CHAPITRE V
pniLOSOPniE DE WOLLASTON, CLARKE, nUTCHESON, EULER, SMITH, PRICE, FERGUSON, HOME, GRAHAM, PRIESTLEY ET STEWART.
Tons les philosophes , nommés dans le titre de ec chapitre, étaient aussi des moralistes, mais, pour la plupart, dans un sens opposé aux incrédules matérialistes, dont nous venons de parler : eux-mêmes cependant n'ont pas toujours été exempts de reproches , à beaucoup près.
i.° Guillaume Wollaston , né en 4G59, dans le comté de Stafford , d'une famille ancienne , mais pauvre , eut de grands ohtacles pour ses éludes , par la détresse même de ses parents : il les termina pourtant à l'université de Cambridge , puis fut contraint d'accepter une place inférieure dans une école publique. Ayant recueilli , en 1688, la riche succession d'un parent éloigné, il se retira à Londres, y vécut dans la retraite et l'étude jusqu'à sa mort, qui arriva en 1724.
Son principal ouvrage est un Tableau de la religion naturelle, qui fut estimé , mais qui a aussi essuyé de grandes contradictions. Cet auteur faisait consister la vertu dans la vérité , et le vice dans le mensonge. Par exemple , quand un voleur demande à un voyageur, le pistolet sur la gorge, la bourse ou la vie , il nie que l'argent qu'il demande appar-
tienne au voyageur; c'est ce qui lait le mal do son action : quand un homme en traite un autre en esclave, il nie que cet autre soit aussi libre que lui ; c'est pour cela que l'esclavage est moralement défendu. On voit aisément combien ce principe de moralité est absurde. Nier que l'argent appartienne au voyageur , ou le lui enlever de vive force , est-ce la même chose ? Tuer son père , le frapper , ou simplement nier de paroles qu'on doive l'honorer, sont -ce des actions semblables , ayant la même moralité et au même degré ? Comment un homme instruit peut-il chercher de bonne foi à démontrer , par de longs et subtils arguments , la vérité d'une telle assertion?
2.° Samuel Clarkc , célèbre théologien anglican , né à Norvvich, en 1G75, élève de l'université de Cambridge, fit, à 2\ ans, une traduction latine de la physique de Rohault , et y joignit des notes : cette entreprise eut un grand succès. Devenu chapelain de lévèque de Norwich , il vécut \ 2 ans avec lui dans l'intimité. Chargé de prêcher à Saint-Paul de Londres , en 4704 , il prit pour sujet de ses discours YEœistence et les attributs de Dieu , sur lesquels il fit 8 sermons. Nommé l'année suivante aux mêmes fonctions , il prêcha encore 8 discours sur les Preuves de la religion naturelle et de la religion révélée. Ces 16 discours ont été traduits en français, en 3 vol. in-8° , ou 5 vol. in-42. L'auteur y combattait victorieusement les athées et les incrédules , montrant que Tarne est spirituelle ou dégagée de toute matière , et que l'homme est libre dans ses actions morales.
Mais son Discours sur l'obligation de la religion naturelle renferme un système singulier et inadmissible. Voici comment il explique la moralité de nos actions libres. D'après les lois naturelles , immuables , établies par Dieu , tous les êtres ont une nature et des rapports donnés les uns à regard des autres; tous doivent concourir, par leurs actions, leurs mouvements , leurs passions ou leurs affections , selon l'aptitude ou la réceptivité qu'ils ont reçue du créateur, à une fin commune , qui est l'harmonie du monde. L'homme a sa nature , ses rapports avec les autres hommes et avec les choses qui l'entourent, son aptitude relativement à l'ordre général : il est obligé de tendre à celte fin , de faire ses actions dans Tordre qui conduit à l'harmonie universelle ; par exemple , de traiter un arbre de manière à en tirer le parti le plus convenable , d'user des animaux selon leur destination , sans les faire souffrir mal à propos , de regarder ses semblables comme ses égaux et d'agir en conséquence. S'il s'écarte de cette convenance , ses actions sont vicieuses. Tel est le principe fondamental de la distinction du bien et du mal et de tout Tordre moral ; principe qui sort de la nature des choses , est immuable et ne dépend pas même de Texistence de Dieu.
Ce système extraordinaire et mal fondé causa de la surprise , essuya des critiques et n'eut aucun succès. Jean Clarke , frère de l'auteur , le réfuta lui-même , tout en établissant de son côté un autre système qui n'était pas mieux conçu : il assignait pour base à la morale Tégoïsmc , OU l'intérêt de Thomme individuel , soit pour la vie présente,
soit pour lu ri* future ; de sorte qu'il n'y aurait jamais d'amour gratuit de Dieu ou du prochain , jamais d'acte de générosité et de pur dévouement.
5.° François Hutcheson , (ils d'un prédicateur anglican , naquit dans le nord de l'Irlande, en 4694. Envoyé pour achever ses études à Y université de Glascow , il y étudia , pendant 6 ans , la littérature ancienne , la philosophie et la théologie. Retourné en Irlande, il se fixa à Duhlin , y donna des leçons avec succès, et puhlia, en 4725, un ouvrage intitulé : Recherches sur les idées de beauté et de vertu. Cet ouvrage lui ût le plus grand honneur et le mit en relation avec plusieurs grands seigneurs. En 1728 , il mit au jour un Traité des passions, 1 vol. in-8°. L'année suivante, il fut appelé à l'université de Glascow pour y occuper une chaire de philosophie : peu après , il eut celle de philosophie morale , qui convenait mieux à ses goûts. Outre ses leçons de chaque jour, il faisait ordinairement, le dimanche soir, des instructions sur la vérité et l'excellence du christianisme. Ces instructions attiraient un monde infini. Hutcheson a beaucoup contribué , par le mérite de ses leçons , à répandre en Ecosse cet esprit sérieux et analytique , qui a fait la réputation de l'école écossaise. 11 mourut en 1747, âgé seulement de 53 ans , laissant , en manuscrit , un grand ouvrage , sous le litre de Système de philosophie morale, que son fils , docteur en médecine , fit imprimer , en 2 vol. in-4°.
Comme Hume , Hutcheson fait reposer le discernement du juste et de l'injuste , des actions bonnes ou mauvaises ,
sur le sentiment moral dont nous sommes agréablement ou péniblement affectés , selon que l'objet est bon ou mauvais. Il appuie sur ce môme sentiment , inné en nous , les droits et les devoirs naturels ; soutenant , contre Hobbes , que ce sentiment , antérieur à toute convention , existe dans l'état de nature pure , et que la condition originelle de l'homme n'est point d'être en guerre avec tout le monde , mais plutôt d'être conduit par la bienveillance et par le désintéressement.
Discutant ensuite le droit conjugal , le droit paternel , le droit seigneurial ou de maître , les causes qui amènent la société politique et la rendent nécessaire , il soutient que les hommes ont commencé par l'état de nature , que l'autorité publique tire essentiellement son origine de l'accord des citoyens , qu'elle repose sur le pacte fondamental , quelle ne peut être légitime, si elle n'est sanctionnée par la volonté du peuple, que jamais il n'y a eu de majesté par la grâce de Dieu , etc. Après cette déclaration , il avance beaucoup d'autres propositions , qui sont des conséquences naturelles de ce premier principe et font évidemment allusion à la révolution de 1G88 , que Fauteur voulait justifier.
4.° Léonard Euler, fils d'un ministre protestant, naquit à Baie, en 4707, et mourut à Berlin, en 1785. Mathématicien et physicien illustre, il fut membre des académies de Berlin et de Saint-Pétersbourg. Son savoir et sa réputation dans les sciences exactes , ne l'empêchèrent pas de se montrer fort attaché au christianisme, chose rare à cette époquet
Outre les ouvrages scientifiques et très-estimés , dont il est auteur, nous avons de lui : 1 ,° Défense de la révélation divine contre les esprits forts , \ vol. in-8°, en 4747, traduit en français et publié en 1755, puis revu et publié de nouveau, en 1805, par M. Eraery; 2.° Lettres à une princesse d'Allemagne , sur divers sujets de physique et de philosophie, 5 vol. in-8°, écrites vers 1760. Condorcetcn donna une nouvelle édition à Paris, en 4787. Sous prétexte de corriger les fautes de style , il fit des retranchements aux endroits les plus favorables à la religion. M. Eraery a rétabli plusieurs de ces retranchements , à la suite de la Défense de la révélation.
5.° Adam Smith, né à Kirkaldy , en Ecosse , en 4725, élève de Hutcheson à l'université de Glascow , fut lui-même professeur de philosophie morale à la dite université, en \ 752. Dans un ouvrage , qui a été traduit en français , sous le titre de Théorie des sentiments moraux, 2 vol. in-12, il fonde la moralité de nos actions sur la sympathie. Voici comment il explique le fond de son système : si un sentiment moral universel approuve nos actions , elles sont bonnes ; si , au contraire , ce sentiment moral les improuve , elles sont mauvaises : si donc les hommes désintéressés à nos actions sympathisent avec nous , lorsque nous les faisons , nous sommes assurés de bien faire ; s'ils ne sympathisent pas avec nous , c'est une preuve que nous faisons mal. Pour nous bien régler dans nos déterminations , nous devons donc envisager ce que les hommes penseront de l'action qu'il s'agit de faire, ce qu'ils
en penseraient , s'ils la connaissaient , ce que nous en penserions nous-mêmes , si nous étions à leur place.
Ce n'est point là rendre raison de la moralité des actions : c'est tout au plus assigner une règle pour les reconnaître ; encore cette règle ne peut soutenir l'examen d'un esprit
juste.
6.° Richard Price , autre moraliste anglais, né au pays de Galles, d'un ministre calviniste, en 1725, reçut une éducation soignée , termina ses études à Londres , se livra avec ardeur aux mathématiques , à la philosophie et à la théologie , et publia , en 1 757 , un livre ayant pour titre , Revue des principales questions et difficultés en morale. Dans ce livre , il combat l'hypothèse du sentiment moral : traitant de l'origine des idées en général , il fait sortir de l'entendement les idées de bien et de mal, comme toutes les autres. Selon lui , le bien et le mal moral sont absolus et immuables , comme le vrai et le faux : ils ne dépendent pas davantage de la puissance ou de la volonté de Dieu ; ils sont également fondés sur la nature des choses : or, ce qui est fondé sur le sentiment n'offre rien de fixe, varie souvent et reste toujours soumis à la volonté toute puissante de Dieu. De-là , Price tire la distinction essentielle entre le vice et la vertu et conclut à l'existence d'une autre vie où le vice soit puni et la vertu récompensée.
Néanmoins , il parait embarrassé et peu affirmatif sur le libre arbitre , sur la spiritualité de l'ame et même sur cette vie future dont il reconnaît la nécessité.
Soutenant avec zèle la cause des Américains , il lit plu-
sieurs ouvrages en leur laveur, et sympathisa vivement avec la révolution française qui se préparait. Il mourut en 1791 .
7.° Adam Fcrguson, fils d'un minisire écossais, naquit en 1724. Il étudia sous le maître d'école de sa paroisse , puis à runiversité d'Edimbourg, où il se distingua. Devenu chapelain d'un régiment , il quitta cette place pour être gouverneur des enfants de lord Bute. En 1759 , il obtint une place de professeur de philosophie naturelle à l'université d'Edimbourg, et, en 1764, celle de philosophie morale qu'il préférait.
En 1769, il publia ses Institutions de philosophie morale, 1 vol. in-8.°, et, en 1792, ses Principes des sciences morales et politiques , 2 vol. in-4°. Traçant le tableau des différentes facultés de l'homme , il cherche à fixer les lois générales de l'entendement et de la volonté.
Quant à l'entendement, les perceptions ne s'obtiennent
qu'à l'aide de milieux , qui sont des sensations ou des signes
et non des images semblables aux objets. Pour concevoir
les choses particulières , il faut avoir les idées générales
auxquelles ces choses se rapportent , comme dans l'ordre
naturel, nous ne connaissons les choses individuelles qu'en
les rapportant aux genres auxquels elles appartiennent. Faire
une découverte , c'est donc trouver une loi qui n'était pas
connue, ou faire une nouvelle application de cette loi connue.
La volonté recherche, dans ce qu'elle fait, ou notre propre
bien-être , et suit la loi de conservation de soi-même ; ou
le bien-être des autres , et c'est la loi de la sociabilité ; ou
ce qui est bon m soi , détestant ce qui est mauvais ; et
c'est la loi d'estimation. La première loi est le principe del'égoïsme : les deux autres sont le fondement de la vertu. Estimer la vertu comme bonne en soi , c'est aimer les hommes à qui elle est utile : c'est mériter leur approbation. La perfection de l'homme consile à être un membre pariait du système auquel il appartient.
Ferguson prouve la spiritualité et l'immortalité de l'àme par des arguments métaphysiques , l'existence de Dieu par la croyance générale des hommes et par l'ordre admirable de l'univers. Il ajoute que si quelques hommes nient cette vérité fondamentale , on n'en peut rien conclure contre le sentiment général , pas plus qu'on ne concilierait contre l'existence de la matière de ce que des esprits singuliers ont refusé d'y croire.
Traitant ensuite de la jurisprudence, il fait consister la base du droit en ce que la loi fondamentale de la moralité est prohibitive, c'est-à-dire défend toute injustice. De-là, il infère que nous pouvons nous défendre , défendre nos droits , défendre nos semblables , défendre leurs intérêts contre les injustes agresseurs. De ce droit sort la jurisprudence , qui se divise en deux parties , dont l'une traite des droits à défendre , et l'autre des règles à suivre pour que la défense soit légitime.
Si la loi fondamentale du droit est prohibitive , celle du devoir est positive et exige de nous des actes extérieurs de bonne volonté : ces actes font la vertu. La religion par ses motifs sublimes et ses destinations futures , l'opinion publique par ses louanges et ses critiques , la conscience
par les satisfactions qu'elle donne ou les reproches qu'elle fait , concourent également à sanctionner la loi des devoirs.
8.° Henri Home, connu aussi sous le nom de lord Kaimes, né en 1696 , mort en 4782 , écossais distingué , est auteur d'un grand nombre d'ouvrages parmi lesquels se trouvent des Essais sur les principes de morale et de religion naturelle, et des Eléments de critique, sur la théorie du beau et du sublime. Il distingue deux sortes de beautés : Tune absolue , que Ton reconnaît à la seule inspection des objets ; et l'autre relative , qui dépend du point de vue sous lequel on envisage les choses. Ainsi , pour apercevoir la beauté d'un chêne , qui étend majestueusement ses branches , ou d'un ruisseau , qui serpente dans la plaine , il ne faut que regarder ces objets ; une maison , au contraire , mal bâtie , mais commode; un arbre difforme., qui donne de bons fruits, seront des objets beaux ou laids , selon le point de vue sous lequel on les envisagera.
Le sublime a de l'affinité avec le beau ; cependant il en diffère beaucoup. Un objet peut être laid ou effrayant , comme un roc élevé , le tonnerre , une tempête , et produire néanmoins dans Famé l'émotion du sublime.
Les Eléments du sublime, 3 vol. in-8.° , eurent un grand succès en Angleterre , et y firent oublier le Traité des études de Rollin, qui y avait été généralement adopté.
9.° Catherine Macaulay-Graham , née dans le comté de Kent, en 1753, fut une femme savante, qui a quelques droits à être rangée parmi les philosophes de son temps. Outre une histoire d'Angleterre, en 8 vol in-4.° , écrite
dans des principes républicains , elle a fait un Traité sur l'immutabilité de la vérité morale , et des Lettres sur l'éducation. Soutenant les principes moraux contre les sceptiques et contre tous ceux qui nient leur influence sur la vertu des peuples , elle se plaint de ce que le perfectionnement moral n'avance point en proportion des progrès que fait la société sous d'autres rapports. La tolérance si vantée de son temps ne prouve , selon elle , qu'une chose , l'absence de principes religieux et une profonde indifférence pour tout ce qui s'y rapporte. Cette femme philosophe combat le livre de King (j) , De l'origine du mal , comme détruisant les principaux attributs de Dieu; elle soutient que l'existence du mal est un mystère impénétrable , que nous devons admettre sans chercher à le comprendre. Elle prouve l'immortalité de l'âme contre les attaques de l'impie Bolingbroke : en général , elle défend les saines doctrines philosophiques , si on excepte ce qui tient à la politique. Elle mourut en 1791.
10.° Joseph Priestley , né à Fieldhead , en Angleterre , en \ 755 , fut célèbre physicien , théologien presbytérien , philosophe matérialiste et auteur très-fécond. Il attaqua les défenseurs du sens commun, Reid , Béattie , Oswald, fit d'ennuyeux arguments pour prouver que l'âme est ma-
(i) William King, né en tG5o, archevêque anglican île Dublin, écrivain fécond et érudit, fougueux adversaire de Jacques II, de ses par» tisans et des catholiques.
lérielle , sVfforçanl de réfuter les raisons qui prouvent sa spiritualité , de renverser le libre arbitre et d'anéantir , par des explications forcées , tous les mystères du christianisme, dans lequel il croyait voir de la corruption. Avec tout cela , il admettait la révélation , combattait les incrédules qui allaient trop loin, tels que Thomas Paync et Volney , défendait le dogme de la résurrection des morts et prétendait que son système de matérialisme favorisait ce mystère, loin de lui être opposé. Tel était le contraste que présentait ce singulier auteur.
Il avait beaucoup d'esprit et d'instruction ; mais ses ouvrages , qui ont été recueillis en 70 vol. in-8.°, sont pleins de contradictions , et lui ont suscité une foule d'adversaires. S'étant déclaré chaud partisan de la révolution française , au point d'avoir reçu avec complaisance de la part de la république le titre de citoyen français , il fut en butte à la haine de ceux qui détestaient ces mouvements orageux. Dans une émeute, sa maison fut pillée par la populace. Il se retira aux Etats-Unis , en Amérique , et y mourut en 1804.
11.0 Dugald-Stewart , né en 1755, mourut en 1828, Professeur de philosophie morale à Edimbourg, il embrassa, en partie, les opinions de Hartley et de Reid. Comme eux , il admettait le sens commun pour base de la certitude , et bornait la philosophie à expliquer le fait de la perception, d'après l'observation. Il ne voulait pas qu'on s'occupât d'en rechercher la cause ou la manière , parce que tout cela est hors de notre portée. Il a fait un grand honneur à l'école écossaise , et a laissé beaucoup d'excellents ouvrages philo-
sophiques, mais qui appartiennent plus au 49.e qu'au 48.° siècle.
La crainte d'être trop long nous fait omettre les noms d'un grand nombre d'autres anglais, qui mériteraient d'être rangés parmi les philosophes du dernier siècle , soit qu'ils aient favorisé , soit qu'ils aient modifié , soit qu'ils aient combattu l'incrédulité.