‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 48 sur 221 · HORACE · texte numérisé non relu

HORACE

Quintus Horacius Placeus, le seul rival digne de Virgile chez les Romains, naquit à Venousse, dans l’Apulée, le 8 décembre de l'an 6#9 de Rome, 65 avant J, C.

Savoir en des vers charmants passer du grave au doux, du plaisant au sévère ; prendre tous les tons, chanter sur toutes les gammes ; s’élever des bas-fonds de la société aux derniers échelons de la fortune, mériter l'estime des grands par l'élévation de son génie, le sel de sa conversation et l’atticisme de ses saillies ; prêcher la médiocreté et vivre en aimable épicurien, tracer en vers immortels les lois du Parnasse; aimer Bacchus pour l'amour et l'amour pour Bacchus, chanter l’un pour jouir de l’autre, préconiser l’autre pour captiver le second ; tantôt, s'échauffant du plus pur patriotisme, tantôt, en traits plaisants, aiguisant l'épigramme ; sachant par-dessus tout rire mais d’un rire sceptique et ironique :—tel nous paraît Horace, poëte qui n'eut pas de modèles ni d’imitateurs chez les Romains.

La perte de ses biens confisqués par les triumvirs le contraignit à se livrer à la poésie, Virgile remarqua ses premiers essais et le présenta à Auguste qui le combla de bienfaits, En aimable épicurien, il renonça à l'ambition et s’adonna à tous les plaisirs,

Horace n'était pas un homme convaincu. I] lui manque ce sentiment profond de la divinité qui est la plus grande inspiration du poëte lyrique. Il ne remue pas l'âme. Les impiétés de sa patrie lui font

() Charpentier : Les Ecrivains latins de l’Empire.

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