HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE, LITTÉRATURE BOHÊME
La littérature bohême a einq âges. Le premier con mence au temps des mythes et s'étend jusqu'en 1409, Nous n'avons pas de documents écrits importants avant le Xe siècle. On date de cette époque une chanson intitulée Hospodine Pomiluyny, qui se chante encore aujourd'hui en Russie et en Pologne. Nous n'avons aucun ouvrage complet du XIe siècle. Le XTTe et le XIIIe furent plus féconds. Rozmbarka écrivit en 1290 quelques poëmes remarquables. Plusieurs chants nationaux apparurent à cette époque ; ils ont fait l'admiration de Goëthe. Il faut joindre à ces restes précieux un écrit en prose intitulé Plaintes d'un amant sur les bords de la Moldau, un fragment d'une histoire de la passion de Jésus-Christ en vers rimés, des fables, des satyres,
Le XIVe siècle est déjà beaucoup plus riche, L'Université de Prague fut fondée en 1348. Prague était alors la ville la plus peuplée de l'Allemagne, Les sciences s'y alliaient avec les arts et le commerce. Dalemil Mezericky composa une histoire de Bohême en
‘vers; Ondregz un recueil de lois bohêmes; Wawrinecz Brezawd une histoire des empereurs romains et une traduction des voyages de Mandeville ; Vulkawa une histoire de Bohême et une histoire de l'empire jusqu'à Winceslas. On a encore (le la même époque une foule de vocabulaires, de poëmes et de morceaux lyriques; de plus, une traduction de la vie d'Alexandre-le-Grand, une vie de Charles IV, un poëime sur la mort du roi Jean, une description du tournoi de 1315.
La seconde période commence à Huss en 1409 et se termine à l’an 1500. C’est à cette époque que la langue et la nation bohêmes prirent un essor beaucoup plus élevé. Huss, Jérôme de Prague et Jacoblus contribuèrent à l'avancement des lettres bohômes par leur controverse religieuse, Leur supplice réveilla la verve nationale, il s'en échappa des plaintes aussi amères que mordantes. Parmi les monuments do cette époque il faut aussi placer quelques chansons de Prague et quelques chants de guerre des Taboristes. Lupue donna une traduction de la bible, Prachatitzki écrivit un traité de médecine, Kabalnyk la relation d'un voyage à Jérusalem; Cornelius de Wsehrd consacra neuf livres à la jurisprudence.
La troisième période, qui commence à l’an 1500 et s'étend jusqu’à l'an 1620, peut s'appeler à juste titre l'âge d'or de la littérature bo-
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hôme, car la langue atteint le plus haut degré de perfection, On se ) Le] è livra avec ardeur à toutes les branches des connaissances humaines et on
les porta à un degré de culture inconnu jusqu'alors. Sous le seul règne de Rodolphe IT, on compte plus de 160 savants,
La quatrième période commence à l'an 1620 et finit à l'an 1774. Ce fut une époque de décadence et de dépérissemente intellectuel. La lan-
gue bohôme commença à disparaître petit à petit pour céder le pas à a l'allemand,
ÿ Dans la cinquième période, qui s'étend de 1774 à nos jours, un nouveau rayon d'espérance vint ranimer la littérature bohême. La langue nationale fut remise en honneur et cultivée de nouveau, L'époque précédente était déchue par le fanatisme relig:eux, l'époque actuelle prit un essor plus encourageant avec l’action de la liberté religieuse et politique. À l'ombre de la protection de l'Autriche, protection si chè-
| rement achetée, quelques hommes de talent, animés par le souvenir de | la gloire de leurs ancêtres, s'exercèrent dans tous les genres de la littérature et des sciences.
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> ss LA LITTÉRATURE HOLLANDAISE, | Trois races principales ont peuplé les Pays-Bas : celle des Saxons, des | Francs et des Frisons. Les Saxons, forcés de quitter leur patrie, donnèrent à la province qu'ils envahirent le nom de Flandre, dérivation de l'épithète de Flamands (fugitifs) qui exprimait leur situation. D'au- : tres Saxons se répandirent dans les districts de Drenthe et de l'Overñ yssel, qui forment aujourd’hui deux provinces du royaume de Hollande. | | Les Francs se fixèrent d'abord dans le Brabant, et au VITTe et au IXe | Es siècles ils étendirent leur domination sur une partie du sol conquis par | À les Frisons qui furent alors refoulés sur les côtes de la mer du Nord. ' La fusion des idiômes de ces trois peuples forma l’ancien néerlandais, Ë De ce dialecte grossier surgit peu à peu la langue littéraire, la langue É écrite, que l’on divisa encore en deux dialectes, le hollandais et le flamand; le premier est resté plus près de la source, le second a été altéré par le . “ français.
La littérature hollandaise se divise en littérature ancienne et en littérature moderne.
L'ancienne littérature hollandaise a beaucoup imité et peu inventé. Elle subit l'influence des deux grands peuples qui avoisinaient les Pays- Bas et même l'influence de l'Espagne et de l'Italie, qui tour à tour morcelèrent ces contrées, Les circonstances ont donc beaucoup favorisé ce penchant d'imitation ou de traduction ; tellement que tous les anciens romans de chevalerie, en vers ou en prose, se retrouvent dans l’ancienne littérature hollandaise, On y lit, sous des aspects peu différents, les romans du cycle d'Arthur et du eyele de Charlemagne, Ce penchant d'imitation s'explique d'ailleurs par l'esprit pratique qui caractérise le Hollandais. La Hollande n'est nullement romantique. La nature n'y favorise pas l'imagination, Son aspect est peu poétique. L'homme a dû, avec beaucoup de travail et d'effort cultiver et améliorer le sol ; l'atmosphère est nébuleux, les points enchanteurs font défuut, rien ne porte à l'ivresse des sens; partout la réalité, Le hollandais est pratique par habitude et par nécessité. La littérature chevaleresque et galante, ou pour mieux dire, la littérature romantique, ne fut acceptée que par la noblesse, mais ne devint jamais l'expression populaire. On chercha plutôt à la combattre. Au XITTe siècle, il se forma une école antiromantique; Maerlant en fut le chef. Il commença par blimer ces traductions sans cesse renaissantes des littératures étrangères, puis il ouvrit une voie nouvelle à l'inspiration par ses ouvrages, Il traduisit, sous le titre de Bible rimée, la Historia scolasticu de Pierre Comestor; sous le titre de Bestiaris, le Liber rarum 4’'Albert-le-Grand, la Vie de St-François et le Speculum tristoriale de Vincent de Beauvais. Ses ouvrages eurent une grande vogue et on le surnomma le père de la poésie. A la même époque Melis Stoke écrivit une chronique rimée de Hollande. Les œuvres de ces deux écrivains détournèrent définitivement l'attention publique de la littérature étransère et formèrent les éléments de la poésie nationale, poésie sèche, mesurée, didactique, qui, suivant un critique, s'appuie sur la Bible et sur les livres de morale, et se distrait de son enseignement dogmatique par quelques pages d'histoire naturelle ou quelques innocentes descriptions de paysage. Cette première partie de l'histoire de la littérature hollandaise n'est donc intéressante à étudier que sous le rapport philosophique. Cependant, il reste encore debout deux poëmes qui ne ressemblent
pas aux autres et qui se conservèrent à travers les âges, semblables à ces vieux monuments de granit que le temps n'a pas encore usés: l'un à
‘a pour titre Ælégast et Charlemagne, l'autre est le roman de Maître | 1 Renard.
$ Fi Le premier est le récit d'une de ces mille aventures attribuées à à A Charlemagne ; il se rapproche assez du genre en honneur chez les 9 Trouvères. Nulle traduction ne peut rendre le style naïf de cette ù étrange histoire. Le second est une variante d’une légende populaire ( du moyen-âge.
: Le moyen-âge, époque féconde en grands événements, en grands e hommes et en grands préjugés, avait répandr au sein de l'Europe ; ces histoires traditionnelles où le mystérieux et le surnaturel, produits 5 soudains de l'ignorance, occupaient une large part. De grandes insà titutions et des événements importants, comme la chevalerie, les croi- T sades, la féodalité, le réveil des langues nationales et avec elles l’origine u des littératures européennes, avaient contribué à alimenter ces romans fl ë de chevalerie et de galanterie qui, prenant tous les tons, devisaient sur à lA tous les sujets. On connaît les romans de la cour de Charlemagne, de l- Ë la Table-Ronde, les Amadis et les Miebelungen : épopées gigantesques, T £ remarquables, sinon par le génie, du moins par une imagination brillante 8, î et une fécondité intarissable, On connaît les productions des Trouvères l ë et les chants des Troubadours en France, le Romancero en Espagne et "e les inspirations des Meistersaengers en Allemagne, ces hommes de la d, gaie science, allant de par l'Europe, le luth harmonieux de la poésie 1- constamment suspendu à leurs lèvres. Souvent il arrivait que, s’inspile £ rant des premières aspirations de la liberté, ils redisaient à l'Europe Le . asservie des chants pleins de vérité et de hardiesse. C’est alors que | bi- l'on vit apparaître ces satyres politiques si effroyablement dangereuses iù Ë pour les despotes. Ces chants, répétés de toute part, faisaient crouler 6; d les murs des cités liées à la féodalité et préparaient l'établissement des 8, ; communes ; C’étaient la Divine Comédie en Italie, le Pantagruel et le es É Gargantua de Rabelais et la Sutyre Menippée en France ; la Vision de LE à Pierre Ploughman et les Contes de Canterbury du vieux Chaucer en st ; Angleterre ; le dialogue de Jean Ruiy, ce Rabelais de la Péninsule, ct
la Celestina, drame antérieur à toutes les scènes modernes, en Espagne ; nt
lu Langue des Fous de Brand, en Allemagne et le Roman de Maitre Renard, en Hollande.
Qu'est-ce que le roman de Maître Renard ?
La légende remonte au XIITe siècle et la morale est de tous les siècles, Le roi des animaux tient un jour sa cour plénière : il assemble toutes les bêtes. Le renard seul fait défaut: ce manque de respect déplaît au roi. Les courtisans en profitent pour l'accabler d'une foule de méfaits; chacun porte sa plainte; le lièvre même dépose contre lui, Sa mort est décrétée, On appelle la victime à grands cris, L'ours d'abord, puis les autres, constables d'un nouveau genre, courent de repaire en repaire pour y découvrir leur proie et l'amener prisonnière devant le roi, Le renard, habile créatu e, leur tend des pièges, II fait tant et si bien que tous ses ennemis viennent y périr tour à tour. Alors, réfléchissant, il se dit: jouons de ruse, allons trouver le roi, soyons contrit, faisons la pénitence publique et rendons-nous à Rome s'il le faut. Il exécute son des-ein, se présente devant le roi, évente un prétendu complot tramé contre la famille royale et reçoit la liberté et les premières dignités en échange de son secret......Aïnsi va le monde, le pouvoir est au plus habile et l'intérêt se revêt du nom de justice,
Jacob Grimm dit que cette satyre de la société est, après la Divine Comédie, le meilleur poëme du moyen-âge,
La poésie lyrique a été beaucoup cultivée à cette époque en Hollande: Il existe encore de nombreux recueils de poésies religieuses. Le XVe siècle surtout est fécond en chants religieux. La Fille du Sultan est une des meilleures pièces dans le genre,
Les chants de guerre et d'amour, les romances, les ballades occupent ane place importante dans l’ancienne littérature hollandaise.
On y retrouve cette naïveté poétique, cette effusion de cœur, cette variété, qui animent et réveillent l'intérêt en l'excitant. Le Comte de Floris, Guillaume de Nassau, les Pains de pierre, le Chasseur de la Grèce, Trois Jeunes Filles sont des chants dignes des meilleurs Iyriques de l'Allemagne,
Ainsi, remarque Marmier, au XIVe et au XVe siècles le peuple hollandais racontait en vers crossiers encore, mais pleins d’une douce émotion, l'événement qui l'avait frappé; et pour donner plus de force et de popularité à ses sympathies politiques ou à ses principes de morale, il encadrait ses idées dans le récit d'un fait dramatique. Mais bientôt le langage étudié et prétentieux des Chambres de Rhétorique l'emporta sur ces naïves compo-itions, et les ballades d'amour et les pieuses légen-
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des, œuvres de sentiment, d'originalité, de candeur, disparurent sous le le manteau brodé de la littérature académique.
L'organisation sociale de la Hollande, la tendauce pratique des esprits, tendance qui se manifeste déjà dans le. annales de cette contrée, n'étaient pas de nature à donner un grand essor à l'imagination des poëtes. Tandis qu'en France, en Allemagne, les grands seigneurs appeluient la poésie dans leur château, dans leurs tournois, et lui donnaient pour ornement l'écharpe brodée par une main chérie, ou le blason conquis sur un champ de bataille; tandis que la chevaleresque Espagne chantait sous les orangers de Grenade, la grandeur des rois Maures et le triomphe du Cid; tandis qu’en Italie Boïardo et l’Arioste faisaient revivre dans le merveilleux caprice de leur imagination, les riantes et glorieuses traditions du moyen-âge, tandis qu'en Angleterre Spenser consucrait dans sa Æeine des fées les dosmes symboliques de la chevalerie, et que Shakespeare, de sa main gracicuse et puissante, broyait tour à tour sur sa palette immortelle les roses de l'Orient et les sombres couleurs du Nord, en Hollande, les grands seigneurs succombaient l’un après l’autre dan: le désordre des guerres civiles. La féodaiité était vaincue par le commerce, la noblesse par la bourgeoisie, De bonne heure les villes de Flandre et de Hollande s'élèvent et prospèrent par l'habileté de leur calcul et les efforts de leur industric ; et s’il y a dans ces villes une corporation qui défend avec intrépidité ses priviléges, un Arteweld qui faittrembler Louis XT, il n’y a point de Médicis, Cependant, comme il faut que la poésie, cette fleur du ciel, jette partout ses racines, et germe partout sur les rocs sauvages du Nord comme dans les jardins embaumés de Sacountala, sous l’humble toit de l'ouvrier, comme sous les plafonds dorés des châteaux, la poésie éveilla l'attention des bourgeois de Hollande, Ils l'accueillirent avec une grave bienveillance, comme une ingénieuse distraction qui devait être soumise à certaines règles et qui pouvait avoir ses agréments à certaines heures. (1)
Ce progrès s'opéra au moyen de sociétés littéraires appelées Chambres de Rhétorique, disséminces en différents endroits du pays, et dont le but était la culture de la langue et de la poésie. Mais comme la tendance
@) Marmier, Æn Amérique cten Europe p. 228,
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de ces associations étaient encore plus morales que littéraires, elles s'occupaient surtout de sujets religieux et faisaient représenter des mystères et des banalités bibliques. Rarement il leur arrivait d'entrer dans des sujets profanes. Ces Chambres se propagèrent rapidement de Hollande en Belgique, en sorte qu'au XVIe siècle on en comptait deux cents ayant leur devis ‘17 blason, leurs doyens et leurs poëtes. Les guerres de religion leur porwent un coup fatal. Le but qu'elles s'étaient proposées ne fut jamais atteint. Elles n’ont laissé que des œuvres fades, incorrectes et de mauvais goût.
Au XVIe siècle l’ardeur avec laquelle les lettrés étudièrent l’antiquité et les idiômes grecs et latins contribua à entraver le développement de la langue Hollandaise. Erasme lui-même, dont on ne lit plus es œuvres, écrivit son Eloge de la folie, et ses autres ouvrages, en latin,
Enfin, vers la fin de ce siècle d’érudition, parut un homme qui voulut bien mettre sa science au service de la littérature nationale; c’est Dick Coornhert, caractère noble, courageux, vétéran qui devint la victime de l'intolérance de son époque. Ses œuvres sont l'expression fidèle des idées de dévouement et de liberté qui l’occupèrent toute sa vie. On a de lui un traité de morale intitulé: Dialogue sur le bien suprême, une grammaire hollandaise, un Vocabulaire étymologique et grammatical et une traduction du De officiis de Cicéron.
Le XVIIe siècle fut l’âge d'or de la littérature hollandaise. Le commerce parvint à son apogée. De nombreuses et savantes académies ouvrirent leurs portes à une jeunesse empressée, en sorte qu'à cette époque, la Hollande acquit une véritable supériorité en Europe.
Hooft fit représenter, au commencement du XVIIe siècle, la première pièce à laquelle on put réellement donner le nom de tragédie. Le sujet était tiré d’une vieille tradition hollandaise du moyen-âge: elle avait pour titre Gerard de Velzen.
Après avoir voyagé dans plusieurs contrées de l’Europe, Hooft rapporta en Hollande le goût de l’imitation; ses premières pièces sont calquées sur l’Aminte du Tasse et le Pastor fido de Guarini. Cependant, à part limitation, il y avait dans ses écrits un talent de style, une harmonie de langage et une certaine hardiesse de pensée qui ne sont pas sans mérite ; elles indiquaient le talent réel et pronostiquaient la chute de limitation. Ses autres écrits marquent beaucoup plus d'originalité. Il publia des poésies fugitives et des chansons érotiques. Ses écrits en
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prose sont d'une valeur incontestable. On a de lui une Vie de Henri IV etune Zlistoire de Hollande, à partir de l’abdication de Charles Quint jusqu’à l'assasinat de Guillaume Ier (1535-1584). La mort le surprit au milieu de ses travaux. Tacite était son modèle favori.
Avec plus de génie poétique et plus de goût que son contemporain, Vondel, amant de l'antiquité, publia en 1639 une traduction de l’Electre de Sophocle, La plupart de ses tragédies sont empruntées à l’histoire de la Bible. C’est Saut, c'est Solomon, David, Joseph, Jephté, et enfin Lucufer, son chef-d'œuvre. Cette dernière pièce fut publiéeen 1654. C’est une grande et belle œuvre qui suffirait à e seule pour sauver la littérature hollandaise de l'oubli, KEn Hollande, on ne manque pas de faire remarquer que cette création littéraire est plus ancienne de 13 ans que le Paradis perdu de Milton, insinuant l'emprunt qu'en aurait pu faire le chantre épique de l'Angleterre. Sans discuter le mérite de cette idée, vontentons-nous de dire que la pièce de Vondel ne saurait être comparée au Paradis perdu, ni pour la hardiesse de l'invention, ni pour la hauteur des pensées, ni pour la pompe du récit.
Ses premières pièces, la Destruction de Jérusalem (1620), Palamède, Gilbert d'Amstel (1638), sont d’un caractère plus timide, le talent de Vondel se révéla à mesure qu’il avança dans la carrière littéraire. C’est une des gloires de la littérature hollandaise. Il mourut en 1679.
Cats (1577-1660), contemporain de Vondel et de Hooft, est le plus populaire %es poëtes hollandais. L’admiration de ses compatriotes pour lui est un trait de mœurs caractéristique. Qu'on se figure, dit un de ses critiques, deux volumes in-folio, serrés et compactes, remplis de quatrains, de fables sentencieuses, de madrigaux qui, sous un voile mythologique, renferment un précepte moral, des descriptions souvent froides; çà et là des vers latins, des inscriptions, des idylles: ce sont les œuvres de Cats, Les Hollandais aiment les compositions didactiques et sérieuses, ces stances qui gravent dans leurs souvenirs une pensée utile, un dogme de la vie pratique. En Hollande, chacun lit les œuvres de Cats; on les retrouve dans toutes les familles à côté de la Bible, on le: apprend par cœur, et lorsqu'on parle de lui, on ne l’appelle que le bon père Cats. Un sentiment honnête et vertueux éclate à chaque page et l’on éprouve en les lisant beaucoup de bien-être,
Avec le XVIIIe siècle apparaît l'imitation française ; Boileau Corneille, Racine, et les classiques devinrent les idoles des Hollandais.
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Hoogvliet, Nomsz, Mme de Merken gâtèrent lenr talent par une fade imitation, Longendyk prime les autres écrivains à cette époque; il ne manque pas de verve ni d'esprit. Ses comédies humoristiques peiguent assez bien certains ridicules ; mais en général il a peu d'invention.
Von Haren appartient au XVIIIe siècle. Ses productions sont oubliées de nos jours. Il a écrit, en vers baroques, un long poëme épique intitulé Friso. C'est le récit des aventures fabuleuses d’un héros batave qui, des rives fleuries de l'Inde, vint peupler les marécages de la Hollande, Un des frères de Von Haren fit, lui aussi, un poëme épique dont le sujet se rattache à une des plus belles époques de l'histoire de la Hollande ; il n’a pu se sauver du naufrage de l'oubli,
Les Hollandais ont eu tort de comparer Poot à l'Ecossais Burns ; autant le premier a de la sécheresse, autant le second a de la fraicheur et du sentiment,
Bellamy naquit en 1757 et mourut en 1785, âgé de 28 ans seulement ; c'était un talent véritable pour la poésie, mais qui malheureusement ne put atteindre toute sa maturité. I[la laissé quatre petits poëmes de poésie lyrique; on cite surtout Æosette, pièce des plus touchantes. Le Traître à la Patrie est écrit avec une noblesse de sentiments qui donne une haute idée du talent lyrique de Bellamy.
Les contes, fables, pièces relig'euses et morales de Von Alphen ne sauraient être mises au nombre des œuvres d'art. Feith jouit encore en
Hollande d'une grande réputation. Il a réussi dans la poésie lyrique
et dans le drame, Ila des odes inspirées par un grand sentiment patriotique, telles sont: Aux Ennernis de la Néerlande, Hymne à la liberté, lu Victoire de Doggersbank, l' Amiral de Ruyter. Ilest parfois mélancolique. Son roman sentimental Ferdinandet Constancia parut une véritable poésie aux Hollandais positifs. Son poëme, les Tombeuux, ressemble aux Muits de Yong, C'est son meilleur écrit,
Helmers (1767) a consacré ses chants à célébrer la gloire ou à déplorer les malheurs de son pays. Dans son poëme intitulé le Génie du mul il peint la révolution qui allait éclater en Hollande, Son œuvre capitale, {4 Nation Hollandaise, est une sorte de panégyrique en six chants où l’auteur exalte les vertus et les exploits des héros de sa patrie. On rattache encore à cette époque l'Histoire des Pays-Bas par Wagenaar.
Avec le XIXe siècle parut en Hollande le romantisme ; il forme de nos jours une école hardie et vivace. Bilderdyk, génie prodigieux, | poëte, jurisconsulte, médecin, historien, astronome, antiquaire, chimiste —, dessinateur, philosophe, ingénieur et critique, a le plus contribué à cette nouvelle tendance de la littérature. Ses œuvres se composent de plus de trente volumes d'arts, de sciences, de littérature : il a touché toutes les questions, discuté toutes les théories et jeté au milieu des paradoxes parfois les plus étranges, les éclairs les plus merveilleux. Il est le premier guide d’une foule d’esprits studieux et entreprenants, le chef d’une nouvelle littérature.
La littérature hollandaise compte de nos jours des écrivains pleins de k mérite et de zèle. Il faut surtout citer M. de Clercq, auteur d’un excellent travail sur l'Ænfluence des diverses littértaures étrangères en Hollande; M. de Gonghe, d'une Histoire complète de la marine, M. J, de Brie, d’une Jistoire de la littérature néerlandaise ; M. Genysbrek, d'un Dictionnaire biographique et ontologique. M. Vander Berg a écrit un grand nombre de romans et plusieurs volumes de poésie et de critique.
Ajoutons ici, écrivait M. Marmier en 1840 (1) que la littérature hollandaise à travers les différentes phases par lesquelles elle a passé, au milieu même de son penchant à l'imitation, a conservé une physionomie distincte et des qualités sérieuses qu'on ne retrouve pas ailleurs si durables et si continues, l'élégance dans le style et la moralité dans la pensée. Là les œuvres de l'imagination sont dominées par la raison, La littérature se traite un peu comme les affaires, avec calme et prudence, Il ne s'écrit | pas un livre dont la mère ne puisse défendre la lecture à sa fille. Il y * a en Hollande 4000 poëtes inscrits dans les fastes littéraires et des milliers de poëmes imprimés sur grand papier, reliés, ornés de vignettes,