‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 217 sur 221 · DRE · texte numérisé non relu

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fait connaître par sa critique de toutes les sou es de l'histoire de sa patrie. Gérard F, Muller (1705-83), publia plisieurs manuscrits historiques, Le premier, il a publié un journal t éra re, en 1755, à St- Pétersbourg.

L'exemple de cet écrivain trouva de nombreux imitateurs. Novikoff (1744-1818) imprima un grand mouvement à la librairie et répandit le goût de la littérature; il n'avait pas de grandes connaissances, mais il y suppléait par une ardeur infatigable, Tl forma une société typographique, et publia une revue s y ue intitulée Peintre, laquelle eut beaucoup de lecteurs, et ouvrit la carrière à Karamsin.

Vikitisch Marawieff (1757) écrivit sieurs traités d'histoire et de morale qui révèlent un esprit exercé dans la: littérature ancienne etmoderne, Cependant son influence fut presque nulle sur ses contem porains, parce que ses ouvrages n'ont été, en grande partie, imprimés qu'après sa mort,

Alexandre Ier fait époque dans l’histoire de la littérature russe. Reconnaissant que les lumières de son peuyle devaient être la source de sa véritable félicité et de la grandeur de l'empire, il poursuivit avec ardeur ce qu'avait commencé son aïeul., Il porta à six le nombre des universités, fonda quatre académies théologiques et trente-six séminaires. Presque tous les cercles eurent leurs écoles. On créa à l'Université de St-Pétersbourg une chaire de langues orientales, et le talent fut encouré avec une munificence vraiment impériale, Les sociétés savantes se multiplièrent; l'Académie des sciences et celle des langues et de l'histoire reçurent des statuts plus en rapport avec leur destination. Les ministres Rumjansoff et Tolstoy secondèrent cet amour de leur souverain pour les arts et les scie ce. |: nombre des ouvrages imprimés s’accrut tellement que Sop koff, dans son Essai de Bibliogra-

phie russe, comptait 13,249 ouvrages imprimés dans l'empire jusqu'en

Un homme domine la littérature russe à cette époque. Sa prose est claire et brillante : elle se modèle sur celle des grand maîtres de France et d'Angleterre, Cet homme qui fut le créateur de l’histoire en Russie, c’est Karamsin. Il déposa d'abord dans son Journal de Moscou les germes d'une saine critique, puis dans le Messager Européen, À com-

mença à traiter la politique du jour. Son histoire est une mine riche où doivent puiser tous les auteurs jaloux de pénét: r le secret de leur

langue, Mais, suivant l'usage, le troupeau des imitateurs se réveilla, et sans aucune connaissance du caractère de cet idiome, il tenta aussi de le plier aux formes anglaises et françaises ; malheureusement, la force et le génie de Karamsin lui manquaient et grand fut le péril que courut la langue d'abdiquer sa construction slave, Schischkoff s'éleva avec énergie contre cet abus. Il contribua de tous ses moyens à lui rendre sa pureté primitive, On compte encore d’autres prosateurs de mérite, tels que l'historien Bolkovitinoff (1767), le théologien Drozdorf et M, Gretsch, auteur d'une grammaire et d'une histoire littéraire, et longtemps rédacteur d'un des meilleurs journaux de l'empire,

Ditrijeff (1760) a exercé aussi sur cette époque une très grande influence par ses ouvrages, dont le style est correct, et ans lesquels on signale une sage critique, Il a composé des fables, des contes, des chansons qui sont devenus populaires.

Dans ses contes et .s romans Bestuchef excite un vif intérêt par le charme de son style: il unit à une br Ilan e imagination le sentiment le plus vif des convenances. Viasemski affecte dans sa prose un laconisme outré qui donne à ses écrits, riches d'idées, un caractère dur et âpre. Gnieditsch (1788) est renommé par sa traduction de l'Illiade et du Leur de Shakespeare, Schakowski excelle dans le genre comique ; il est aussi fécond que l'allemand Kotzebue, Il a composé plus de cinquante comédies, sans compter ses romans omiques. (1)

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