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SHERIDAN

Richard Brinsley Sheridan naquit à Dublin, en 1751, et mouruc à Londres, en 1816. Il était fils de Thomas Sheridan, acteur célèbre et écrivain distingué,

Il épousa à l'âge de 22 ans, après deux duels pour la conquérir, Eliza Linsley, jeune cantatrice, qui laissa des écrits marquants. Dénué de tout le jeune couple dut, pour gagner son pain, écrire et chanter sur la scène,

Les comédies de Sheridan sont généralement estimées en Angleterre. I publia d'abord les Æivaux ; l'intrigue de cette pièce était relative à son mariage, Sa Dugène est de beaucoup supérieure par l'esprit et la gaîté qu'il ya mis. La réputation qu’elle valut à l'auteur fut encore conso-

idée par l'Ecole de la médisance: ce drame est un feu roulant de bons mots et de malice piquante ; quand on lit son mélodrame Püizarre et sa comédie, le Critique, on s'aperçoit sans peine qu'ils sortent du même terroir. Si Sheridan eût compris sa véritable vocation, il occuperait une

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Elu membre de la chambre des Communes pour le comté de Stratford, sous les auspices de Fox, en 1780, il devint par la suite un des violents partisans de l'opposition.

Plus spirituel que profond, plus dissert qu'éloquent, Sheridan réussissait à merveille quand il s'agissait de mettre en relief les fautes ou à dévoiler les mauvaises tendences du ministère, I] découvrait par une manœuvre habile le côté faible de la cuirasse de son adversaire ; mais il sème avec trop d'abondance les bouffonneries ; ses images sont prises de trop loin, trop soignées, trop éclatantes, ce qui enlève du nerf à son éloquence ; esprit négatif, il savait détruire et ne pouvait édifier.

Sheridan remplit l'Europe du bruit de son nom pendant vingt-six ans ; l'Angleterre l’a rangé au nombre de ses grands hommes,

Il mourut misérablement après avoir dépensé sa fortune dans le faste et la bonne chair. Le plaisir, la gloire et l'indolence, telles ont été les trois pas-ions de toute sa vie ; la fin de cet homme est indigne de la réputation dont il jouissait,

Shéridan manque d'originalité, toutes ses pièces sont empruntées ou initées ; il n'avait pas le talent de l'invention, mais un sel tout attique, une plaisanterie fine et dévuisée, une gaîté franche, pleine d'une verve intarissable, les ailusions délicates et frappantes sont autant de qualités qui en font un des meilleurs poëtes comiques de l'Angleterre.

Outre les pièces que nous avons déjà citées, il a encore composé St-Patrick's day, farce piquante, et le Comp, divertissement musical,

Il coopéra pendant un certain temps à la rédaction des journaux wighs, l'Anglais et le Jésuite.

George Crabbe (1754-1833), a publié plusieurs poëmes remarquables, entr'autres, The Village, The Nowspaper, The Purish Register, The Borough, Tales in Verse, Tules of the Lil, et une série de contes, Crabbe à peint la nature humaine sous son aspect le moins plaisant et dans ses circonstances les plus malheureuses ; il aime à faire l'histoire des infortunes qui viennent fondre sur le pauvre, et à donner au lecteur les descriptions les plus affreuses de la misère, N'ayant peint que le mauvais côté, il n'a pas envisagé la nature dans son tout; malyré toute sa sévérité, il témoigne de la tendresse en certains endroits.

Samuel Rogers (1822) s'est distingué par son Ode à lu superstition

et «utres poëmes, les Plaisirs de la mémoire, son chef-d'œuvre, le Vogage de Colomb, Jacqueline, la Vie humaine et l'Italie. Un heureux choix d'expressions, une versification mélodieuse, la faculté d'émouvoir les sentiments délicats et de décrire les objets matériels et invisibles avec art et vivacité: tels sont les principaux caractères de son talent,

Un des traits les plus caractéristiques des poëtes de la troisième période est la variété du styie. La plupart des écrivains que nous venons de mentionner se sont inspirés à des sources différentes et ont produit des œuvres aussi différentes, non-seulement quant au fond, mais aussi quant à la forme. Au temps où vivaient Spenser, Shakespeure et Milton, l'imagination parlait en souveraine, et semblable à l'alouctte, la poésie planait dans une sphère supérieure, faisait entendre des chants plus suaves à mesure qu'elle s'élevait plus près du ciel. Au temps de Cowper, Burns, Byron, Crabbe et Scott, ces chants viennent assez souvent d'une sphère moins haute; les sommités poétiques ont été envahies, et la muse cherche des retraites plus obscures pour y porter ses douces créations (1).

Wordsworth s'est proposé dans ses poëmes de choisir les incidents et les situations ordinaires de la vie pour les raconter et les décrire dans le langage généralement usité, en y ajoutant les couleurs de limagination ; cette théorie n’a pu réussir. Le poëte n'a pu intéresser son lecteur, Mais les poëmes de Wordsworth, qui racontent des faits plus importants, sont admirables, entr'autres, sen Æxcursion et La recluse, la Fontaine, Ruth, Nous sommes sept, lu Compluinte de l'Hudien,

La phraséologie de l’auteur est toujours appropriée et personne ne peut saisir avec autant d'exactitude et de facilité les sentiments que comportent ie sujet.

Samuel Taylor Coleridge (1773-1834) n'a pu achever son poëme Cristabel, mais il a laissé un conte, Les anciens marins, une ode au

Mont Blanc et un fragment intitulé Geneviève,

À vingt et un ans, Robert Southey (1774), publiait un volume de poésies contenant un poëme épique sur Jeanne d’Are, suivi d’une pièce dramatique The curse of Kekuma, Roderick, the last of the Goths, et une Vision du jugement complètent la liste de ses écrits. Cetauteur a assez d'originalité, son style, sa pensée, ses plans, tout vient de lui. Il a des scènes touchantes; en général, il ne s'attache pas son lecteur par la

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sympathie, mais pas des images terribles, desquelles le lecteur ne peut détourner les regards,

Thomas Campbell a publié à 22 ans, en 1799, ses Plaisirs de l'espérance, qui prit aussitôt rang parmi la meilleure poésie sentimentale de l'Angleterre, Ses autres écrits sont Gertrude de Wyoming, un autre conte, T'héodric (1824), et des poésies diverses, Elégant, abondant en traits délicats, décrivant les émotions les plus douces avec une tendresse toute féminine, chatié jusqu'à la fastidiosité : voilà en quoi se distingue Campbell.

James Montgomery (1771) est l'auteur de plusieurs volumes de poésies, On aime la pureté et l'élévation de ses pensées, sa versification harmonieuse, et ses sentiments élevés et délicats. Robert Bloomfield publia, en 1809, le Fils du Laboureur, peinture exacte de la vie rustique. À 21 ans, Henry Kirke White était l'auteur d'un poëme le Tombeuu de Clifton. Nous devons à John Leyden (1775-1811) plusieurs ballades.

John Wilson a une grande sensibilité pour les charmes de la nature et déploie du pathétique dans ses peintures malheureuses ; il n’a pas su répandre assez de variété ni donner à son style la rapidité et l'énergie qui enlèvent à un poëme lx monotonie, James Houg a une grande facilité de versification, un style imagé ; il dépeint la nature avec un: vérité et une richesse d'imagination qui charment et étonnent,

La poésie dramatique de cette période est bien inférieure à celles des précédentes époques. I n’y eut guère que le mélodrame qui fut en vogue : on chercha plutôt à tenir l'attention de l'auditoire par des effets théâtrals que par le développement d'une action grande, Les romans du jour devinrent le thème où la plupart des dramaturges calquèrent leurs pièces,

Dans la comédie, à part Sheridan, on cite John O'Keefe (1746-— 1833), dont les drames sont populaires ; Charles Dibdin (1748-1815) qui à aussi laissé plusieurs comédies généralement estimées ; George Colman, fils de l’éminent poëte dramatique de ce nom, Reynold, John Tobin et Thomas Morton.

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