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POUCHKINE—GOGOL—TOURGUENEFF

La Russie s'était livrée à l’imitation étr ingère depuis un siècle et demi lorsque l'esprit national se révetila et se manifesta par un mouve-

ment littéraire qui se continue encore aujourd’hui, Le poëte qui prépara et dirigea ce mouvement est Alexandre Pouchkine. La litté-

rature russe du dernier siècle était toute française et de cour, à l’exception des œuvres de Lamonosoff et du prince Cantemir, célèbre par ses satyres, elle n'avait rien qui fût national, Avecle XIXe siècle un nouveau rèune commença; la réaction se :t sur .e terrain littéraire comme elle s'était produite sur le terraia politique.

Alexandre Pouchkine naquit en 1799. De bonne heure il fut mis en relation avec les grands littérateurs de l’époque, Karimsine, Dmitrieff

() Voir Dict, de la Conversation. Article Russie.

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et Joukorski, Za Fontaine de Baktchisaraï, le Prisonnier du Cuucase et les Bohémiens, qui marquent ses débuts, sont des poëmes empreints d'un cachet d'originalité locale très remarquable.

Sa nature emportée et indépendante lui valut l'exil qu'il supporta en

homme de cœur, Il publia successivement des essais de critique, des poésies lyriques, des drames, des nouvelles, Le poëme de Paltura et celui de Boris Godounoff ouvrirent à l'histoire nationale une source féconde et à la littérature russe une entrée dans les voies nouvelles de sa destinée, C'est particulièrement dans ses poésies légères, dans ses ballades slaves, dans toutes ses fantaisies que se trouvent répandues avee une profusion royale les qualités d'originalité exquise qui feront à jamais de cet écrivain un des grands maîtres de la poésie russe; c'est également dans ses pièces détachées, dit un critique, qu'il fait chercher la seconde et peut-être la plus brillante expression de la nationalité de sa muse, I n'est pas un chant national qui n'ait en Russie une note mélancolique, pas une mélodie qui ne renferme un soupir ou une larme, Ilen est de même de la poésie populaire, de celle qui demande ses inspirations aux croyances publiques, aux mœurs les plus intimes du foyer domestique, Or cette larme, ce soupir, cette note mélancolique, acquièrent sous la plume de Pouchkine un charme d'une douceur infinie, Kes écrits en prose excitent le même intérêt; ils ont pour ainsi dire renouvelé la langue russe, L'empereur Nicolas l'avait chargé d'écrire l'histoire de Pierre. le-Grand. Sa réputation en Russie était vraiment colossale, Il mourut tout jeune, à 38 ans, tué dans un duel.

Le mouvement littéraire que Pouchkine avait inauguré et qui fut continué après sa mort n'a pas été sans influence sur les tendances nou velles de la société russe. Les écrits de Gogol et de Maïkoff étendent le cercle de l’action littéraire et la font passer des régions aristocratiques dans les régions moyennes de la société.

La vive et brillante individualité de Nicolas Gogol domine le mouvement contemporain des lettres russes, Sous son influence le roman et la comédie de mœurs prirent peu à peu la place des œuvres qui cherchaient à perpétuer la fougueuse inspiration de Pouchkine, Les romans de Gogol font avec ies nouvelles de Tourguenieff les délices. des lecteurs russes. [ls ont été traduits dans toutes les langues.

Nicolas Gogol, dit M. de Kt-Julien, se distingue des écrivains de son pays, par une puissance d'analyse et de création à laquelle la pensée

moscovite s’est rarement élevée. Il est également supérieur, soit qu'il peigne le monde visible avec une verve et une netteté toute réaliste; soit qu'il applique ses facultés d'analyse à l'étude du monde intérieur et des phénomènes les plus secrets de l'âme. Entraïîné vers la satyre par un penchant irrésistible, il sait la retremper et la raffermir par un fond de tendresse particulier à l'esprit slave. Nous les traits de sa verve mordante, on devine la tristesse d'un cœur aimant, d’une âme compatissante- Le romancier moraliste frappe le vice, mais il gémit sur l’homme; sa voix flétrit le mal avec des accents sévères, mais son cœur est plein de miséricorde, Comme moraliste et observateur pénétrant il a rendu des services plus notables encore à la littérature de son pays. Il pensait, comme Pouchkine, que cette littérature ne doit pas se renfermer dans la peinture des aspects extérieurs dela vie, mais qu’elle doit ne rien négliger de ce qui peut mettre à nu l'âme même du peuple, Seulement, ce que Pouchkine avait compris trop tard, Gogol l’a réalisé ; il fait revivre la

pature humaine dans des types patiemment conçus, dans des caractères

gévèrement dessinés. On avait admiré Pouchkine, on sympathisa avec Gogol; grâce à lui, l'action des romanciers et des poëtes, concentrée d'abord dans les hautes régions de la société moscovite, a pénétré jusque dans le peuple.

Gogol a écritles Nouvelles Russes, les Ames Mortes, l'Inspecteur général, ete.

A part Gogol, qu'il faut placer hors ligne, à part M. Solohoup célèbre humoriste, romancier et dilettante littéraire, à part un grand nombre de romanciers et de littérateurs de toutes nuances, l’époque contemporaine compte un talent remarquable, un esprit vaste, dans M. Ivan Tourguenieff (mort en 1883), auteur des Mémoires d'un Seigneur russe: C'est un observateur honnête et consciencieux qui cherche et qui trouve, Il se complaît dans les détails ; il sait surprendre, dit P. Mérimée, les maux du cœur humain et ies décrit avec esprit et finesse, comme Ste, ae dans son Voyage sentimental. Ka manière offre une certaine analogie avec celle de Gogol. Comme l’auteur des Ames mortes il s'arrête aux accessoires, S'il est question d'une chaumière 1} en compte les bancs et ne fait pas grâce du moindre ustensile, Ce goût, ce talent, pour décrire est une qualité, ou, si l’on veut un défaut commun à la plupart des écrirains russes, Je ne connais que Pouchkine dont la manière soit vraiment large et simple, et qui sache, avec une merveilleuse sûreté de goût, choisir

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LITTÉRATURI RUSSE. 541

entre mille traits celui qui doit vivement frapper son lecteur. Sur Gogol M. Tourguenieff a un avantage qui, à mon sentiment, est considérable, Il fuit le laid que l'auteur des Ames mortes recherche’avec tant de curiosit. On voit dans tout ce qu'il écrit un amour du bien et du beau, une sensibilité communicative.

M. Tourguenieff, passa presque toute sa vie en France. KSes idées libérales avarcées le tinrent toujours à distance de la cour impériale de Russie,

ÉPOQUE CONTEMPORAINE

L'avénement d'Alexandre IT marque l'aurore d'un nouveau movvement littéraire. Dès les premiers jours de son règne la censure fit preuve d'une tolérance inconnue jusqu'alors. On put sans crainte aborder des questions qu'il n'avait jamais été permis de discuter, et la presse commença à jouir d’une liberté relative, On vit naître alors une littérature de révélatior qui prit pour tâche exclusive de dévoiler les abus de l'administration, les faiblesses et les vices de la nation, et de montrer au gouvernement les réformes à opérer. Le premier écrivain qui suivit cette voie fut Saltikof, dont es £squisses provinciales (1857) produisirent une immense sensation dans toute la Russie, et que suivirent un grand nombre d'imitateurs, entr'autres Pisemski, dont les Hille âmes (1858) décèlent un talent de premier ordre ; Poticchin, Ostroski, les nouvellistes Slepzor, Grigorovitch, Kororiv, Pomialovski (mort en 1863) et plusieurs autres qui retracent les scènes de la vie ordinaire, Ces écrivains sont trop réalistes et leurs ouvrages manquent de poésie et de sentiment. C’est en vain que Tourguenieff et Solohoup ont protesté contre cette dégradation du goût, ils n’ont pu triompher des tendances dominantes du jour. La poésie elle-même a été envahie par l'esprit de réalisme outré qui domine dans les œuvres de Nekras-ov et Nikitine (1826-1861). Il convient cependant de citer comme faisant exception à cette règle les poésies de Maïkof, de Stcherbina, de Tiontschef, de Rosenheïm, et de Meij (mort en 1862). Les poésies du comte Alexis Tolstoï, remarquables par le fond et par la forme, semblent marquer le début d'une réaction du goût public, à laquelle la littérature russe devra reprend'e sur la société l'influence dont elle jouissait au temps de Jouchofsk', de Pouchkine et de Lermontof.

La littérature russe, disent MM, Artamof et Armengaud, est pleine

de couleur et d'originalité. Elle attaque franchement la peinture de mœurs et lui donne un cachet magistral. C’est la vie réelle prise sur le fait, On peut citer comme chef-d'œuvre du genre, la comédie du Contrôleur de Gogol. Evidemment l'art russe emprunte beaucoup à l'art français, mais cet emprunt disparaît sous la couche du sentiment national. Dans le vaudeville par exemple, l'esprit parisien se naturalise russe à tel point que l'homme du peuple fredonne dans les rues de St-Petersbourg le même couplet qu'on a entendu dans les quartiers populaires de Paris, sans se douter de cette fraternité de la chanson à 800 lieues de distance.

Les Russes, dit M. Xavier Marmier, ont des poëmes épiques, des comédies, des tragédies; mais ils n'ont à vrai dire ni drame ni épopée, Leurs pièces de théâtre ne sont de leur aveu même que des œuvres factices, embellies par un certain art, des mosaïques, des marquetcries qui parfois ne manquent ni d'élégance, ni d'éclat, mais qui n'offrent rien de monumental. Pouchkine est, de tous leurs écrivains, celui qui avait le plus de force de conception et le plus d’habileté à mettre en scène des personnages, à nouer des événements, C'est à lui que les Russes doivent leur meilleur drame historique, le drame de Boris Godounof, calqué pour la forme sur le théâtre de Shakespeare, mais empreint d’une vive couleur nationale. C’est de l'histoire mise en scène, et comme l'époque qu'il dépeint, les personnages qu’il représente ont un caractère éminemment dramatique. Le poëte, pour donner cette qualité à son œuvre n'a pas eu besoin d'expliquer l'histoire, il en a fait seulement ressortir quelques détails encore obscurs et la décore avec art. Les meilleures comédies russes, qui aient paru jusqu'à présent, ont une tendance satirique et touchent à la politique. Von Wisin a fait, dans une de ses comédies, une vive critique de l'éducation, des préjugés et des abus de pouvoir des petits gentilshommes de province, de ces despotes du village qui croupissent dans l'ignorance et s'abandonnent gans réserve à leurs caprices vulgaires ou à lurs passion brutale, Kapinst, dans sa comédie intitulée la Chicane, à fait une énergique peinture des actes de vénalité, des exécutions arbitraires qui souvent se cachent en Russie, sous le voile de la justice, Récemment, Gogol a exposé sur la scène les calculs scandaleux et les ridicules qui entachent encore la plupart des administrations de l'empire, Cette pièce accrbe, pleine de vérité et pétillante d'esprit, a obtenu un grand succès.

Griebogiedof, qui a été massacré par la population de Téhéran, où il remplissait les fonctions de ministre plénipotentiaire russe, à écrit aussi une comédie satirique un peu exagérée, mais vive et piquante, où il raille avec gaieté les formes prétentieuses des salons de Moscou, On cite encore Kamakof, à qui l’on doit de nombreux drames et tragédies ; Kriloff et le comte Solohoup, qui ont écrit plusieurs comédies distinguées ; mais dans tout cela on trouve bien peu d'originalité, et l'on peut affirmer que la littérature dramatique russe n'existe pas encore,

Un des plus anciens éerits de la littérature polonaise est la Chronique Slavo-sarmaticum de Procosius qu'on prétend avoir été le premier évêque de Pologne, Cette compilation historique n'est pas sans quelque valeur littéraire. Mais la littérature polonaise ne commence à prendre une allure régulière qu'au XIe siècle, Alors apparaissent les chroniques de Gallus, écrites en latin; de Nicole Kallubek et de Boguphalus ; la chronique des papes et des empereurs allemands de Stryembski, mort en 1279, et l'ouvrage intitulé: Zes gesta principum et regum Polonine, par Kadlubski.

Un assez long intervalle s'écoule pendant lequel on ne trouve aucun ouvrage important jusqu'au règne de Casimir le Grand, (1733-70) qui annonça à la Pologne un meilleur avenir, Ce prince ne se borna pas à construire des villes, il publia un code, convoqua le premier des diètes, favorisa l'agriculture et les métiers, et fonda, en 1347, l'Université de Cracovie, qui, rétablie de nouveau en 1400, ne prit cependant de l'essor que dans le XVIe siècle.

Eu 1480, Jean Dlugosz, évêque de Lemberg, publia une histoire de Pologne, En 1488, la première imprimerie polonaise fut établie à Cracovie ; l'époque était favorable, Sous le règne heureux des deux Sigismond (1507-72) se montre la véritable littérature polonaise, et, en peu de temps, elle arrive à un degré de perfection extraordinaire. Depuis le règne énergique d'Etienne Bathorp (1576-85) l'activité littéraire se ralentit. Sous ses successeurs, le grand général Zamoyski excice uue grande influence par son exemple et ses libéralités ; mais il est ie dernier protecteur de la littérature nationale, qui succombe enticrement sous le règne du faible Sigismond,

Si, à dater de cette époque, la littérature polonaise ne put se relever de son abaissement, il faut en rechercher la cause dans la situation malheureuse de ce pays, décimé par des dissentions intestines, continuellement en guerre avec ses voisins, et dont la nationalité était À chaque instant menacée, Sous le règne même des rois Saxons elle ne put reprendre son essor; ce ne fut que sous Stanislas Pomatowski, lui-même très versé dans les lettres, que la littérature polonaise prit un si puissant développement que, même au milieu des orages politiques qui ballotèrent ce malheureux pays jusqu'au moment où ils achevèrent sa ruine complète, elle put, jusqu'en 1830, survivre au naufrage,

La littérature polonaise ne doit point être considérée dans ses rapports avec les progrès des sciences, bien que sous ce point de vue elle puisse encore s’enorgueillir de plusieurs ouvrages importants; mais elle mérite surtout l'intérêt de l'observateur par sa tendance toute nationale, portée à un degré tel qu'on en trouve peu d'exemples chez les autres peuples. À aucune époque elle ne manque de cet esprit caractéristique. Du reste elle côtoyait pas à pas la vue de la nation et de là l'absence totale de philosophes et de mathématiciens, à l'exception pourtant des astronomes Copernic, Voczabut, Jean Sniadecki, et des physiciens Rogalinski, et Snsinski, Mais en revanche, il y a abondance d'historiens et de poëtes nationaux.

Le peintre Nagurezewski traduisit l'Uliade, les Eglogues de Virgile et d’autres ouvrages de l'antiquité. L'excellent critique Dmochowski reproduisit aussi l'{liade dans un style plein de noblesse et d'élégance, Voczykelski publia une version estimée de l'Odyssée. D'autres Polonais donnèrent des traductions des chefs-d'œuvre étrangers: de la /érusalem délivrée, d'Ossian, des œuvres d'Horace, de Tacite, etc,

Comme historiens, il faut eiter avant tout Shyikowski, le chroniqueur luticrien qui se fait remarquer par le choix judicieux des sources où il a puisé; Stanislas Koleierzyeki, qui a publié l'histoire latine vraiment classique, l'Histoire de Vlaudislus IV; le courageux Paul Viasecki, Vespasien Kochowski, fort estimé pour l'indépendance de son esprit exempt de préjugés, et surtout le jésuite Narusycewicy dont les tra-

aux sont justement aduurés pour la profondeur des recherches et l'animation des tableaux qu'ils renferment; ce dernier avait commencé l'histoire générue de la Pologne, que plusieurs membres de la société royale des sciences de Varsovie se chargèrent de continuer.

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Niemcewiez, estimé à la fois comme homme d'état, guerrier et poëte, a publié en 1815 des Chants historiques en six volumes. Cet ouvrage contient aussi une histoire abrégée de la Pologne avec le récit des événements auxquels ces chants font allusion. Le comte Patocki a rendu de grands services à l’histoire des beaux-arts en publiant son Winkelmann Polonais (1816) ; on a aussi de lui une rhétorique et un recueil de ses discours et harangues. Le comte Swakovwoki a publié un magnifique ouvrage sur l'architecture et Batzmowicy un traité d'agriculture.

Le plus ancien et le plus beau monument de la poésie polonaise est l'ouvrage du père Kochanowski (1554-1584) composé de psaumes, de chants lyriques et élégiaques et d’un poëme sur le jeu d’échee. Simon Symonowiz, et Stanislas Grochowoki sont encore cités comme des modèles, le premier dans l’idylle, le second dans la poésie lyrique ; mais en revanche, Vespasien Kochow:ki et J. Twardowski, poëtes du XVITe siècle, n’ont pas toujours eu un goût bien pur ; le dernier cependant se fait remarquer par une riche imagination, Parmi les modernes on cite

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plusieurs noms illustres, Brozinski, doué d’un génie ardent; Jean

Kruszynski, estimé pour la pureté de son goût; Antoine Gorecki, habile dans l'épigramme, mais dont le style est incorrect : Veroneiz poëte national et pindarique. Les poésies lyriques et élégiaques de Karpinski, qui se recommandent par une noblesse d'expression peu commuue et par un sentiment profond et sympatique. L: grand et infortuné roi Stanislas Leyxzunski était lui-même auteur de poésies fort goûtées. Mais un seul écrivain plane sur cette époque, c'est l'évêque primat Jenace Krasicki, mort en 1802, poëte et prosateur classique, satyrique mordant, et écrivain plein de génie ; c’est encore à lui que l’on doit le poëme intitulé Woyna Cocimska, et une traduction d’Ossian, En 1817, Dyma Tomascewski publia un poëme historique en douze chants sous letitre de Jagellonida. Il parut en 1830 une épopée nationale la Léchiade, due à la plume habile de Paul Weroniez, archevéque primat de Varsovie, auteur de la Petite Emilie.

Lalittérature polonaise est féconde en chants populaires, en ouvrages dramatiques. Ses œuvres dramatiques imprimées, depuis 1770 jusqu’à 1794, forment plus de 5660 volumes.

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