enno/ies, satires et épîtres
Le sujetdes satires varie beaucoup. L'esprit critique particulier à ce genre n'apparait pas dans toutes les pièces ; parfois, Horace expose au public lettré de son temps ses principes, le fruit de son expérience, sans toutefois s'interdire les pointes, les attaques détournées que suscite l'occasion. Ainsi, sat. 1, 4 et
II, 1, il fait connaître le caractère de ses satires; f I, 10, il se compare particulièrement à Lucilius (2) ; II,
(1) Dans certaines éditions, les satires sont désignées sous le titre de sermones « conversations » par opposition aux epistu* lae « lettres • . — Si l'on a compris sous le nom de sermones les satires et les épît'-es, c'est parce ([u'ellos sont écrites, les un. s ^ t les aiitie^, dan^ un langage familier, par rapport aux udes, animées d'un soutTie de haute poésie.
(2) Les \Trs 1-0 de la satire X du I*"- livre ne sont point d'Horace ; cette satire ne commence véritablement qu'avec le vers iVrmpt' incomposito etc.
(i, il dépeint ses relations avec Mécène et le bonbeur de celui qui vit retiré à la campagne ; I, 6, il vante les joies d'une modeste indépendance : II, 2, il loue la simplicité de la vie et des mœurs. Le plus souvent,, le poète prend à partie certains exemples de per- ^Ëi:^":JHi'ale, de faiblesse ou de travers ridicules appartenant soit à^n époque, soit àPhiimanité en général : ainsi, 1. 1, il blâme linconstance des bommes qui ne sont jamais contents de leur sort ; I, 2, il expose les excès oii se portent les passions; I,'9, 'les basses importunités de certains personnages auprès des gens de haute condition ; II, :î,les exagérations de la philosophie stoïcienne; IL 5, la chasse aux héritages ; IL (S, il se moque du faste grossier du riche parvenu. Ce qui accroît encore la variété qui règne dans ces sujets, c'est qu'Horace prend le t^n^de la con-"^ versation, d'une causerie familière. Il ne dispose pas ses pensées suivant une méthode rigoureuse ; il se ^^se^aljer, avec une aimable nonchalance, partout où soïï jujet l'entraîne. Il n'emprunte pas au moraliste ses accents vigoureux et indignés pour tonner contre l'immoralité ; il s'amuse des travers qui ont un côté ridicule, des préoccupations mesquines qui assiègent les hommes, soit dans la vie sociale, soit dans les rapports littéraires ; il en fait l'objet d'une crUique enjouée, t qui sait à l'occasion devenir sérieuse. Enfinrilse tient y touioursJi^réca.rt de la politiqu^, qui jette si facile- | ment le trouble dans les esprits. Toutes ces causes contribuent à éveiller et à entretenir chez le lecteur des dispositions favorables et ui. vif intérêt, d'autant plus que les traits sous lesquels Horare représente ses types ont ordinairement une portée très générale et ne subissent aucune atteinte du changement de temps ou de lieu.
L'BS éjHtres , plus soignées dans la forme (xqe les satires, décèlent un espu'it avisé et amoureux d'une v[e tmn<iuille. Elles nouslfont connaître tout au long les
-h amitiés et les relations personnelles du poète, mais ordinairement elles ne se bornent pas à ces détails (excepté quelques-unes très courtes, L 4, 8, 9,
-¥ 20). Elles sont riches en pensées frappantes, et, sans mélange d'enflure ni de mauvais goût, nous décrivent
t les rapports les plus divers de la vie, surtout dans la vie littéraire, les résultats d'une longue expérience et d'observations pleines de sagacité. Nous trouvons un intérêt particulier dans celles qui nous font connaître ses rapports avec Mécène, I, 1, 7-19, ainsi que dans celles du second livre, où Horace expose ses théories littéraires et renvoie à l'imitation des chefs-d'œuvre grecs, par opposition h ceux ([ui alTectaient de retourner à la vieille poésie romaine (II, 1) ; il se plaint aussi (II, 'D du mauvais goiît esthétique de son époque, si funeste aux œuvres poétiques. De toutes les épitres , la plus longue et la plus substantielle est l'épître ad Pisoncs, II, 8, que Quintilien désignait déjà sous le nom de Liber de arte poetica. Dans cette épître, Horace, sans prétendre à être complet ni sys^matique, formule des jugements justes et indépendants sur une foule de questions de littérature, principale- /ment en ce qui concerne l'art dramatique.