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savantes la richesse et l'harmonie de leur langue. C’est dans ce dernier genre que se distingua Malek et Harisi, qui furent mis au rang de Cicéron et de D'mosthène.
Outre ces deux orateurs, on mentionne encore Fakr-eddyn (1149) et Al-Khatyle (1313). Toutefois, les arabes n’atteignirent jamais la haute éloquence. Sous la tyrannie de leurs institutions théocratiques, ils ne pouvaient produire aucun orateur véritable,
Sorties d’une même source, d’une même unique loi, la théologie et la jurisprudence ne furent et ne purent être que des commentaires du Coran. Elles expliquèrent, elles appliquèrent ensemble ce code universel, dans l’ordre religieux et dans l'ordre civil, sans qu’il soit possible de délimiter clairement leur domaine respectif. Dès l’origine de l'Islam, il fut décidé que quatre livres seuls renfermaient toute la doctrine sacrée. 1. Le Koran, lois écrites du prophète ; 2. Le Hadyz, lois orales du prophète, recueillies après sa mort; 3. L’/djima-al-Oummeth, lois apostoliques ou gloses faites par les quatre premiers Khalifes, les Khalifes parfaits; 4. Le Kiyaz ou Makoul, décisions canoniques des premiers Imâns. Hors de là tout est hérésie, et c’est dans ce cercle infranchissable qu'est enfermée, depuis 12 siècles, la législation religieuse, politique, civile et criminelle des Musulmans. (Cependant, et par la raison même que la législation entière d’une foule de peuples devait découler par l'interprétation d’une source unique, confuse, incomplète, le nombre des commentateurs, soit théologiens, soit juristes, est vraiment immense (1).
On assure que la nation arabe a produit plus de poëtes que toutes les autres nations ensemble. La poésie arabe, dit Sismondi, a commencé avant même que l’usage de l'écriture fut devenu universel, et de toute ancienneté, un concours de poëtes et des jeux académiques étaient célèbrés chaque année dans la ville d’Ocadh. Mahomet les interdit comme un reste d’idolâtrie. Sept des plus fameux parmi les anciens poëtes sont désignés par les écrivains orientaux sous le nom de pléiade arabique ; et leurs ouvrages étaient suspendus autour de la Caaba, ou temple de La Mecque, Mahomet lui-même cultiva la poésie, aussi bien que Ali, Amrou, et quelques uns des plus célèbres parmi ses premiers compagnons ; mais après lui, il semble que les muses arabes furent muettes jusqu'au règne des Abassides. (C’est sous Aaroun-al-
() L. Viardot. Histoire des Arabes et des Maures d’Espagne ; vol. 2 p. 107.
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Raschild et son successeur Al-Mamoun, c’est plus encore sous les Omniades d'Espagne, que la poésie arabe est arrivée à sa plus grande splendeur. C’est alors qu'apparurent ce grand nombre de poëtes, d'amants chevaleresques, de princesses filles de roi, que les orientalistes comparent à Anacréon, à Pindare et à Sapho. Al-Monotabbi paraît le prince de tous ces poëtes.
Le premier des sept poëmes suspendus au temple de La Mecque était une idylle ou casside d’'Amral-Keisi, jeune prince arabe, aussi célèbre par la fécondité de son imagination que par les malheurs dont sa vie fut remplie. Son poëme est le meilleur exemple que l’on puisse donner de l'égiogue arabe,
Taraffah est l’auteur du second Moallakah. Insouciant en tout, excepté pour la poésie, cet écrivain avait laissé voler ses chameaux par une tribu voisine. C’est pour répondre aux sarcasmes que lui attirait cette nonchalance qu'il écrivit un poëme. Cet ouvrage consiste surtout dans la description de son chameau ; description beaucoup trop longue pour ce qu’elle offre d’intéressant.
Zohair, dans le troisième Moallakah, chante la gloire de Narem et Hareth, chefs de deux tribus réconciliées. Il déplore les malheurs de lk guerre et termine par des sentences religieuses.
Le quatrième poëte dont les œuvres étaient écrites en lettres d’or et suspendues au temple, fut Lebeid qui chante la supériorité de sa tribu. Il à de la verve et de l'entraînement en certains endroits, en d’autres, de la délicatesse, de la grâce et de la sensibilité. Il consacre aussi plusieurs pages à la description de son chameau Remarquons ici que cet animal joue un rôle important chez les Arabes. Rien de noble à leurs yeux comme le compagnon fidèle de leurs entreprises. Aussi, le chameau figure non-seulement dans les récits de guerre et de commerce mais encore dans les romans et la simple narration joyeuse.
Le poëme d'Antara fut composé vers le VIe. siècle de notre ère, à l'occasion d'une guerre allumée entre deux tribus arabes. Jones remarque que le style est noble, élevé et très beau dans les descriptions.
Le sixième et le septième Moallakah sont deux plaidoyers d’une cause célèbre plaidée devant le roi appelé à juger les différends de deux tribus ; l'un, le sixième, est d'Amrou, l'autre, le septième, est de Hareth ; c'est le plus important de tous les poëmes suspendus. A la fierté et à la conscience de ses droits qui règnent dans ce poëme, se joignent une gravité
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et une sorte de philosophie simple et touchante qui, conviennent au grand âge que l’on suppose à son auteur, (1)
La poésie orientale est toute entière lyrique ou didactique. Les Arabes, dit un critique, ont écrit sans fin des poésies d'amour ; des poésies funèbres, sur la mort de leur héros ou de leurs belles ; des poésies morales, parmi lesquelles on peut ranger les fables ; des églogues, des satyres, des descriptions et surtout des poésies didactiques sur toutes les sciences, mêmes les plus sèches, comme la grammaire, la rhétorique ou le calcul ; mais entre tant de poëmes arabes, dont le catalogue seul forme à l’Escurial une collection de vingt-quatre volumes, il n’y a pas un poëme épique, pas une comédie, pas une tragédie,
Jones a voulu cependant donner le nom le soëue épique à l’histoire de Timour ou Tamerlan, écrite en prose poétique par Ebn-Arabschâh.
M. de Sismondi observe qu'on pourrait plutôt donner ce nom à l’ouvrage de Ferdoucy (1019), intitulé Schah-Numah. C’est un poëme en 60,000 distiques, sur tous les héros et tous les rois de la Perse. Le héros du poëme est Rustem, l'Hercule de la Perse,
La subtilité, l'éclat de l'imagination, le luxe des images et des pensées, la grandeur, l'abondance, la richesse, l'harmonie, tout cela se rencontre dans la poésie arabe. Egalement, ce qui caractérise le goût oriental c’est l'abus de l'imagination et l'abus de l'esprit. Ces métaphores hardies, ces images éblouissantes, ces allégories prolongées rendent fades et monotones ces compositions fardées. |
La poésie des Arabes est rimée comme la nôtre ; la rime s’étend même plus avant dans la construction des vers, et l’uniformité de son se retrouve souvent dans la phrase toute entière, De plus, la poésie lyrique est soumise à des règles particulières, ou sur la forme des strophes, ou sur l’ordre des rimes, ou sur la longueur des poëmes; elles étendent à toute la période cette harmonie poétique qui régit déjà chaque phrase ou chaque vers. Les deux formes de versification les plus usitées sont la gazelle et la casside ; l'une et l’autre sont composées de distiques.
Si les Orientaux n’ont pas d’épopée ils ont inventé un genre qui leur est propre et qui remplie chez eux le spectacle et le genre épique. Ils ont inventé ces contes dans lesquels leur brillante imagination pétille à chaque phrase. Ces contes nous sont parvenus décolorés par de froides traductions, mais s’il nous était donné de lire dans la langue arabe ces
(1) Sylvestre de Sacy ; William Jones Poeseos Asiaticæ commentarii.
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poëmes réveurs et fantasques, nous ne saurions trop admirer cctte fécondité et cette abondance de fiction qui étonrent et ravissent. La plus célèbre série de ces contes est sans contredit les Mille et une Nuits. Ce recueil immense n’est pas la propriété d'un seul homme mais c’est la propriété de toute l'Arabie. Tout le monde y a co-opéré ; c’est plutôt le produit de l’imagination d’un peuple que celui d’un homme. Il est surprenant de voir le rôle que ces contes ont joué sur les commencements des littératures européennes, Les romans de chevalerie du moyen-âge n'étaient que des imitations de la chevalerie des Mille et une Nuits. Les vieux fableaux français, italiens, et espagnols ont puisé dans ces fables la plupart de leurs thèmes et les anciens chroniqueurs l'ordonnance de leurs relations.
Les sciences exactes : l’arithmétique, la physique, l’histoire naturelle, l'astronomie, ete., ont été cultivées par les Arabes. L'histoire a surtout attiré leur attention.
Hadgy Khalfä, dans sa Bibliothèque orientale, compte jusqu’à 1200 historiens qui ont fait usage de la langue arabe ; et d'Herbelat, après lui, cite au moins 200 ouvrages dont le titre Turikh où Thabakat, indique une {istoire particulière ou générale, Ces chiffres indiquent que l'histoire était une des branches les plus cultivées chez les Arabes. Tous ces écrits se recommandent cependant moins par la hauteur des vues que par la minutieuse exactitude des faits; ce sont des chroniques, des légendes, des annales.
Parmi les principaux historiens arabes il faut mentionner Al-Tabary (839), auteur de la première Histoire universelle qu'aient écrit les Arabes, et qui s'étend de la création du monde jusqu’à l’année 302 de l'hégire ; Aboulfarage (897-967), qui écrivit sur l’Origine des Omméyades, sur les Emigrations et conquêtes des Arabes ; Abdallatif (1161-1231), auteur d'une excellente Description de l'Egypte ; Y'aîné et le plus célèbre des trois frères Ibn-al-Atsyr (1160-1233), dont le grand ouvrage historique est intitulé, Chronique complète ; Chéhab-cddyn (1200-1267), dont les écrits sur l’époque de Nouradin et de Saladin ont servi à toutes les histoires des croisades ; Inb-Khilkan (1211-1282), surnommé le Plutarque arabe par son fameux livre la Vie des hommes illustres ; Aboul-Féda (1273-1331), célèbre par son Zistoire abrégée du genre humain, vaste chronique universelle, en cinq parties, qui s'étend de l'époque des patriarches jusqu’à 1328; Nowaïry (1331), auteur du livre