CG M POSI TE U RS CON T E M PO RA IN S
Auber (1782-1871), membre de l’Institut, directeur du Conservatoire, élève de Cherubini. A débuté en i 8 i 3 à Feydeau avec un opéra en un acte, le Séjour militaire, paroles de Billy. En 1819 a donné à F Opéra-Comique le Testament et les billets doux, la Bergère châtelaine, Emma, Leicester, paroles de Scribe qui devint son lidèle parolier, la Neige (1828), grand succès, Léocadie , le Maçon, le Timide et Fio~ relia.
A l’Opéra, Auber donna Vendôme en Espagne en collaboration avec Hérold, la Muette de Porhci, un opéra-ballet, le dieu et la bayadère, le Philtre, le Serment, livret que Kossini refusa, le lac des Fées (1809), T Enfant prodigue (i 85 o) et Zerline (i 85 i).
Ses productions dépassent la centaine, nous 110 citerons que les principales : la Fiancée (1829), Fra
COMPOSITEURS CONTEMPORAINS
Diavolo, peut-être son ouvrage le plus soigné, Leslocq (1 834 ), le Cheval de bronze , remanié pour l’Opéra r les Chaperons blancs , VAmbassadrice, le Domino noir, les Diamants de la Couronne , la partition la plus jouée de son répertoire, la Part du Diable , la Sirène , Haydée (18/17), M arco Spada , Manon Lescaut dont il n’est resté que l’air du rire chanté par la Patti, la Circassienne , /a Fiancée du roi de Garbe, le premier jour de bonheur , dernier grand succès de la vieillesse du compositeur, suivi l’année d’après de Rêve d’amour , son dernier ouvrage.
Auber a été, à une époque, le musicien le pluspopulaire de France. Sa composition est gracieuse, quelquefois originale et souvent trop facile. Son instrumentation laissait parfois à désirer, mais il ne sacrifia jamais la mélodie.
Meyerbeer (1794-1864), dit Giacomo, membre étranger de l’Institut de France, né à Berlin le 5 septembre 1794. Il fut considéré avec Rossini comme le premier musicien de son temps.
Chez lui la mélodie, de forme tout italienne et tenant la première place, est soutenue par une instrumentation riche, puissante, colorée et quelquefois tourmentée.
Étant riche, Meyerbeer écrivait lentement, au moins dans sa deuxième manière qui commence aux Huguenots. 11 raturait beaucoup et ne livrait une partition au public que lorsqu’il en était parfaitement sûr. Sa pre-
MEYERBEER - DOMZETTI
mièrc manière, italienne, est représentée par son opéra le Croisé en Égypte. Robert le Diable, donné en i83i à rOpéra-Comique et cpii fut repris ensuite a l’Opéra, donne la même impression. Les Huguenots (i836} sont beaucoup plus travaillés au point de vue des masses chorales, le Prophète (18/19)révèle line sc i ence d’orchestration remarquable. Aujourd’hui encore la partition n’a pas vieilli. Puis viennent VÉtoile du Nord ( 1854)> épopée militaire, le Pardon de Plo'èrmcl (1809) et iAfricaine, ouvrage posthume représenté en 1860, un an après la mort du compositeur, et mis à la scène par Fétis. Il existe deux partitions de /’Africaine et certains morceaux, comme l’air du Mancenillier, ont été écrits jusqu’à trois fois. Meyerbeer a aussi laissé plusieurs recueils de mélodies.
Donizetti (1797-18/18), compositeur italien né et mort à Bergame. Soldat dans un régiment en garnison à Venise, il y lit jouer en 1818 un opéra, Enrico di Borgogna, et en 1819 il Falegname di Livonia. Le succès de ces deux ouvrages lui fit obtenir sa libération du service militaire. Dès lors il composa sans relâche et en trente ans fit jouer plus de soixante ouvrages, aussi bien dans le genre gai que dans le genre dramatique.
Lorsqu’il vint en France, Donizetti avait déjà donné en Italie il Pana , Anna Bolcna, Torquato Tasso , Lucrezia Borgia, Maria Stuarda, et dans l’opéra-comique la Rcgina di Golconda et il Funoso .
COMPOSITEURS CONTEMPORAINS
A Paris il fit représenter en i 835 au Théâtre-Italien Marino Falicro, peu apprécié; il retourna en Italie faire jouer Lucia di Lammcrmoor et Belisario et il revint à Paris où on lui monta successivement la Fille du régiment , à l’Opéra, Poliuto sous le titre « les Martyrs » qui contient un sextuor comparable à celui de Lucia , la Favorite , et Don Pasquale, écrit en quinze jours. Il donna à Vienne Linda di Chaînon nixy Maria di Rohan , üom Sebastien et à Naples Caterina Cornaro. Il mourut, encore jeune, des suites d’une vie agitée, et presque dément.
Bellini (i 8 o 2 -i 835), né à Catane (Sicile). Élève du Conservatoire de Naples, il écrivit pour Lablache Adelson et Salvina et pour le théâtre de Milan Bianca e Fernando. Son premier succès date de 1827 avec le Pirate et la Straniera. A Parme une Zaïra ne réussit pas, de meme que i Capulctti et i Montccchi, malgré l’appui de Lablaclie. En revanche la Sonnambula lut un succès à Milan, et en i 83 i la ISorma parut un hymne admirable où, dit Blaze de Bury, « chaque mesure respire un amour ardent, sublime, qui va se résoudre en désespoir infini ».
En i 832 Bellini composa pour la Pasta Béatrice di Tenda, écrite trop hâtivement et qui se ressent de cette rapidité de facture. La Pasta, qui rêvait de lui donner sa lille en mariage, l’entraîna a Londres, mais il y resla peu de temps et gagna Paris, mandé par Bossini, qui l’avait sacré grand musicien. 11 lit