ROSS1NI
Rossini (Joachim), né à Pesaro (Vénétie) en 1 79 2 > étüit le fils cl un pauvre artiste ambulant et d’une mère romagnole très jolie qui portait le nom de Guidarini. L’enfant fut destiné par son père à être enfant de chœur. A dix ans, on lui donna comme professeur Tesci de Bologne, qui lui enseigna les premiers principes de l’harmonie ; Stanislas Mattéi ensuite lui enseigna le contrepoint. Au bout de quinze mois de leçons, il composait une cantate, mais son premier ouvrage théâtral, Demetrio e Polibio, ne date que de 1810.
De Bologne, Rossini se rendit à Venise, où il fit représenter la Cambiale di matrimonio et en 1812 1 Inganno felice. S’étant épris d’une chanteuse, il partit pour Milan où il donna la Pietra del paragone. Ces ouvrages, inspirés par une abondance mélodique intarissable, se ressentaient toutefois de la rapidité de leur écriture. On trouvait que ce jeune Italien composait trop vite, aussi lorsqu’il vint à Pa-
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ris fut-il reçu assez froidement par Berton, qui lui reprocha ses fautes de composition. Rossini, peu satisfait de la façon véritablement hostile dont il était accueilli en France, comprit qu’il fallait attendre et il retourna en Italie où il donna successivement l’Occasions/a il ladro et, à la Felice de Venise, Tancredi, qui excita des fureurs d’enthousiasme. Ce fut un triomphe tel que Rossini n’en connut pas de plus grand, même avec Gudlaume Tell . Les gens du peuple popularisaient ses motifs, les gondoliers chantaient les airs de Tancrède et l’on raconte que les juges au tribunal durent plusieurs fois réfréner les chansons murmurées dans l’auditoire. Et pourtant le fameux air « di tanti palpiti » avait été composé pendant que son cuisinier lui confectionnait un plat au riz.
La verve de Rossini en effet était prodigieuse et il partageait son temps entre la flânerie et les intrigues amoureuses. Stendhal a dit de lui « qu il n était pas l'amour-passion, mais l’amour-caprice ». Se levant tous les jours à midi, passant la journée au café ou en promenades, on se demandait où et quand il travaillait. En réalité son esprit ne cessait d'être en activité et il produisait, en jouant aux dominos, dans la rue ou au lit. On a écrit encore « qu’il marchait entouré de mélodies comme d’un essaim d’abeilles ».
Après avoir composé Ilaliana in Alger 1, puis Turco in Italia , Rossini passa à Naples, où en i 8 i 5 1 imprésario Barbaja l'engagea à raison de 10000 livres
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par an. C’est là qu’il connut la signora Colibran, qu’il devait par la suite épouser.
Dans cette période de sa vie, la production du jeune maître fut intarissable; quinze jours lui suffisaient pour composer un ouvrage. On lui doit Elisabeth reine d'Angleterre (iSio), succès incontesté. Son engagement étant terminé avec Barbaja, non sans difficultés, Rossini partit pour Rome, où il fit représenter, le 26 octobre 1816, au théâtre Argentina, il Barbiere di Siviglia, puis quelques mois après, à Naples, Otello. Ensuite le jeune compositeur parcourut l’Italie, donna à Rome la Cônerenlola, à Milan, Gazza ladra, puis encore à Naples (mai 1819) la Donna del lago, Armide, Ermionc, Bianca e fahero, et Maometto II, qui devint en France le Siège de Corinthe .
L’accueil de la France le décida à tourner ses vues vers l’Autriche. A Vienne, son succès fut tel que des honneurs presque souverains lui furent rendus. Thor, joué à Kartner le i 3 avril 1822, fut un triomphe, ainsi que Zelmira qui coïncida avec son mariage avec la Colibran. Très habile, il retapait ses premiers essais, les corrigeait; c’est ainsi qu'il fit applaudir aux A iennois, sous le nom de Corradino, son ancien opéra Mathilda di Sabran, échoué à Rome.
Malgré tout, le désir de conquérir le public français hantait l’esprit du compositeur. Il donna à Naples son dernier opéra, Semiramide, dont le succès devait l’imposer à Paris.