‹ Histoire abrégée de la littérature romaine, [microform]Chapitre 26 sur 39 · CINQUIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PÉRIODE

L'empire depuis Hadrien (117 ap. J.-G.).

Cette époque fut pour la littérature, comme pour la politique, une époque de décadence in injer rompue. -4- Les rares œuvres, qui jusqu'alors" témoif^nS^^^^^ ,

core chez leurs auteurs d'un talent original et indé- ' pendant, disparurent complètement. Le goût et le jugement, n'étant plus réglés, perdirent leur sûreté et leur finesse ; on vit paraître des imitations serviles et

(1) Une édition du De medicina de Ceise, par G. Daremherg, a paru à Leipzig en 1859,- de Acrlbouias I.nr^ns. les

principales éditions sont celles de Bhodius, Padoue, 1655 et . de Bernhold, Strasbourg, 1786. '

i4^^ ^*""*"* •'« C'oinnieiie: Gesner, 2 vol.. Manheim l-«l • — le X« livre dans les poefoe lat. min. de Wernsdor (coll. Lemaire).

maladroites des écrivains antérieurs, surtout de ceux des premiers siècles, un stvle sans iiatiirel et sans simplicité, une rhéj.qri(iue pédante, agrémentée de phrases pompeuses et hors de proportion avec le suj^et insignifiant qu'elles traitaient. Tout eiïort personnel de l'esprit fut remplacé par l'étalage prétentieux d'une science d'emprunt, souvent rassemblée à grand peine. Le goût corrompu de cette époque se révèle surtout dans le mom pmont nrchaïque dont le rhéteur Fronton fut lo priiK ipai iu[)iL=.uiitant, et qui, en face des œuvres de l'époque classique, donnait la préférence à I celles de l'époque antérieure. Ou vit la poésie dispa-

4 -f raitre et la prose croître en importance ; ce fut une 1 conséquence de l'inertie stérile des esprits, non moins j que de l'intluence toujours rruissaulo ({ue prirent la

^ 4 rhét^^'^î?^'? ^^J^ sophistique grecques, encouragées et eiitretenuesirgrands frais par les classes instruites, et par une suite d'empereurs, comme Hadrien. Antonin le Pieux, Marc Aurèle. Les provinces prirent dans le domaine de la littérature une importance qui alla toujours en augmentant ; d'Afrique sortit toute une série d'écrivains, surtout d'écrivains chrétiens, caractérisés par leur manque de logique et de simplicité, par la surchar.L'e oi-atoire, par un vocabulaire et une syntaxe arbitraires, cinK.us à Timage de leur propre esprit; la Gaule (en particulier, Lugduuum) fut un centre pour l'étude de la rliétorique. Toutefois, en dépit des encouragements prodigués à la littérature dès le début de cette péri.] par les empereurs Hadrien, ]\Iarc- I Aurèle, et plus tard par Alexandre Sévère, le désarroi

"t"I politique du :. -' ' -le faillit amener la j-uine des lettres ;

ce ne fut qu'api u^ i i triomphe du christianisme et de la nouvelle constitution donnée à Fempire par Gons-

tantin le Grand, que Ton vit de nouveau surgir des écrivains remarquables, parmi les chrétiens comme parmi les païens. D'ailleurs, tout ce quj__avait un caractère exclusivement romain disparut : de plus eu plus, rég.ilité politique s'étendit à tout l'empire, grâce à l'édit de Caracalla qui accordait aux provinces le dr(»it de cité romaine. La culture littéraire se propagea, d'une part dans l'église chrétienne et devint l'apanage du clergé (littérature patristique), d'autre part à la cour où. dépourvue d'élévation et d'idéal, elle n'eut plus que des visées toutes pratiques, connue la glorification des empereurs (littérature panégyriste), et le développement de la science du droit. Cette période ne produisit aucun écrivain du premier, ni même du second rang (si l'on tient compte en même temps du fond et de la forme) ; ce n'est que dans les genres spéciaux, surtout dans la science du droit, que parurent des o'uvres remarquables et môme en partie dignes de servir île modèle.

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