‹ Histoire abrégée de la littérature romaine, [microform]Chapitre 8 sur 39 · DEUXIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PÉRIODE

De Livius Andronious à Gioéron (240-70 av. J.-C.)

Cette période, durant laquelle Rome atteint ^on apogée en politique, est encore, en littérature, une période d'ébauche et de préparation ; les productions nationales n'ont encore ni grâce, ni forme ; la langue e le-meme avait besoin de se soumettre à dos rè-les plus précises; mais l'imitation grecque ne laissait pas assez de place à 1 "indépendance et à la libre inspira-

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tion, et c'est seulement 5 la fm de cette période que la civilisation hellénique pénétra assez profondément chez les Romains, pour les rendre capables de produire des œuvres personnelles de quelque valeur. C'est uniquement sur la httérature grecque que s'appuie la littérature artistique des Romains. L'influence grecque, qui n'avait jamais complètement cessé, devint alors de jour en jour plus générale, plus agissante et plus féconde. Les relations de Rome avec les Grecs, d'abord dans Fltahe méridionale, puis, dès la première guerre >|' punique (1), en Sicile ; plus tard enfin , après la deuxième guerre punique, dans la Grèce et en Asie-Mineure, l'activité littéraire d'Ennius à partir de '204, l'enthousiasme ardent des classes supérieures, et surtout des Scipions pour la nouvelle civilisation, le nombre toujours croissant des Grecs à Rome, la connaissance, de plus en plus générale, de la langue et des écrivains grecs, Femploi des poètes grecs dans Fenseignement de la jeunesse, les relations des Romains avec les différents peuples, relations qui s'étendaient sans cesse en même temps que Fempire, — toutes ces causes réunies eurent pour résultat d'obhger le caractère tenace des Romains h s'incliner et à s'effacer devant une civilisation étrangère et supérieure. La résistance des conservateurs, comme Caton l'Ancien, devint un anachronisme, et l'expulsion réitérée des philosophes

(1) Cf. Aul. Gell. N. A. XVII, 21:

Poonico bello secundo Musa pinnnto gradu Intulit se belllcosam in Romnli gentem feram.

« Dans la seconde guerre punique, la Muse s'est rendue, d'un pas rapide, chez le peuple sauvage et belliqueux de Romulus.

(Note de Bender).

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