DE L'AME DES BÈTES
Plusieurs philosophes ayant disserté sur l'àme des bêtes , sans pouvoir s'accorder , selon leur coutume , il est bon que nous disions , en peu de mots , ce qu'il faut penser de cette question.
Descartes et quelques-uns de ses partisans ont soutenu que les bêtes n'avaient aucun sentiment intérieur ; qu'elles étaient simplement des automates, parfaitement organisés par l'auteur de toutes choses. Leurs diverses opérations, dans cette hypothèse, ne présentent que des effets mécaniques , produits par l'action des objets extérieurs sur les organes de ces machines merveilleusement disposées.
Certains matérialistes des derniers temps , comme La Metlrie , Helvétius , d'Holbach , Diderot , sont allés , dans le sens inverse , jusqu'à dire que les bêtes égalaient l'homme, si même elles ne le surpassaient; qu'il n'y avait , entre elles et nous . d'autre différence que celle des organes.
Nous soutenons que les bêtes ne sont pas de simples automates dénués de tout sentiment réel , et que cependant il y a , entre elles et nous, une différence essentielle.