‹ Histoire abrégée de la philosophie (volume 2)Chapitre 16 sur 156 · DES STOÏCIENS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

DES STOÏCIENS NOUVEAUX

A la renaissance des lettres , le platonisme et le péripatélisme furent à peu près les seuls systèmes de philosophie ancienne , qui revinrent en honneur ; encore le premier ne tarda-t-il pas à être éclipsé par le second , comme nous l'avons fait remarquer. Néanmoins , parmi ceux qui s'occupaient de philosophie , il se trouva des esprits spécialement inclinés vers les autres écoles : ainsi Télésio renouvela , en partie , le système de Parménide , de Bérigard , celui des Ioniens , lequel Savait presque pas en de partisans depuis Archélaùs.

Lorsqu'on sut assez le latin pour bien entendre les livres écrits en cette langue, pour lire Cicéron , Tacite, Sénèque , on commença à estimer les dogmes et plus encore la morale du portique. Les stoïciens eurent donc aussi de nouveaux défenseurs, qui prirent hautement parti pour leur école.

1 ,° Le principal de tous fut Juste Lipse , né auprès de Bruxelles, en 4 547. Tour à tour catholique, luthérien, calviniste, puis catholique, selon le pays où il se trouvait ( son retour au catholicisme , dans lequel il mourut , paraît cependant avoir été sincère), Lipse avait d'abord étudié la

philosophie scolastiquc , sous les jésuites, a Bruxelles et à Cologne. Quand il connut les écrits de Gicéron , ceux surtout de Tacite et de Sénèque, qu'il préférait , il s'attacha au stoïcisme et chercha à le faire connaître. De Cologne il passa à Louvain, y publia, à 19 ans, un ouvrage d'érudition très-remarquable pour l'âge de Fauteur, sous le titre de Différentes lectures (1), en trois livres. Etant allé à Rome, en qualité de secrétaire des lettres latines du cardinal Granvelle, il s'y lia avec des hommes instruits , mais en môme temps il y vécut dans le désordre. Revenu à Louvain , il continua sa vie licencieuse , malgré ses principes stoïciens. Cédant aux instances d'un chanoine de Liège , homme instruit et son ami, il prit des sentiments plus dignes de lui, voyagea en Allemagne , alla à Vienne , parcourut la Bohême et la Saxe , fut professeur à Iéna , puis 5 Leyde , enfin retourna auprès de ses premiers maîtres, à Cologne, et s'y convertit. Redevenu professeur à Louvain, il s'y fit une réputation prodigieuse , quitta sa place pour être historiographe du roi d'Espagne , et mourut en 4606.

Parmi ses écrits, qui ont été imprimés en 6 vol. in-fol. , se trouve une Introduction à la philosophie stoïcienne , en 5 liv., et une Physiologie stoïcienne, aussi en 5 liv. Ces deux ouvrages sont précieux pour faire connaître les sources de la philosophie du portique.

Du reste, l'auteur montre souvent de l'enthousiasme, de l'ignorance , sous plus d'un rapport , un mauvais goût et

(i) Variœ lectiones,

peu de discernement. Après une vie déréglée et sans principes religieux bien arrêtés , il fut crédule et minutieux jusqu'à l'excès, sur la fin de ses jours.

Dans un autre ouvrage intitulé Politique civile» en 6 livres , il défend le gouvernement monarchique avec zèle.

2.° Gaspard Se-hopp, connu sous le nom latin de Scioppius , né dans le haut Palatinat , en 157G, fut célèbre par ses talents et ses connaissances ; mais plus encore par sa vanité , par son ton caustique , par son caractère bizarre et par ses imprudences , à Fégard des plus hauts personnages. Au lieu d'un grand ouvrage qu'il avait promis en faveur de la philosophie stoïcienne, il ne donna que les éléments de la morale enseignée par cette secte , \ vol. in-8.°.

5.° Thomas Gataker , anglais, zélé protestant, mort en 1654, rendit service au stoïcisme, en publiant une bonne édition des Méditations de Marc-Aurèle-Antonin.

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