MOORE
Thomas Moore se place avec honneur dans l’histoire de la littérature anglaise à côté de Byron et de Walter Scott; il appartient lui aussi au XIXe siècle.
I naquità Dublin, étudia au Collége de la Trinité, et se fit recevoir avocat. Doué d'un talent sérieux et facile, il possédait une connaissance étendue des langues anciennes et modernes ; la belle traduction des odes d'Anacréon, qu'il publia à 20 ans, en la faisant précéder d'une ode en
grec de sa composition, marquent le talent et le goût du jeune Moore.
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Il obtint en 1803 un emploi aux Bermudes. Le poëte en profta pour écrire ces beaux vers où il dépeint avec des traits si frappants cette grandiose nature des forêts vierges de l'Amérique.
Byron, son ami, lui avait légué en mourant un précieux manuscrit, ses Mémoires. Après avoir consulté la famille de l’auteur de Childe Harold, on résolut de brûler ce livre que l'Angleterre attendait avee impatience; on pensait apaiser ainsi la tempête qu'avait souievée Byron autour de lui. Pour justifier sa démarche et venger la mémoire de son illustre ami, Moore publia une Vie de Byron.
En 1808, Moore livra à la publicité un recueil de petits poëmes, dans le genre de Catulle, sous le titre de Tom Little's poems, où l'entrainement du style, une verve abondante et des peintures voluptueuses se font remarquer.
En 1810, parurent ses Lettres interceptées, satyre mordante, fort goûtée du lecteur anglais. Mais Moore jusqu'ici n'avait rien écrit qui pût le sauver de l'oubli. [lcommença à publier en 1813 une série de mélodies et de chansons patriotiques, Zrish melodies, où le poëte soupire sur des airs nationaux, en vers d’une grâce admirable et d’une harmonie enchanteresse, les tristesses de la malheureuse Trlande. C'est à propos de cet ouvrage que Lord Byron dit avec vérité que les Hélodies dureront aussi longtemps que l'Irlande, la musique et la poésie.
Le roman Lalla Rookl, qui parut en 1817, accrut encore sa réputation, et lui marqua une place distinguée sur le Parnasse anglais. L'auteur a peint à merveille les mœurs des Orientaux; la scène se passe en Perse. Une teinte orientale, les peintures les plus ravissantes et les plus gracieuses, des rêveries douces et enchanteresses se réunissent dans cc roman pour capter l'attention du lecteur. On dit que cet ouvrage a rapporté plus de trois cent mille louis à l'auteur.
Les Amours des Anges se distinguent par les mêmes qualilés. On cite encore de Moore ses poëmes de la Corruption et de l'ntolérance, ses Epîtres, ses Odes et Poésies diverses, sc: Chants sacrés et ses Rimes, faites sur les crandes routes.
“ Comme poëte, dit un critique, Thomas Moore est le plus habile coloriste qu'ait produit la Grande-Bretagne; tout est harmonie dans ses vers ; il éblouit par la splendeur de ses images ; il enchante, il ravit ; mais à force de douceur, d'éclat, de recherche et d'élégance, il finit par
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causer à l'esprit un engourdissement semblable à celui qui proviendrait d’une fleur qu’on aurait trop longtemps respirée.”?
Jomme prosateur, Moore a encore acquis une belle réputation. Parmi ses principaux ouvrages on lit la Vie de Sheridan, l'Epicurien, roman en prose poétique, la Vie de Fitzgerald, peinture éloquente des vains efforts de ses compatriotes pour secouer le joug de la misère et du despotisme, les Mémoires du capitaine Rock, où l’auteur fait entendre la même plainte; et surtout son Aistoire d'Irlande, le dernier de ses écrits,
Thomas Moore à écrit l'histoire de son pays en poëte, comme Scott l'avait fait pour l'cosse. ‘Il à recouru à toutes le, traditions, à dépouillé toutes les chroniques, à ïimité tous les chants des anciens bardes pour éclairer l'histoire primitive de l'Irlande et les développements du christianisme dans ce pays ; il apporte une critique saine es éclairée dans le choix des documents, mais il tombe souvent dans la sécheresse qui accompagne les travaux d'érudition."”