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MÉTASTASE

Piétro Métastasio, dont le vrai nom était Trapassi, naquit à Rome en 1698. Ses talents poétiques se manifestèrent de bonne heure; à 14 ans, il avait déjà écrit une tragédie : Justin. Ovide et le Tasse étaient ses deux auteurs favoris. Il porta l'opéra à son plus haut degré de perfection. Il était l'élève de Gravida, qui, en mourant, le fit son héritier.

Ses premiers opéras furent l'Endymion, les Jardins des Hespérides, Galatée, Angélique. Outre ses vingt-huit grands opéras, il composa encore une pièce romantique et chevaleresque, Roger, roman du moyenâce; d'autres pièces plus courtes, récitatifs et ariettes, une correspondance, des poésies lyriques, une traduction de l’art poétique d'Horace, et un extrait de celui d’Aristote avec des commentaires, aussi curieux que savants.

Sismondi ne s'accorde guère avec Cantu sur le mérite de la poésie tragico-lyrique de Métastase, On aurait tort, dit Cantu, de vouloir le juger comme un auteur tragique, mais on ne saurait se dissimuler qu’il n'ait mis à la mode des amours et des fadaises dont l'Italie n'avait rien moins que

besoin, I] doubla et tripla même l'intrigue, multiplia les reconnaissances, P

DE rime rh ane

à l'aide de moyens artificiels, prodigua les a parte et les monologues qui leur servirent à développer les passions; mais ces passions, au lieu de les peindre, il ne fait que les ébaucher, s'en tenant à des traits généraux, sans acception de pays ni d'époque. La rapidité de la composition le fait tomber dans l’exagération, et l’héroïsme devient ainsi de la profanation, l'amour de la fadeur. Il ne s'impose pas toutefois les mêmes entraves que Zeno et Alferi, mais disposant les situations avec art, et connaissant à merveille la disposition scénique, il choisit avec bonheur le lieu de l’action et sait amener des coups de théâtre heureux. Crctte surabondance de comparaison qui chez lui ralentit l’action, introduisit dans la musique mille variétés, des agréments, des imitations de sons, Mais alors l'acte se terminait par un air, comme aujourd'hui par un morceau d'ensemble, alors le récitatif abondaïit et de nos jours on l'a banni, ce qui fait que ses drames sont bannis de la scène.

Voici maintenant ce qu’en pense Sismondi (1)

# L'Italie avait été, pendant un siècle et demi, dépouillée de tout éclat littéraire; la nature parut vouloir la dédommager, en lui donnant Métastase. Aucun de ses écrivains n’a peut-être été plus complétement poëte, aucun n’a peut-être réuni une plus grande mobilité dans l'imagination, une plus grande délicatesse dans la sensibilité, à un plus grand charme dans le langage; aucun n’a peut-être été, par son style seul, peintre plus gracieux, et musicien plus flatteur pour l'oreille. Métastase n’a point prétendu s'élever aux hauteurs du génie; il ne s’est essayé dans aucune de ces créations mâles et fières, qui par leur sublimité, excitent en nous l'admiration et le respect. Il a voulu être, il a été le poëte de l'opéra, et dans toute cette carrière limitée, il a surpassé tout ce que sa nation elle-même, tout ce qu'aucune autre nation avait produit de plus distingué. Ila connu, ila saisi avec précision la nature du théâtre auquel il se destinait, etson propre talent; et dans un genre où aucun autre poëte peut-être n’a acquis une vraie gloire, il a produit les poésies, les plus nationales que possède l'Italie, celles qui sont gravées plus profondément dans la mémoire de tout le peuple. Mais il ne faut point, avec plusieurs Italiens, considérer Métastase comme un poëte tragique, il ne faut point le donner pour modèle aux étrangers, dans aucun autre genre que celui de l’époque. Il ne faut pas dépouiller ses pièces du prestige de la musique, et les faire ré-

(1) De la littérature du Midi de l’Europe vol. 1, p. 455,

citer p aujour être, le passion mâle.” Méta

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citer par des acteurs tragiques comme on le fait trop fréquemment aujourd’hui en Italie, Comparées alors avec ce qu’elles ne doivent point être, leurs mœurs efféminées, leur invraisemblance, leur manque de passion choquent tous ceux qui ont appris à admirer une beauté plus mâle.”

Métastase mourut le 12 avril 1782.

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