‹ Histoire abrégée de la littérature romaine, [microform]Chapitre 7 sur 39 · LA PROSE · texte numérisé non relu

LA PROSE

La prose écrite ne se développa à Rome que dans le courant du sixième sircle : c'est Caton l'Ancien qui ouvre Fhistoire de la prose littéraire. Tous les monuments littéraires des premiers siècles, (sauf quelques exceptions), consistent en inscriptions fort courtes, mentionnant un événement, une loi, une formule reli- , gieuse, etc. ; elles sont, d'ailleurs, très souvent en ~j~ vers saturniens. Le sentiment conservateur des Romains et leur attachement aux traditions les portaient à consigner le souvenir des faits passés dans des mé-

moires officiels ou privés, tournant, à vrai dire, la plupart au panégyrique, sans scrupule à l'égard de la vérité historique.

■ Les documents historiques officiels consistaient en plusieurs traités d'une époque très reculée, comme celui de Tarquin-le- Superbe avec Gabies , écrit sur la peau d'un taureau, comme le traité d'alliance avec les Latins, de 498 av. J.-C, gravé sur une colonne d'airain. — (Le traité de commerce avec Cartilage, que l'on date communément de 509 avant J.-C, est reporté à la date plus récente de 348, par Mommsen et d'autres). Malgré la haute antiquité de leurs dispositions, on ne saurait faire remonter jusqu'au temps des rois la rédaction des [eges regiae, coutumes fort anciennes, dont la collection reçut plus 4- tard le nom de jus Panirianum et les commentarii regum. qui contenaient, sans doute, des dispositions et des règlements concernant les fonctions royales. Les magistrats civils avaient aussi leur manuel professionnel dans les commentarii magistratuum, dont les plus importants étaient les tab ulae censoriae, tables statistiques des censeurs. Les noms des magistrats étaient consignés dans les libri magistratuum, appelés aussi, quand ces nomsétaient écrits sur toile, libri lintei.

La littérature sacerdotale avait pris plus d'extension que la littérature civile. A ce genre appartenaient : les libri pontificum, qui contenaient le rituel sacré et les préceptes du droit ecclésiastique; les commentarii pontificum, recueils de décisions. A côté de ces derniers, on mentionnait également les libri et les commentarii de dilîérents collèges sacerdotaux, comme celui des augures. Les

pontifes étaient, en outre, chargés de la tenue des f asti , tableau des jours où siégeaient les tribunaux, des jeux et des fêtes dont l'ensemble composait le calendrier ; elle renfermait aussi de courtes notices historiques. On possédait également, sous ce nom de fastes, des listes des consuls (fasti consulares), des triomphes (f. triumphales), des prêtres (f. sacerdotales). Les annales pontificum, nommées aussi a. maximi, étaient destinées à la publicité; elles consistaient en de courtes notices, gravées sur une table blanche, allnnn, ' que Ton exposait publi- -|quement, et faisaient ainsi connaître les événements remarquables, et particulièrement les prodiges.Ces annales formèrent plus tard une collection de 80 volumes, et devinrent une des sources principales de l'histoire primitive de Rome, ce qu'elles n'auraient pas dû être, en réalité, à cause de leur contenu et de leur point de vue trop exclusivement sacerdotal ; d'ailleurs, les plus anciennes de ces annales avaient été détruites dans l'incendie de Rome par les Gaulois en 390 av. J.-C. Au contraire, c'est probablement au-delà de cette époque que remontent plusieurs chroniques privées, conservées dans les familles nobles depuis les temps les plus reculés. Mais ces chroniques, destinées avant tout à l a glorification des familles, n'étaient pas plus dignes de confiance que les lj.udationes funèbres, éloges funèbres que l'on conservait également dans les archives de famille, et qui n'ont pas moins contribué à la falsification de Ihistoire romaine. Quant aux lois des XII tables, qu'on apprenait encore par cœur dans les écoles du temps de Cicéron, on en possédait au deuxième siècle de notre ère une copie établie après l'incendie de Rome par les

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Gaulois. Les l^[s action es servaient à Finterprétation des XII tables ; elles étaient, à Forigine, dans la Possession exclusive des patriciens ; mais elles furent publiées, par la suite, en même temps que les Fastes par le scribe Cn. Flavius (304 av. J.-C.) ; dès lors f onlesconmitplutôtsouslenomde jus flavianum. Le premier, et pendant longtemps, le seul Romain qui ait attaché son nom à la prose littéraire, est A p pius Claudius Caecus, qui fut censeur en 312 ; on possédait encore longtemps après sa mort le discours qu'il avait prononcé devant le Sénat contre Falliance avec Pyrrhus (1).

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