‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 157 sur 221 · ST. RS · texte numérisé non relu

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d'un seul trait, nous replacent dans le milieu où agissaient ces personnages, nous font vivre de leur vie et partager leurs passions, Les travaux de Michelet sont considérables. On a encore de lui une Histoire de la Révolution française, 7 vols, in-8,, et au moins une trentaine de volumes sur divers sujets d'histoire, C'est le véritable chantre de la grande épopée révolutionnaire, Son Histoire du A'LX'e siècle est restée inachevée, L'auteur est un des plus vaillants champions de la démocratie,

François Auguste-Marie Mignet (1796-1884) se signala de bonne heure par un esprit décidé et résolu. De concert avec M, Thiers il prit en main avec toute l'autorité de son talent la défense des principes proclamés par la Révolution française. Son Æistoire de la Révolution française, de 1789 à 1814, parût en 1824, Le succès de ce livre fut immense et répandit le nom de son auteur dans l'Europe entière ; il fut traduit dans toutes les langues, ‘ Esprit scientifique et régulateur, a dit Sainte-Beuve, il s'attache d'abord à séparer la partie mobile de l'histoire d'avec ce qu’il appelle sa partie fixe; il embrasse du premier coup d'œil celle-ci, les grands résultats, les faits généraux qui ne sont que les lois d'une époque et d’une civilisation: c'est là, selon lui, la charpente, l'ostéologie, le côté infaillible de l'histoire. La part individuelle des intentions trouve à se loger et à se limiter dans les intervalles, Ce détail infini des intentions et des motifs divers ne donne, selon lui, que le temps avec sa couleur particulière, avec ses mœurs, ses passions, et quelquefois ses intérêts; mais les circonstances déterminantes des grands événements sont ailleurs, et elles ne dépendent pas de si peu; la marche de la civilisation et de l'humanité n'a pas été laissée à la merci des caprices de quelques-uns, même quand ces quelques-uns semblent les plus dirigeants.” On à encore de lui plusieurs ouvrages historiques,

Il est peu d'écrivains dont le mérite ait été plus universellement estimé qu'Augustin Thierry (1795-1856). Son Aistoire de la conquête de

l'Angleterre par les Normands créa un nouveau genre historique : les chroniques y étaient rectifiées par les manuscrits et les vicilles chartes, éclairées par l'archéologie, par les données modernes sur les races, sur leurs migrations, et de tous ces élements sortait un tableau vrai, concis, animé par un style poétique, une histoire enfin, et tout à la fois une épopée,

Ses Lettres sur la France, son Histoire du Ticrs-Etat, Dix années

rs0n- d'études historiques, ete., sont des ouvrages dignes de son beau talent, Les “ Augustin Thierry, dit Guigniaut, fut le plus original, le plus hardi, | une sinon le plus profond cet le plus complet de cette pléiade d’esprits émitren- nents qui ont renouvelé de nos jours le champ vaste autant que divers antre de l’histoire : celui qui ouvrit les perspectives les plus neuves et les plus le est étendues, Il démêla avec sagacité, et peignit avec énergie la marche de de la ees révolutions intérieures qui, des communes affranchies, firent sortir le tiers-6tat, et du tiers-état la nation, Ses ouvrages, populaires par son bonne style, par ce feu intérieur qui circule avec sa pensée, sous la forme pure Thiers et correcte de ses récits ou de ses considérations, ont eu une action ncipes singulière sur le développement des études historiques dans notre pays.” )lution Son frère Amédée Thierry appartient à la même école historique. Comme vre fut lui, mais avec moins d'art et d'éclat, il s'est attaché à présenter les faits il fut historiques, étudiés avec soin dans les sources, sous une forme naïve et teur, à imagée qui instruit et charme à la fois. On a de lui l'Aistoire des Gauile de lois; D'Ausone et de la littérature latine en Gaule au IVe siècle ; des renier écrits sur l'Histoire romaine au IVe et au Ve siècles, ete, 1e Sont Louis Blanc (1812-1880) a publié un grand nombre d'ouvrages sur lui, la l'économie politique; mais son Histoire de !r Révolution française indivi- dénote ses grandes qualités d'historien et de publiciste. On y trouve

rvulles, l'élévation des sentiments et des pensées, la conviction ardente, des re-

on lui, cherches laboricuses, des aperçus neufs, un style plein d'énergie, d'élo-

Le libre examen réclamé et conquis par le XVIe siècle fut appliqué

uête de . . . À par le XVIIe siècle à toutes les recherches de la philosophie. En même

sions, quence et d'éclat, mais qui tourne volontiers à la fougue oratoire. Son à Fa es des Histoire de dix ans est écrite avee une éloquence passionnée, c'est un ; jh { eu ; la véritable réquisitoire contre le gouvernement de Louis-Philippe, dont i] | | k merci augwenta l'impopularité et prépara la chute. Li lent les l ues, ÉCOLE PHILOSOPHIQUE. on estimé AS | ue : les temps qu'elle s’affranchissait de toute autorité externe, la pensée philosohartes, phique s’écartait des questions de pure métaphysique et se préoccupa FA LU RERAUE davantage d'atteindre des réalités concrètes, se CET Descartes et Bacon, deux philosophes, mieux, deux réformateurs, deux haine initiateurs, se préoccupèrent surtout de la méthode d'arriver à la EE] pr vérité. Ces deux esprits se disputent encore la direction des esprits. FA

Le cartesianisme eût des nuances: Bossuct, Port-Royal, Fénélon, Spi-

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noza et Malebranche, sont de la même famille, mais avec des tendances diverses, La réaction, au nom du spiritualisme individualiste, commença avec Leibnitz. Les philosophes qu'on appelait dissidents au XVIIe siècle, eurent une influence prépondérante au XVIIIe siècle : la postérité de Bacon semble l'empoiter sur celle de Descartes. Locke s'était fait le représentant de l’empirisme baconnien, au moins dans l'ordre physologique et moral. Plus tard, Hobes et Gessendi restaurèrent le matérialisme ancien, et les collaborateurs de l'encyclopédie s’en firent les défenseurs. Bayle acclama le scepticisme, et Hume prècha des théories sensualistes, matérialistes et fatalistes que l’école écossaise combattit en appliquant l'expérience aux sciences morales et à l'étude de l'homme. Reid devint l'adversaire de Hume et de Berkely. C’est alors qu'apparut Kant qui fit subir à la philosophie une réforme importante; c’est de lui que partent comme de leur tronc commun, tous les rameaux de la philosophie allemande: Fichte, Shelling, Hégel, ete. En France, le commencement du siècle fut marqué par une réaction contre le sensualisme. Laromiguère ouvre la voie, Maine de Biron, après avoir débuté par des mémoires tout mêlés d'éléments sensualistes aboutit à des conclusions presqu’entièrement chrétiennes. En même temps qu'il préten- Coit découvrir la volonté, un autre penseur, M. Ampère, analysait la raison et comblait une lacune du condillacisme. Royer-Collard synthétisait ces trois élements, et Victor-Cousin donnait à cette doctrine le nom i d'éclectisme. Jouffroy reliait la philosophie de M sine de Biron à celle de l'école écossaise et fonda une école spiritualiste qui comprend les Damiron, les Garnier, les Kaissait, les Janet, les Rémusat, les Franck, les Jules Simon, ete. Ces noms représentent la philosophie officielle depuis 50 ans. Cette école lutta vaillamment pendant et après la Restauration, contre l'invasion du panthéisme.

Les systèmes indépendants et mystiques de Pierre Leroux, de Lamenpais, de Jean Reynaud, de Buchez; les théories métaphysiques assez vagues auxquelles se rattachaient diverses écoles socialistes, pénétrèrent la littérature plutôt que l'enseignement philosophique, Les deux grands adversaires que le spiritualisme rencontra furent d’abord le matérialisme, et plus tard, de nos jours même, le positivisme : le premier représenté par Broussais, Gall, Vogts, Darwin, ete. le second, par Auguste Comte, Littré, Stuart-Mill, etc.

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