BURNS
Robert Burns naquit le 25 janvier 1759. Son père était un pauvre fermier écossais. Le jeune Burns, qui avait reçu de la nature l'instinct poétique, eut à souffrir toute sa vie de la pauvreté et de la misère. Après s'être livré aux travaux des champs, il abandonna ce rude métier pour se livrer exclusivement aux lettres. D'une nature bouillante et enthousiaste, il se livra avec trop d'ardeur à ses penchants désordonnés, l'amour des femmes, non cet amour chaste et pur qui élève l'âme au lieu de l’abaisser, mais cette passion qui jette dans le désespoir et l'abaisse. ment, L'ivrognerie acheva de le dégrader.
Il travaillait, mais son âme était ailleurs, et chaque jour il s’insurgeait contre cette exécrable et maudite obligation d'arriver à ce qu'une guinée fasse le service de trois. De à ces plaintes amères, ces instincts de révolte contre la société toute entière, contre l'Etat, contre l'Eglise, cet accent âpre, ce mépris du convenu et du guindé, ce feu sombre, ces traits acérés et mordants, ces railleries qu'il déverse sur les orthodoxes, Depuis Voltaire personne, en matière de religion, n’a été plus mordant,
La poésie de Burns, dit Taine, est bien la poésie naturelle, non point poussée en serre chaude, mais née du sol entre deux sillons, côte à côte avec la musique, parmi les tristesses et les beautés du climat, comme les
() Victor Hugo.
bruyères violettes de ses collines et de ses landes, On comprend qu’elle ait renouvelé sa langue; pour la première fois cet homme parle comme on parle, ou plutôt ccmme on pense, sans parti pris, avec un mélange de tous les styles, familier et terrible, cachant une émotion sous une bouffon. nerie, tendre et gouailleur au même endroit, prêt à mettre ensemble les trivialités d’auberge et les plus grands mots de la poésie, tant il est indifférent aux règles et content de montrer son ressentiment comme il] Jui vient et tel qu'il l'a. Enfin, après tant d'années, nous sortons de la déclamation notée, nous entendons une voix d'homme; bien mieux nous oublions la voix pour l'émotion qu'elle exprime, nous ressentons par contre-coup cette émotion en nous-mêmes, nous entrons en commerce avec une âme, À ce moment la forme semble S'anéantir et disparaît ; j'ose dire que ceci est le grand trait de la poésie moderne, sept ou huit fois Burns y a atteint,
Les œuvres de Burns ont été publiées de son vivant sous le titre: Poëmes en dialectes écossais (1787). Depuis, elles ont été traduites dans toutes les langues,
On désigne Burns sous le nom de Zaboureur de l Ayrshire. T1 mourut pauvre et misérablement, le 18 juillet 1796.