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LAMARTINE

Marie Louis Alphonse Prat de La artine naquit à Mâçon, en Bourgogne, le 21 octobre 1790. Une mère chrétienne l'avait initié de bonne heure aux beautés de la Bible, aux grandeurs de la religion.

Après avoir fait ses études au collège de Belly, le jeune Lamartine se mità voyager. Il passa plus de trois ans en Italie; c’est 1à qu'il contracta cette amitié si tendre pour la fille d'un pêcheur de Procida, et qu’il a racontée dans Graztella, livre qui a fait verser tant de larmes, De retour à Paris, après quatre années de nouvelles réveries, de plaisir et de voyages, il prit enfin rang dans I poésie par un premier recueil intitulé, Méditations (1820). A l'apparition de ce livre, un cri d'admiration éclata en France. On admira la fraîcheur des idées, la pureté des sentiments, le naturel, l'abondanceet la mélodie de ces vers : produits spontanés du cœur du poëte, L'isolement, le Désespoir, le Lac, et beaucoup d’autres belles méditations, contenues dans ce livre, créèrent la poésie lyrique française du siècle. En moins de quatre ans, 45,000, exemplaires firent le tour de l'Europe.

M. de Lamartine, dans la première période de son talent, nous apparaît done comme un instrument mélodieux qui vibre, mû par le souffle de toute une époque. Le scepticisme devenu triste et méditatif, et retournant à la croyance par la douleur, la vie de la pensée succédant à la vie d'action, le désenchantement qui suit tous les naufrages, le goût de la

solitude et des grands spectacles de la nature qui vient après les longues agitations, le retour aux idées et aux sentiments religieux : voilà les caractères de son talent poétique. Son esprit a quelque chose de rêveur et et d’indéterminé qui convient à la poésie, il pense avec des sentiments, 1 raisonne avec des images et ses idées s'échappent de son âme comme des mélodies. Quoi de plus ? il ressemble à ces magnifiques lacs qui s'étendent si frais ct si purs dans ses vers, ct, comme eux, il reflète le Ciel qui plane au-dessus des eaux, les oiseaux méledieux qui les effleurent en se jouant, et les côteaux et les forêts d’alentour; mais il ne peint pas seulement les agitations de l’homme du XIXe siècle ; il peint, et c'est là ce qui donnera une vie durable à ses vers, l’homme de tous les temps et de tous les lieux, qui n'a point changé depuis Job, le plus élo-

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quent de ses interprêtes : l'homme avec ses aspirations plus vastes que ses destinées, avec ses doutes déchirants, avec son désoût du fini, avec cette soif que rien ne désaltère ici-bas, avec ses faiblesses qui font pour Jui un tourment du souvenir et du pressentiment de sa grandeur, Dans la lumière de ce grand talent poétique, on aperçoit quelques ombres, La facilité merveilleuse de la versification le pousse à quelques négligences de style. Des critiques sevères pourraient appréhender de surprendre l’auteur sur la pente du panthéisme, cette erreur redoutable qui naît de la contemplation trop prolongée de la grandeur de Dieu ; une imagination qui n'est pas toujours maîtresse de son élan, une intelligence qui ne contient pas sa pensée, et qui, ainsi que l'auteur le dit lui-même, se laisse emporter par elle, comme dans un tourbillon mélodieux; parfois, quelque chose d’excessif dans les idées et les sentiments, Voilà les défauts de cette riche nature, défauts plutôt indiqués que bien caractérisés dans ses premières poésies, (1)

Les Nouvelles méditations (1823), malgré les beautés de l'Ode à Bonaparte, de Sapho, du Poëte mourant, ete. furent lues avec moins d'empressement que leurs ainées,

Les Harmonies ont surtout un caractère philosiphique et religieux. Elles reflètent, observe un critique, ces luttes intellectaelles qui se lisent dans les plus hautes sphères de l'âme, entre les principes opposés; elles sondent les grands mystères de notre nature, elles interrogent l'infini, elles essaient de pénétrer l'homme, l'univers et Dieu, Presque toujours elles prient, mais d'une prière tourmentée qui a souvent quelque chose de fébrile et de maladif. Le doute, sans cesse repoussé, revient sans cesse quand il faut le combattre sans fin. Dans les angoisses de l'esprit du poëte, on entend comme un retentissement lointain des angoisses de l'intelligence humaine au sein d’une époque sur laquelle la nuit du doute redescend. C'est l'âge philosophique du génie poétique de M. de Lamartine,

C’est la principale critique qu'on puisse élever contreles Æarmontes : au point vue moral, elles ont quelque chose qui se communique à l'âme.

Le poëte continue à descendre, Jocelyn n'est qu'un pâle reflet des deux premières productions, Et définitivement, il tomba avec la Chute d'un ange, poëme bizarre qui renferme, comme le Foyage en Orient, des

(1) Nettement,

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erreurs grossières. Ses Æecueillements poétiques sont les derniers chants de sa muse déjà affaiblie.

Lamartine est celui qui, sans contredit, a le plus contribué, par ses écrits et ses discours, au renversement de la Monarchie orléaniste : son Histoire des Girondins (1847, 8 vol. in.8), en réveillant les passions torroristes, a surtout porté un coup fatal au gouvernement issu de la Révolution de juillet.

Elu président de la république après la dégringolade de Louis-Phi. lippe, il devint l'homme le plus populaire de la France.

Il avait grandement contribué À supprimer la Révolution de 1848, I] ne craignait pas de s'exposer pour refroidir l’effervescence populaire, I avair un talent tout particulier pour les harangues populaires.

L'Histoire de la Révolulion de 1848, Geniève, et Toussaint Louverture apparurent à cette époque.

Par la suite, M. de Lamartine eut à passer par beaucoup d'épreuves, Des malheurs domestiques et des dépenses fastueuses, l'avaient mis À deux doigts de la misère, Il se soutint quelque temps, en publiant son Cours de littérature, publication médiocre, mais que le souvenir du grand poëte et de l'homme populaire fit écouler.,

Il mourut, le 1 mars 1869, à l'âge de 79 ans.

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