‹ Histoire abrégée de la philosophie (volume 2)Chapitre 15 sur 156 · GG · texte numérisé non relu

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principes que les associations cabalistiques , il se crût obligé de s'en constituer le défenseur.

Les ouvrages de cet auteur composent 5 vol. in-fol. , et ne sont remarquables que par leur bizarrerie.

5.° Jacques Boehm , fils d'un paysan de la Haute- Alsace , né en 4575, exerça d'abord le métier de cordonnier. Les disputes religieuses , occasionnées par la réforme , agitant tous les esprits , il lui vint des doutes sur la foi. Ne pouvant se délivrer de ces doutes, il pria Dieu de l'éclairer. Un jour il tomba en extase , ce qui lui arriva fréquemment depuis ; dans ses extases , il croyait voir l'essence même des créatures. Après une troisième extase , qui eut lieu en 1610, et dans laquelle tous les mystères de la nature lui furent dévoilés , il composa , pour les expliquer , un livre sous le titre de Y Aurore. Ce livre est un mélange d'idées et d'expressions astrologiques , chimiques , magiques , cabalistiques, auquel un esprit raisonnable ne peut rien entendre. Boehm ne laissa pas d'avoir de l'influence sur le peuple ignorant : il forma des adeptes , leur transmit ses prétendus secrets , ses pratiques superstitieuses , et a été le chef d'une secte d'illuminés en Allemagne.

4.° Un certain Podargc , médecin anglais, prélendit avoir eu des extases et des révélations toutes semblables à celles de Boehm. Il consacra plusieurs ouvrages à en exposer le détail.

5.° Jean-Baptiste Van Helmont , gentilhomme de Bruxelles , né en 1577 , étudia la médecine, malgré sa mère, avec tant d'ardeur et de succès , qu'à 17 ans, il fut choisi par les

professeurs de Louvain , pour occuper la chaire de chirurgie dans cette université. Continuant d'étudier, avec une grande application , il consulta les meilleurs auteurs , lut toutes sortes de livres, et ne trouva qu'incertitude dans la médecine. Après avoir fait d'inutiles efforts pour l'approfondir, il abandonna cette science , priant Dieu de lui enseigner la vraie sagesse que les hommes ne pouvaient lui apprendre, et de lui montrer la voie qu'il devait suivre. S'étant mis à étudier la physique et la chimie et à exercer gratuitement l'art de guérir , il s'empressait d'obliger tout le monde , et ne voulait rien accepter de personne. Souvent on l'appelait pour des malades désespérés , abandonnés par les autres médecins , et il en guérissait un grand nombre.

Plusieurs écrits qu'il a laissés ont pour objet la physique et la médecine. Sa philosophie, extrêmement absurde et paradoxale, porte néanmoins un caractère religieux qui tient de l'enthousiasme : aussi, dit-il en avoir reçu les principes de Dieu lui-même , dans des songes et dans des extases. Presque partout il tient le langage de l'école et en suit la méthode; cependant il essaie de la combattre.

C.° François-Mercure Van Helmont , fils du précédent, né en 1618, marcha sur les traces de son père. Célèbre aussi par l'art de guérir et par ses connaissances chimiques , il passait pour avoir trouvé la pierre philosophale et pour savoir faire de For. Instruit dans la langue hébraïque , il lut les livres cabalistiques et attacha de l'importance aux mystères qu'ils enseignent. Lui-même se livra aux sciences occultes ot à des pratiques singulières; il admit le système

dos émanations , entendu à sa manière, et remplit sos ouvrages d'extravagances qui montrent en lui une absence totale de jugement.

G.0 Pierre Poiret, naquit à Metz, en 1646, de parents pauvres , mais honnêtes. Ayant fait ses humanités avec distinction et appris les langues savantes, il étudia la philosophie : ne trouvant rien de satisfaisant dans cette étude , il tourna ses pensées vers les spéculations mystiques. Il s'attacha aux ouvrages d'Antoinette Bourigni, fille extraordinaire et célèbre visionnaire de ce temps-là , en donna une édition en 10 vol. in-8.° , puis une autre en 21 vol. , et y ajouta plusieurs écrits du même genre , dont il était l'auteur.

Appartenant à la religion réformée , Poiret avait été ministre en plusieurs lieux ; il se retira en Hollande et s'y tint continuellement enfermé pour mieux vaquer à ses méditations intellectuelles. Le monde lui paraissait tellement corrompu , qu'il ne croyait pas qu'un chrétien pût y prendre aucune part. 11 combattait les athées et détestait les impies ; mais il soutenait que chacun pouvait , sans inquiétude , suivre sa religion.

Ce rêveur mystique mourut en 4719, âgé de 75 ans. Nous terminons , par lui , la liste abrégée de ceux qui ont été appelés théosophes.

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