ORPHÉE DE GLUCK Ç
Orphée, dans deux strophes, dépeint son chagrin. Les récits successivement à trois et à quatre temps montrent l'égarement momentané de son esprit. Puis vient l’ariette de l’amour et un grand air à vocalises.
Le second acte nous montre la descente d’Orphée aux enfers. Le chœur des démons et des larves « Quel est l'audacieux ! » est une pure merveille. Il commence piano pour gronder, éclater sous l’irritation du peuple infernal, puis le chant d’Orphée apaise toutes ces clameurs. L'air « Laissez-vous toucher par mes pleurs ! » est d’une accentuation pathétique qui transporte.
Le troisième acte, aux Champs-Elysées, respire une sérénité inaltérable. L’air d’Eurydice, le chœur des ombres heureuses produit une sensation de calme délicieuse. Le duo qui suit, très long, n’apparaît pas comme la meilleure partie de la partition, bien que le motif « Fortune ennemie » soit cité par certains auteurs comme une merveille d’émotion.
Mais l’air capital « Fai perdu mon Eurydice » est au dernier acte ; c’est un modèle qui sert à juger la science du chant et l’étendue de l’organe des contraltos qui s’y risquent.
Orphée , joué à Parme aux fêtes du mariage de l’infant, eut un succès énorme ; à Paris, en plein cœur de l’été, il fut donné cinquante fois de suite. Une reprise •en 1869 au Théâtre-Lyrique avec le ténor lloger et M ,ue Yiardot a été fort appréciée. Depuis, l’Opéra- Coinique a conservé l’ouvrage à son répertoire.
Symphonie en sol mineur
DE
MOZART
La symphonie en sol mineur est la quarantehuitième et l’avant-dernière symphonie de Mozart. Elle est aussi l’une des plus connues du maître, peutêtre même la plus célèbre. Composée à Vienne en 1788, elle a été orchestrée et terminée le 26 juillet de la même année. Elle fait donc partie du groupe des trois symphonies que, dans sa prodigieuse fécondité, Mozart écrivit à la suite et presque en même temps. Elle se place en effet, comme date, entre la symphonie en mi bémol composée le 26 juin 1788 et celle en ut majeur, du 10 août de cette même année.
Cette symphonie est divisée en quatre parties : un allégro, un a ndant e, un menuet et un finale.
TTallég ro molto exprime la joie et la vivacité et, bien qu’écrit en quatre temps, aucune lourdeur ne s’y fait sentir. Les violons détaillent un chant ravissant qui passe successivement dans toutes les parties du quatuor pour se terminer sur un effet de sonorité.