve dans le Ramayana : Ces héros-singes déchiraient avec leurs dents et avec leurs ongles ; ils étaient habiles et rompus au métier des armes, sachant transpercer
s’enix les oi s’effra vanté
d’une forte armée composée de deux innombrables phalanges: les ours, qui ont à leur tête Djambouvan, et les singes commandés par Songriva. On traverse le Dekhan, on arrive au bord de la mer; mais à un obstacle invincible en apparence arrête les braves anti-ravanistes. Comment franchir ces flots redoutables séparant Lanka de la pointe de la grande péninsule ? Non moins fertile en expédients que terrible sur le champ de bataille, Hanoumanou, enlace et accroche sa queue au rivage contipental ou se tiennent les singes; puis s'élançant sur le bord opposé, se cramponne de ses quatre mains au roc de Lanka. L'armée entière défile le long de ce pont improvisé. Alors les singes, par l'avis d'Hanoumanou, précipitent pêle-mêle dans le vaste bras de mer d'énormes blocs de pierre, et construisent ainsi, d’un rivage à l’autre, un pont de rochers sur lequel ours et singes passent sans danger, Cette route se nomme Ramicéram, On a donc atteint Lanka ; il ne s’agit plus que de la conquérir. Vingt batailles sont livrées successivement; le sang coule. Ravana, frappé par Rama, expire au milieu des géants ses amis, que les singes écrasent, que les ours déchirent. Sita est délivrée, et Rama retourne victorieux dans son empire. Après un règne heureux, il remonte au
ciel.
Tel est le Ramayana, dont on a demandé si c’est la création d'un seul poëte, ou la réunion de plusieurs compositions successives.
En effet, malgré une sorte d'unité, il est bien plus chargé d'épisodes que les poëmes d'Homière; ce qui provient des nombreux récits placés dans la bouche des principaux personnages.
Il est à remarquer aussi que, dès le début du poëme, l’auteur, Valmiki, s'introduit lui-même dans l’action comme un personnage. Il y est dépeint comme un des ces grands Mounis, ou sages vivant dans l'intimité
des dieux.
Benjamin Constant pensait que “ la comparaison du Ramayana avec
de flèches, et briser les arbres les plus élevés ; doués d’une vélocité de course qui faisait honte aux flots de l'Océan; de leurs pieds arrachant la terre de ses bâûses, et causant l’inondation des mers ; de leurs mains élevées dans les airs saisissant les nuages; s’empurant sans crainte des éléphants qui parcourent les ferêts; s'enivrant du suc des palmiers et faisant tout trembler. A leurs redoutables cris, les oiseaux qui habitaient les cimes des arbres tombaient, les lions et les tigres s’effrayaient dans leurs retraites, et les reptiles monstrueux s’enfuyaient épouvantés.
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l'Illiade, sous le rapport littéraire, philosophique et religieux, serait une entreprise singulièrement instructive et curieuse, Le contraste de la poésie simple et sublime d'Homère avec l'imagination exubérante de Valmiki, la similitude des évènements, la différence des mœurs, jetteraient sur les modifications que les circonstances et les époques impriment à l'espèce humaine, un jour que nous pouvons à peine soupçonner encore, (1) ”
Voici l'analyse sommaire du Mahabharata :
Chant premier—Histoire des familles des Pandoos et des Kooroos. Dritarachta, qui avait pour ancêtres Bharata-Boudha et la lune, eut cent-un fils appelés les Kooroos ; l'aîné se nommait Doyodhana. Pandoo, second fils de Vitchitravirga, eut cinq fils appelés les Pandoos. Le premier était le plus juste des hommes, le second était le plus fort, le troisième était le plus habile à manier l'arc, le quatrième était le plus sage, le cinquième était le plus beau.
Après la mort de Pandoo, son frère Dritaracta devint roi; mais son fils aîné, s'empara du pouvoir, et, dans la crainte que le gouvernement ne passôt aux Pandoos, il voulut les faire périr en mettant le feu à leur demeure, Il crut les Pandoos brûlés; mais ils échappèrent à cette mort violente, et ayant traversé le désert, ils se réfugièrent dans la ville de Campela.
Ils devinrent bientôt célèbres et puissants par leur valeur et leur générosité, et Douryodhana résolut de partager l'empire avec eux. Il leur en donna la moitié avec Delhi, gardant pour lui-même l'autre moitié avec Hastinapour.
Chant deuxième.—Youdichthira envoie ses frères de tous côtés pour faire des conquêtes. Gloire des Pandoos. Envie des Kooroos; ils ordonnent un sacrifice pour jouer aux dés, Préparatif du sacrifice,
Chant troisième. —Au moyen de dés pipés, Douryodhana gagne aux Pandoos tout ce qu'ils possédaient. Au dernier coup, ils s'engagent, s'ils perdent, à se confiner douze ans dans le désert, et à vivre cachés après ce terme. Ayant perdu, ils remplissent leur promesse. Un sage, exhorte Youdichthira à ne pas désespérer, et lui raconte l'aventure de Nalus. Récit des évènements qui se passent dans cet intervalle de douze ans.
(1) Gatien Arnoult, Dict. phil. ‘
Chant quatrième.—A l'expiration des douze ans, les Pandoos se rendent du désert à la ville de Béruth, où ils se cachent,
Chant cinquième.—Les Pandoos sont découverts par Douryodhana, qui exerce contre eux les plus cruelles persécutions, Triomphe de l'injustice sur la terre. Kreeshna, qui était alors au plus haut point de sa gloire, et qui partout combattait le mal sous toutes ses formes, apprend lesinfortunes de ses parents, et leur promet du secours. Arrivée de Kreeshna à Hastinapour, dans l'intention de se porter médiateur entre les Pandoos et Dourydhana. Celui-ci refuse lu médiation, Alors Kreeshpa ranime le courage des Pandoos, et devient le compagnon d'armes d'Arjoun. Le parti se rallie. On marche contre l'oppresseur. Réunion des armées sur le lac Kurkhet.
Chant sixième.—Paroles de Kreeshna à Arjoun, C’est le celèbre épisode dit Bhagavat-Geeta. Combat des héros,
Chant septième.—Douryodhana tient un conseil de guerre. devenu chef, est tué cinq jours après.
Chant huitième. —Evènement des deux jours suivants: Kurren, un des plus grands héros de son temps, est nommé chef, Youdichthira fuit devant lui; mais il tombe sous le bras d’Arjoun.
Chant neuviè:ve.—Schul est appelé au commandement; ses exploits ; sa mort, Douryodhana se cache: il est découvert par Bakiken : sa
mort: c’est le dix-huitième jour de la bataille; les Pandoos remportent enfin la victoire.
Derna
Chant dixième.—Récit des derniers évènements de la guerre. Huit hommes seulement des Kooroos survivent à leurs compagnons.
Chant onzième.—Complaintes des femmes des deux partis sur la mort de leurs proches. La mère de Douryodhana maudit Kreeshna,
Chant douzième—Actes de Youdichthira après la victoire. Il veut abdiquer le pauvoir, mais il en est dissuadé par Uyasa, Kreeshna et Bikum. Ce livre renferme plusieure préceptes sublimes de religion, de morale et de règle de conduite pour bien gouverner.
Chant triezième.—Youdichthira veut se retirer dans la solitude; mais Uyasa le fait changer d'avis. Préparatifs pour la fête d'Ismid.
Chant quatorzième.—Célébration de la fête d'Ismid.
Chant quinzième.—Ditarachta et Kundehary, mère de Douryodhana, et Knaty, mère des Pandoos, vont chercher un asile dans la solitude,
Chant seizième.—Destruction de la race des Yadus et autres évènements.
Rats
KW?
Chant dix-septième.—Le roi Youdichthira se rend avec ses frères dans les montagnes neigeuses, et abdique la couronne.
Chant dix-huitième.—Mort des Pandoos. Youdichthira et ses frères montent dans le ciel.
Ce poëme est en 18 livres et a plus de 100,000 stances.
Il est attribué à Vyasa, qui passe aussi pour l’auteur des Pouranas ; mais il pourrait bien se faire que ce Vyasa, qui signifie compilateur, fut un nom générique désignant une série de compilateurs, comme le nom d'Homère, qui signifie assembleur, désigne, suivant certains critiques, les auteurs des rapsodies grecques.
Le Derma-chestra, seconde division des Upangas, renferme principalement les institutions de Manou,—traité complet de morale qui co ‘ient de poétiques inspirations sur Dieu, les esprits et la création,
Enfin les Dersanas, troisième division des Upangas, sont des ouvrages phliosophiques.
Maintenant un mot de la littérature profane.
La beauté de la science, par Gosvami, appelé autrement Vapadeva, passe pour la meilleure grammaire sanscrite. Une autre, par Kalatra, porte le titre de Katrantra-Vriti et le Katanta-Vriti-Tiki en est le commentaire étymologique. Il y a d’autres commentaires du même ouvrage. Il existe encore une grammaire par le rajad Djoumoura- Raudi, qui a pour titre, Sanskhipta-Sara. On compte 18 dictionnaires dont le plusestimé st l’Amarashina.
Les drames, que les Hindous nomment natak, sont très nombreux. Parmi les poëtes dramatiques les plus remarquables brille, comme une étoile de première grandeur et comme le Shakespeare des Hindous, le fameux Kalidas, poëte de la cour de Vikramaditya, dont l'existence remonte à plus de 900 avant J. C. Son meilleur drame est L' Anneau de la Destinée, que Jones a traduit en anglais et Forster en allemand, Le critique Herder, dit ‘que toutes les scènes sont liées avec des chaînes de fleurs, et chacune d'elle naît et se dévoloppe naturellement comme une belle plante; on y trouve une infinité d'idées délicates et élevées, de figures gracieuses et sublimes, qu'on chercherait vainement dans un auteur grec, car le génie de l'Inde s’est communiqué au pays, au poëte et à la nation.”
On doit au même poëte : la Naissance de Kumara, médecin des dieux ; l'Héroïsme d'Urvasi, en 5 actes, enfin le Nuageux messager, qui a été
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et | l'In vast imm haut (9) siècl gaur Will lettr duel, lang breus par 8 «] muta Jaif visité cauri Qu toire time de ci
traduit par l'anglais Wilkins. Il existe encore beaucoup d'autres ouvrages dramatiques, entre autres le Collier de perle; Le lever de la lune de la science, en 6 actes; La mer travestie, drame satyrique, et Le grand drame, par Madusanada-Misra.
La Société de Calcutta, composée en partie de savants anglais qui ont établi dans cette ville une imprimerie en sanscrit, découvre tous les jours à l’Europe de nouveaux trésors littéraires.
Les Hindous ont pour les vers deux sortes de mesures, la brève (ganain) qui se divise en simple ganain et upaganain. Les pieds de ce rythme sont au nombre de huit. Ils ont deux espèces de rimes,
On compte surtout cinq écrivains qui s'occupent de prosodie, Capila et Gotana sont les principaux fondateurs des sciences exactes dans l'Inde.
Il résulte de ce simple exposé que la littérature indienne est une vaste production de la nature qui, embrassant seule dans un cercle immense toutes les connaissances humaines, donne aussi une idée de la hauteur où peut atteindre l'intelligence de l’homme. (1)
On pense que le sancrit, qui était la langue vulgaire avant le deuxième siècle de notre ère, commença à s’altérer en 1184, lors des conquêtes des gaurides, ou de Mahomed Gaury. On le dit très riche, et le savant sir William Jones le compare pour la beauté au grec et au latin. Il a 52 lettres et 17 déclinaisons dont chacune a un singulier, un pluriel et un duel. Il a des syllabes brèves, plus brèves, très brèves, ete. Cette langue a toutes sortes de môêtres et de vers; les périodes en sont nombreuses et se terminent par une cadence musicale, Les Hindous parlaient par sentences. En voici un exemple :
“ Par la soif de l'or j'ai fouillé la terre, et je me suis livré à la trarsmutation des métaux. dJ'aitraversé les mers, j'ai rampé sous les grands ; j'ai fui le monde; je me suis occupé de l’art des enchantements ; j'ai visité les tombeaux, j'ai veillé parmi eux ; il ne m'en est pas revenu un cauri. Avarice, retire-toi; j'ai renoncé à tes chimériques espérances.”
Que de connaissances présentent ces pensées, s’écrie l’auteur de l’Histoire des Indes. Fouille des mines, fontes des métaux, commerce maritime ! Quel laps de temps ne suppose pas une langue qui offre un état de civilisation aussi avancé! Cependant le sanscrit n’est que la seconde
(1) Bibliothèque indienne par Schlegel, Mayence, 1882.
langue, et a cessé d’être vulgaire. Elle est aujourd’hui peu connue à cause de la difficulté qu'on éprouve à l’apprendre.
La religion indienne met obstacle à une connaissance profonde de ses caractères. Il n’est permis qu'aux Brahmes de l’étudier et ceux-ci ne la font apprendre à leurs enfants que lorsqu'ils ont atteint l’âge de puberté; ils font de même à l'égard des mystères de la religion.
On assure que de nos jours les HMalays et les Javanais possèdent une littérature riche et originale, de nombreux documents historiques, des romans et des monuments d’une législation remarquable.
Le Kavvi est à Java ce que le sanscrit est dans l'Inde ou le latin parmi nous, la langue savante et lyturgique. Il résulte, dit M. Aicard, de l'étude d’un manuscrit qui fait partie de la bibliothèque de la société asiatique de Londres, et intitulé Calendrier Javanais traduit en langue malaye, que ces peuples possèdent de toute antiquité un calendrier astrologique et sacerdotal fondé sur une astronomie dont les principes nous sont inconnus, et un calendrier rural divisé d’après l'ordre des travaux d’une agriculture assez perfectionnée. On trouve dans la même bibliothèque une histoire (en Malay) des rois de Pasay qui montre que Java fut la capitale intellectuelle et religieuse d’une foule de contrées environnantes,