OVIDE
Publius Ovidius Naso, naquit à Sulmone, le 20 mars l'an 43, avant Jésus-Christ,
Dès son enfance, il se fit remarquer par de brillantes dispositions. Ses Déclumations, ouvrage qui ne nous est point parvenu, mais dont les auteurs anciens font souvent mention, furent composées lorsque, jeune encore, il étudiait les règles du Discours. Ses trois livres Des amours sont encore le fruit de ses jeunes années, Quel charme d'expression ! Que de traits ornés de la plus riche poésie ! Ce poëme est le journal des aventures amoureuses du poëte à Sulmone, Ce livre est une image fidèle et vive des impressions personnelles du poëte, de ses joies, de ses douleurs, de ses caprices, de l’ouïe et de l'imagination, de ces émotions délicates et fugitives, qui souvent sans cause font le bonheur ou le malheur des amants.
Les malheurs qu'éprouva Ovide le rendirent justement célèbre. On ignore encore la cause de cet exil qui l'éloigna de sa patrie, à l’âge de 50 ans, pour une des îles de la Méditerranée. Ce fut là qu'il comnosa ses Tristes, recueil de 49 élégies, Elles sont médiocres, si l’on en excepte celle où il décrit la mort de son ami Tibulle, et celle qui contient les adieux à son épouse.
De tous les poëtes romains Ovide est celui de qui nous tenons le plus de vers. On ne saurait trop louer sa fécondité. Vif, souple, brillant, il a une mobilité qui n’est pas, ce semble, habituelle à l'antiquité, et par là aussi il a une physionomie originale. Ses Métamorphoses sont de beaucoup son meilleur ouvrage, Ce livre ne déparerait pas les œuvres de Virgile. Tous les âges de la poésie, de l'art critique, de I mythologie et de l'histoire se trouvent réunis dans les Métumorphoses ; elles sont, pour ainsi dire, l’enclylopédie de la sagesse et de la poésie ancienne; cosmogonie et théologie tout ensemble, elles contiennent l’histoire la plus complète de toutes les croyances, de toutes les révolutions de l'antiquité païenne : l'humanité s'y trouve à toutes ses périodes et avec tous ses développements : le monde antédiluvien, l'état barbare et primitif, dans la Thrace; dans la Grèce, l’état héroïque ; l’état civilisé, dans l'Italie, où ces transformations nécessaires viennent aboutir à l'apothéose de César et d’Auguste, Le Remède à l'amour est inférieur à L'art d'aimer où le poëte prend tous les tons et
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Où lui renferme bissait l'i Cicux.
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tous les tours pour laisser voir sa pensée, marquer son désir, désigner son choix, Il mêle le piquant au grave, le doux au sublime,
Il est l'inventeur d’un nouveau genre dans ses Zéroïdes, ou épitres amoureuses, Îleut bien des imitateurs mais pas de rivaux dans ce genre, Les Pontiques sont une preuve nouvelle de la fécondité d'Ovide ; ce sont comme ses Zristes de longues jérémiades sur les malheurs du pauvre Cygne qui pleure la patrie absente, On remarque de la pureté, de l'abondance, mais plus d’esprit que de sentiments dans ses Consolutions à Livie. Son poëme contre Zris est une satyre brûlante où la bile du poëte malheureux s'échauffe contre son épouse infidèle qui contracte en secondes noces, Enfin, une dernière élégie, le Noyer, est le dernier ouvrage qui nous reste de ce poëte, Mais un grand nombre de tragédies, de recueils, de traités et de poëmes ne sont pas arrivés jusqu'à nous. Sa fécondité est étonnante et comme dit Marmontel :
Enfant gâté des muses et des grâces ; De leur trésor, brillant dispensateur ; Et des plaisirs savant législateur,
Ovide, dit LaHarpe, était bien plus fait pour être le peintre des voluptés que le chantre du malheur, En effet, les malheurs seuls l'ont fait élégiaque. Ses premiers ouvrages, les premiers jets de sa jeunesse sont supérieurs à ceux de l'âge mûr qu'il a composé dans l'exil, Il savait plutôt rire que pleurer, plutôt chantonner l'air gai qui fait sourire les amoureux que s'entourer de sombres pensées.
On Jui reproche son peu d'indépendance de caractère. Ses écrits renforment trop de bass's flaticries à l'adresse de ses persécuteurs ; il subissait l'influence de son siècle ct de ses malheurs. Il est parfois licencLux.
Les Fustes sont un des monuments les plus curicux de l'antiquité : cérémonies religieuses, antiquités sacrées, origines nationales, mœurs domestiques, traditions populaires, théologies antiques, toute la vie civile intéricure et publique de Rome, on la trouve dans ectte espèce de martyrologe paien. L'auteur, dans les Métamorphoses et les Fastes, dissipe hardiment le dernier prestige qui entourait encore les divinités païcnnes ; il en raconte avec une singulière aisance les origines et surtout les fa:blesses humaines; en les chantant il les rabaisse ; eu les faisant descendre de l'Olympe, le poëte, en les ramenant sur la terre, les abaisse à d'humaines fragilités,
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{| |} IE I] mourut sur les bords du Pont-Euxin, 17 ans avant J.C. Onlu noble: sa gi Î [1 refusa la simple faveur de transporter ses restes dans Rome sa première ce qu'il | 11 ini patrie. suader q HE | | TIBULLE—CATULLE—PROPERCE. et se pla . HO C TS Caïus | i Aulus Albius Tibulus naquit vers l'an 690 de Rome et mourut en aujourd’ | 735. Nous avons fort peu de renseignements sur son histoire et les Il ouv détails de sa vie. le ton de Quatre livres d’Elégies nous sont parvenus de ce poëte, où la tendresse, de l'épig la délicatesse et la noblesse des sentiments s’y font remarquer. Suivant qui ne sc La Harpe son style est d'une élégance exquise, son goût est pur, sa com- certains position irréprochable. Il est, comme écrivain, supérieur à tous ses écrits de rivaux. I] mor Tibulle parle le langage du cœur. Nul sait se servir de termes aussi Le ch | No agréables à l'oreille du lecteur amoureux. et de P&l { Boileau a dit: Les pc | Amour dictait les vers que soupirait Tibulle. intérêt, | Dies ; > Due. +. ’ peignent Voici comment l'abbé Souchay caractérise le talent poétique de Ti- de bulle: “ De tous les poëtes latins qui s’appliquèrent à l'élégie, Tibulle Sn est peut-être le seul qui en ait conçu le vrai caractère, où du moins qui Catulle à l'ait parfaitement exprimé. Ce désordre ingénieux qui est comme l'âme | de la poésie élégiaque, parce qu'il est si conforme à la nature, il a su le ne A Li jeter dans ses élégies. On dirait qu'elles sont uniquement le fruit de la a : Œ passion. Les différentes parties qui les composent, désunies, séparées, 1 1 À ; semblent ne former que des tons irréguliers. Un écart est suivi d’un & on de UE nouvel écart ; une digression attire une autre digression ; rien de médité, Neuf v LH rien de concerté : nul art, nulle étude en apparence, mais le désordre qui ds 1 1 règne dans ces mêmes élégies n'est-il pas un tour secret qui en lie le Jéus-Ch j | dessein, et qui en donne toute la justesse et toute la régularité dont elles Ne LE LUE étaient susceptibles. C’est la nature seule que Tibulle s’est proposé Née dat A | d'imiter et qu'il a en effet imitée, quand il a si bien représenté, par le jo l'â À S désordre de ses élégies, le désordre qui accompagne la passion, Ilen ne l exprime habilement les caractères, il en peint les mouvements et les aes [a 40! effets d'une manière si vive et si naturelle que ses peintures ont tout Pioper | 1 je À l'air de la vérité. La grâce et la douceur, | aarmonie de sa versification a | se font sentir aux moins intelligents. Il est tendre, naturel, passionné, (1) Mémoi | [l
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noble sans faste, simple sans bassesse, élégant sans artifice ; il sent tout ce qu'il dit, et le dit toujours de la manière dont il le faut dire pour persuader qu'il le sent ; il aime, en un mot, comme s’il était pénétré d'amour et se plaint comme un homme désolé.”(1)
Caïus Valerius Catullus, naquit à Smirmium, île du lac Benacus, aujourd'hui {4 Guurda, Van 87 avant J. C.
Il ouvre avec Lucrèce le beau siècle d'Auguste. Ses écrits empruntent le ton de tous les genres. Il y a dans ses œuvres de l’élégie, du lyriques de l'épigramme et de l’héroïque. Ses quatre Odes contiennent des beautés qui ne sont pas au-dessous de celles de Virgile. Ce dernier l’a imité, en certains endroits de son Enéide, Il y a beaucoup de grâce dans les écrits de Catulle; Racine les savait par cœur. Il est parfois obscène,
Il mourut à l’âge de 50 ans.
Le chef-d'œuvre de Catulle est son poëme intitulé : Les noces de Thétis et de Pélée, à la fois héroïco-épique et lyrique.
Les petits poëmes de Catulle, dit un critique allemand, ont un certain intérêt, par cela même que ce sont de véritables impromptus. Ils nous peignent les mœurs et la façon de penser de ce temps, et nous pouvons regarder le ton qui y règne comme ayant été celui de l’ancienne société de Rome. Jamais l'antiquité n'a blamé l'ironie amère et grossière dont Catulle se sert quelques fois. Comme elle tombait sur ses ennemis, personne n’y trouvait à redire ; il était permis de se venger publiquement Les anciens n'ont pas trouvé blâmables non plus les images et les expressions obscènes qui ont fait à Catulle une si mauvaise réputation. Le langage de la débauche était énergique à Athènes et à Rome. Le ton de la société n’a jamais pu être raffiné dans le monde ancien.
Neuf villes de l'Ombrie se disputent l'honneur d’avoir donné le jour à Sextus Aucclius Propertius. Il naquit l'an 52 et mourut 12 ans avant Jésus-Christ,
Nous avons de lui quatre livres d'élégies. Ce qui le distingue le plus, c'est cette chaleur entraînante, cette verve intarissable qu'il déploie avec tant d'âme, Tibulle est plus doux, plus tendre, mais Properce est plus passionné. On lui reproche de se targuer d’érudition, d'emprunter trop d'images à la mythologie, et d'offenser la pudeur.
Properee était un cœur aimant. ‘ Chacun, disait-il à ses amis, a son
(1) Mémoires.
Î f} 124 HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE, : EE À Di 11 défaut, le mien est d'aimer toujours quelque chose” Sa Cynthie, à dit et sur LEE l'amour de laquelle il avait voué sa muse, nous paraît indigne de lui, tion de lis î UE Properce, dit l'abbé Souchay. est exact, ingénieux, savant, Le titre de la sim] f ' | de Callimaque romain, dont il se pare avec quelque complaisance, il le LR mérite par le tour de ses expressions qu’il emprunte communément des l LL | Grecs, et par leur cadence qu'il s'est proposé d’imiter, au moins dans | On ren À : x s ” « à ê À LL une partie de ses élégies, ÆÉlles sont l’ouvrage des Grâces mêmes, dit peintures | RE 1 Turnebe ; et n’aimer pas leur auteur, c’est se déclarer ennemi des muses, de maître. AE FE ajoute un autre critique, Cependant le dirai-je? On remarque trop de Guerre de 09 À ne travail dans les élégies de Properce et l'art s’y fait trop apercevoir, son chef-d ! ï | [He non que les choses qu'il exprime s'éloignent toujours de la vérité, l'histoire « (| if mais ce qu'elles pourraisut avoir de naturel, il le gâte par des traits ou Lettres EE historiques ou fabuleux qu'il y mêle contiuu:Ilemeut, anciens et EN | sont peut HER N HISTOIRE.
LR Eh proclame ' ‘1 AL La seconde époqne est fertile en véritables historiens. Cependant, ces reconnaît il Fi N écrivains composaient l'histoire plutôt eu littérateurs qu’en philosophes, l vient | fl Ils savaient embellir leurs récits, par la fiction et les charmes de l’inven- sénat venc FER tion. Les écrits des poëtes de la cour d’Auguste se détcignirent dans les re Et \ leur style et la poésie remplaça souvent la narration historique. HAUSU E ‘à 1 Attieus (110-32) composa des annales ou plutôt une histoire univer- LuHONS, RE selle qui renferme un espace de 700 ans. Il écrivit en grec une Æistoire a |‘ fe à du Consulat de Cicéron. Tous ses ouvrages sont disparus. Lucccius Crassus pe HA (59) écrivit avec taut d'habileté l'Histoire de la Guerre Sociale, que par les cor
Salluste,
Cicéron le choisit ponr faire celle de son consulat. Brutus qui trempa aux ancier
È LEE dans la conspiration contre César, laissa des Æpitômes de l'histoire de
Faunius et de Cœlius Antipater, un ouvrage sur les Devoirs et un autre BIEUX EEE
gloire, et «
| ki ‘4f sur la Patience, LA EE à Cornelins Nepos était l'ami de Cicéron. Il n’aimait pas les écrits depuis, la Al i k moraux et philosophiques : son génie le portait vers la science des faits par terre d | {À et la connaissance de l'histoire, Aussi, avons-nous de Jui un grand nom du somme 1: | bre d'écrits en ee genre, Sa Vie des Hommes illustres comprend les vies débauche, fl ë des grands capitaines Grecs et Romains, des rois, des historiens, des ora- Salluste LA dl LL teurs et des poëtes de ces deux peuples. Il laissa encore des Lettres qui vonve LD | {': une Vie de Cicéron , des Annales, trois livres de Chroniques, un traité vie privée pue de Géographie, un autre d'Antiquités et un troisième sur l’Aomme érula Li!
A HE | A fi
dit et sur la Zaittérature. Le temps a en partie dévoré cette belle colleetion de livres utiles et remarquables sous le rapport de l'élégance du style, de la simplicité des expressions et de la clarté des idées,