‹ Histoire abrégée de la philosophie (volume 2)Chapitre 54 sur 156 · ET CONDORCET · texte numérisé non relu

ET CONDORCET

\ .° Diderot , par son activité prodigieuse , son zèle , sa constance et l'audace qu'il a montrée dans ses écrits contre la religion, a été regardé comme le chef d'une secte particulière , au milieu de cette philosophie irréligieuse qui a caractérisé le 18.e siècle : c'est pour cela que nous avons cru devoir le mettre à la tète d'un chapitre à part , et lui adjoindre quelques-uns de ceux qui furent spécialement liés avec lui ou qu'il aida davantage dans leurs travaux.

Fils d'un coutelier de Langres , il naquit dans cette ville , en 4712 , et fut nommé Denis. Il avait un frère qui embrassa l'état ecclésiastique et devint chanoine de Langres. Lui, emporté par le désir de s'instruire , vint de bonne heure à Paris , y vécut misérablement , mais étudia avec ardeur et non sans succès. Jeune encore , il se maria avec une femme sans fortune , ce qui ne fit qu'augmenter sa détresse. Pour se procurer quelques ressources , il traduisit un ouvrage anglais, en 5 vol. in-12, travailla à un Dictionnaire de médecine, en 6 vol. in-folio, et donna , comme traduit de l'anglais , mais sans avoir suivi le texte original , Y Essai

sur le mérite et ta vertu de Shaftesbary. Dans cet ouvrage il combat l'athéisme et n'attaque la religion chrétienne qu'indirectement , avec une sorte de réserve.

En <i74G , il publia des Pensées philosophiques , où il ne gardait plus les mêmes ménagements. Plus tard , il y fit des additions bien autrement hardies. Avec d'Alembert , il fut le principal moteur de la gigantesque entreprise du Dictionnaire encyclopédique et y eut une grande part dès le commencement. A la fin , il en fut le seul rédacteur en chef : il y travaillait beaucoup et y faisait travailler par les premiers venus , pourvu qu'ils eussent son esprit. Prenant de toutes mains , il se hâtait de terminer plutôt que de bien faire. Cependant ses amis , et surtout Grimm , dans sa correspondance avec des princes étrangers , le vantaient comme le prodige de son siècle, par sa science et ses travaux. Catherine , impératrice de Russie , touchée de ces magnifiques éloges , voulut faire sa fortune; elle acheta , en 476o , sa bibliothèque , à condition qu'il continuerait d'en jouir , et lui assura une pension annuelle. Apprenant , Tannée suivante , que le paiement de celte pension avait été retardé , elle lui en lit compter cinquante années ; ce qui le mit dans l'aisance pour le reste de sa vie. Invité par sa bienfaitrice à faire le voyage de Saint-Pétersbourg , il y alla en \ 77 '5 , avec Grimm , y fut parfaitement accueilli , revint par Berlin et n'eut pas autant à se louer de Frédéric , à qui il n'avait pas eu le don de plaire par ses écrits.

Revenu à Paris , il ne tarda pas à être atteint d'infirmités qui ne le quittèrent plus : il mourut en 4784.

Ses œuvres ont été recueillies par Naigeon , un de ses principaux disciples , et publiées , en \ 798 , en 1 5 vol. in-8°. Presque partout, et jusque dans les parties qui en paraissaient le moins susceptibles , il règne une impiété audacieuse , un athéisme éhonté et quelquefois une licence d'expressions obscènes qui passe toutes les bornes, surtout dans les romans intitulés : Les bijoux indiscrets ; Jacques le fataliste ; La religieuse.

Diderot se vantait lui-même d'être athée , et Grimm , dont le témoignage ne peut être suspect , dit de lui (1) : Quelque volontiers que je pardonne à tons les hommes de ne rien croire , je pense qu'il eût été fort à désirer , pour la réputation de Diderot , peut-être même pour l'honneur de son siècle , qu'il n'eût point été athée. La guerre opiniâtre, qu'il se crut obligé de faire à Dieu , lui fit perdre les moments les plus précieux de sa vie.

Son caractère fougueux , ses principes exagérés finissaient par déplaire, même aux philosophes incrédules comme lui. Voltaire le regardait comme dangereux , d'Alembert l'abandonna , Rousseau rompit avec lui , le roi de Prusse écrivait ù d'Alembert, en 1774, en parlant de lui : Il rabâche sans cesse les mêmes choses.... Je ne saurais soutenir la lecture de ses livres , tout intrépide lecteur que je suis. Il y règne un ton suffisant et une arrogance qui révolte l'instinct de ma liberté (2). Marmontel dit dans ses Mémoires, en parlant

(i) Corresp., 3.c part., t. 4, p. 8.

{'x) OEuYrcs de d'Alembert, 1. 17 , corresp. avec le roi de Prusse,

de Diderot, qu'il a écrit de belles pages et n'a jamais su faire un livre.

On s'accorde généralement maintenant à regarder cet homme comme un triste philosophe et comme un mauvais écrivain : aussi les esprits sérieux ne le lisent plus.

Outre les écrits publiés sous son nom , il en a fait d'autres : Grimm assure qu'il travailla au Système de la nature , au Système social, à la Morale universelle du baron d'Holbach, avec lequel il resta constamment lié ; au livre de Y Esprit d'Helvétius; à Y Histoire philosophique de Raynal. Plusieurs fois aussi il suppléa Grimm dans sa correspondance , comme nous allons le voir plus loin.

On lui a attribué plusieurs ouvrages bien dignes de lui, à tous égards, mais dont il ne paraît pas cependant avoir été l'auteur , comme le Code de la nature , les Principes de philosophie morale, la Justification de plusieurs articles de l'Encyclopédie, la Lettre auP.Berlhier, sur le matérialisme.

Il est certain, au contraire, qu'il a fait Les èleuthéromanes, ou Les furieux de la liberté. Cette pièce, d'environ 200 vers, est dirigée contre la tyrannie des rois. L'auteur les voue au mépris des nations , et , appelant la révolte à son secours , il dit :

Et ses mains ourdiraient les entrailles du prêtre ,

A défaut d'un cordon, pour étrangler les rois (1).

Cette horrible maxime n'a été que trop bien comprise ,

(t) Une variante porte :

Et des boyaux du dernier prêtre serrons le cou du dernier roi.

et la révolution française nous l'a montrée dans ses conséquences pratiques.

La Harpe a fait une longue et verbeuse réfutation des principaux ouvrages de notre philosophe. Quoique ce critique écrivît, en 1799 , après que la collection } faite par Naigeon, fut publiée , il attribue néanmoins à Diderot le Code de la nature ; ce que Ton comprend difficilement.

2.°Guillaume-Thomas-FrançoisRaynal, né à Saint-Géniez, dans le Rouergue , en 1715 , étudia chez les jésuites , entra dans la compagnie et y fut ordonné prêtre. Bientôt il la quitta , ou en fut renvoyé , comme quelques-uns le croient , et vint à Paris , en 4747. Ayant obtenu d'être admis dans le clergé de Saint-Sulpice , il en fut rayé pour des actes de simonie. Il entreprit de prêcher ; mais son accent méridional, qu'il appelait lui-même un assent dé tons les diables , le rendit ridicule.

Pour se procurer des moyens d'existence , dont il était entièrement dénué , il eut recours à l'intrigue. A force de sollicitations, auprès de toutes sortes de personnes, il parvint à se faire nommer rédacteur du Mercure de France. Ayant fabriqué de mauvais ouvrages , qui n'étaient que de vraies compilations ou des portraits d'imagination , il trouva le secret de les débiter en grand nombre , et ne tarda pas à être au-dessus du besoin. Se livrant à des spéculations de plus d'un genre, il traûqua sur les denrées coloniales , même, dit-on , sur la traite des nègres , et en peu de temps il eut une véritable fortune.

Un tel homme ne pouvait manquer de se lier avec les

philosophes incrédules du temps. Assidu dans les salons dllelvétiiis ? de d'Holbach et de M.me Geoffrin . Raynal se lit gloire de penser comme eux , de parler comme eux , et de ne pas être plus réservé qu'eux dans sa conduite morale.

Ayant conçu la pensée d'un ouvrage sérieux, sous le titre (VHistoire philosophique et politique du commerce et des établissements des Européens dans les deux Indes, il interrogea ceux qui pouvaient lui donner des renseignements et obtint des mémoires de différentes personnes élevées en dignité, notamment du ministre d'Espagne, comte d'Aranda, et du fermier général Paulze. Dans sa rédaction , il fut aidé par d'Holbach ; Dubuc , Pechméja, l'abbé Martin, ex-jésuite, Naigeon et surtout par Diderot , qui y travailla deux ans et en fit plus d'un tiers , selon Grimm (1). Diderot , au rapport du même Grimm , était quelquefois effrayé de la hardiesse avec laquelle il faisait parler son ami et lui disait : Qui osera signer cela? Moi, répondait l'abbé, moi, vous dis-je; allez toujours.

Toutefois , Raynal n'osa mettre d'abord son nom à la tète de cet ouvrage séditieux et impie , qui parut en \ 770 , pour la première fois , 4 vol. in-8°. Plusieurs éditions en furent encore publiées , sans nom d'auteur , en 6 , puis en 7 vol. Enfin une nouvelle édition, en 10 vol. in-8.°, parut en 1780, avec le nom et le portrait de l'auteur.

Cet ouvrage , qui eut une vogue extraordinaire , sur-

(î) Corresp.j 3.e part., t. 4, p. 85 >

tout après qu'il eut été condamné par arrêt du parlement , en 4 781 , est un tissu de mensonges, de digressions continuelles , de déclamations furibondes contre toutes les puissances de la terre et contre la religion , une collection de peintures lubriques qui affligent les mœurs ; un amas de pièces décousues , comme cela devait être , puisqu'il n'y avait pas eu unité de composition. Les philosophes eux-mêmes , tels que Voltaire , Grimm , Turgot et plusieurs autres , Font jugé fort sévèrement.

Après la condamnation de son livre et la sentence de prise de corps lancée contre lui, en 1781 , Raynal quitta la France, alla à Spa, où il trouva une brillante compagnie ; puis il passa à la cour de Saxe-Gotha , où on lui lit grand accueil; de-la il se rendit à Berlin, pour voir Frédéric, et n'eut pas beaucoup a s'en louer. Venu en Suisse , il obtint sa rentrée en France , en 1787 , sans pouvoir néanmoins se montrer à Paris; il se retira à Saint-Géniez , séjour triste et ennuyeux pour lui ; ensuite chez Malouet , intendant de la marine à Toulon. Il trouva dans cet homme un ami dévoué. En 1790, la sentence de prise de corps et de confiscation de biens , prononcée contre lui , fut annulée à la demande de Malouet , député de Marseille aux états-généraux : alors Raynal revint librement à Paris.

Quand il vit la révolution se développer et les excès auxquels elle conduisait, il regretta d'y avoir contribué : il écrivit , le 31 octobre 1791 , au président de l'assemblée nationale , une lettre fameuse , dans laquelle il rétractait les principes de son Histoire philosophique et désapprouvait

hautement les actes des nouveaux législateurs (1). Il mourut à Passy , en 1796, âgé de 85 ans.

5.° Frédéric Melchior Griram, né à Ratisbonne, en 4725, de parents pauvres , trouva néanmoins le moyen d'étudier. Etant devenu précepteur des enfants du comte de Schombert, il vint avec eux à Paris et y fit des connaissances. Plus tard il s'y fixa, se lia d'amitié avec Rousseau, d'Alembert, d'Holbach, et surtout avec Diderot, dont il fut constamment l'ami. Littérateur distingué , il était le correspondant de la secte philosophique avec plusieurs princes et princesses des cours du Nord ; il rendait compte à ces personnages éminents, des ouvrages qui paraissaient en France : souvent il portait des jugements sains , faisait quelquefois des réflexions justes , mais souvent aussi il avançait des erreurs et soutenait des systèmes mal fondés , ce qui ne doit pas nous surprendre , vu l'école à laquelle il appartenait. Sa correspondance resta secrète pendant sa vie : elle a été publiée, après sa mort, en trois parties, formant 16 vol. in-8°. Elle comprend l'histoire de la littérature française , depuis 1753 jusqu'en 4790. Diderot en a fait une partie comme suppléant de son ami , lorsqu'il était empêché.

Grimm , accrédité à la cour de France , depuis \ 776 , comme envoyé du duc de Saxe-Gotha , avec le titre de baron , y resta jusqu'à l'époque de la révolution , se retira

(i) L'authenticité de cette lettre a été contestée. La Biographie univ, la donne comme très-certaine , t. 37 , p. 1 77.

Wo

avec le corps diplomatique , trouva un asile honorable à la cour de Saxe-Gotha et y mourut en 1807.

4.° André Morellet ; fils d'un papetier , naquit à Lyon , en 1727. Il étudia , au collège des jésuites de cette ville , vint à Paris à l'âge de 14 ans , et entra au séminaire des Trente-Trois. De-là , il passa à la Sorbonne, s'y lia avec de Brienne et Turgot, et partagea leurs sentiments. Plus tard il lit la connaissance de Diderot et de d'Alembert, qu'il compta toujours depuis au nombre de ses amis. Tout abbé qu'il était , il fréquenta les salons philosophiques du temps , fit quelques petits ouvrages imprégnés de l'esprit qui régnait alors et passa deux mois à la Bastille , sans être pour cela corrigé; il acquit, au contraire, comme il arrivait toujours, plus de considération dans son parli. Quoiqu'il fût de la société du baron d'Holbach , jamais cependant il n'alla jusqu'aux monstrueuses doctrines du matérialisme et de l'athéisme qu'on y professait : il se fit même un devoir de les combattre.

Traducteur du célèbre Traité des délits et des peines de l'italien Beccaria , il composa aussi plusieurs ouvrages estimés et travailla, pendant 20 ans, à un Dictionnaire de commerce, que la révolution le força d'interrompre. Il obtint de Louis XVI une pension de 4,000 liv. , entra dans l'académie française , fut un des principaux rédacteurs de son fameux dictionnaire et publia plusieurs autres écrits contre les progrès effrayants de la révolution , qu'il avait préparée , pour sa part , comme les autres philosophes , mais sans en prévoir et sans en vouloir les conséquences.

Dépouillé d'un bénéiice et des pensions dont il jouissait, il se vit réduit à traduire des livres anglais en français pour se faire une cxistenec. En 1805, il fut appelé dans l'institut, entra au corps législatif, en 1807 , publia , en 1818 , 4 vol. in-8.° de Mélanges de littérature et de philosopliie du 48.e siècle, et mourut en 4819. Voltaire l'avait appelé, dans un temps, Y Abbé Mords-les, disant qu'il ne connaissait personne qui fut plus capable de rendre service à la raison. La révolution modifia les idées de cet abbé philosophe, sans le ramener à sa première vocation.

5.° Jacques-André Naigeon , né à Paris , en 4758 , parut d'abord avoir du goût pour les études sérieuses ; mais s'étant lancé dans la société de d'Holbach , il en adopta les principes les plus exagérés , s'attacha spécialement à Diderot , et travaillant de concert avec lui , fit plusieurs articles dans l'Encyclopédie. Tl composa quelques ouvrages irréligieux , en publia d'autres qui n'étaient pas de lui, et les annota en conformité à ses maximes impies ; il se faisait gloire d'être athée , applaudissant à la révolution qui , selon lui , devait anéantir la superstition pour jamais , et montra une haine furieuse contre les prêtres. Vers la lin de sa vie , il devint plus réservé , sans toutefois se convertir , et mourut en 1810. Les abominables principes , dont il fit profession , sont principalement consignés dans un Dictionnaire de philosophie ancienne et moderne, qu'il avait rédigé pour Y Encyclopédie méthodique.

6.° Marie-Jean-Antoine-Nicolas Caritat , marquis de Condorcet, neveu de M. dcGondorcet, éveque de Lisieux, naquit

près de Saint-Quentin, en Picardie, en 4745. Etant sans fortune , il étudia au collège de Navarre par les soins et la générosité de son oncle. A \ 6 ans , il soutint une thèse de mathématiques avec distinction , et fut applaudi par d'Alembert et par plusieurs autres savants dans cette partie. Fixé à Paris , il obtint plusieurs pensions , par la protection du duc delà Rochefoucauld, et publia, sur les mathématiques, de bons ouvrages , qui lui méritèrent l'entrée de l'académie des sciences, dont il devint secrétaire perpétuel. Plus tard il entra dans l'académie française. S'étant lié avec les philosophes , il fournit de nombreux articles a Y Encyclopédie et se montra grand admirateur de Voltaire , dont il partagea les idées. Plus fougueux encore que lui, malgré une certaine apparence de douceur et de bonhomie, il fut appelé, même dans la société de ses meilleurs amis , au rapport de Grimm , Un mouton enragé.

Fortement prononcé pour la révolution française , il prit une part très-active dans ce que firent l' Assemblée-Législative et la Convention , dont il fut membre. Cependant il ne vota pas la mort du roi , mais il avait demandé sa déchéance, le déclara coupable, rejeta l'appel au peuple et demanda quon lui infligeât la peine la plus grave qui ne fut pas celle de mort. Proscrit, en 1795, avec les fédéralistes auxquels il s'était attaché , il se cacha dans Paris , pendant quelque temps. Craignant d'être découvert, il se déguisa , sortit de la ville , erra dans la campagne , fut arrêté et jeté en prison au Bourg -la -Reine. Quand il se vit dans cette situation désespérée, il fit usage d'un poison

qu'il portait sur lui , et le lendemain matin , 28 mars \ 794, on le trouva mort.

Ses œuvres complètes ont été imprimées , en \ 804 , en 21 vol. in-8.° On trouve un ouvrage posthume . sous le titre d'Esquisse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain. Condorcet avait composé cet ouvrage dans sa retraite de huit mois. On voit que la persécution, qui pesait sur lui , ne l'avait corrigé ni de son impiété , ni de ses principes républicains , ni de ses folies sur la perfectibilité de l'espèce humaine. Saint-Lambert (-1) avait fait de la morale en dehors de la religion : Condorcet allait plus loin et regardait comme un immense bonheur pour l'homme qu'il n'y eût plus ni rois , ni prêtres , ni religion.

(i) Charles-François, marquis de Saint- Lambert, né à Vézelise , en Lorraine, en 1717, mort à Paris en i8o3 , fut de la société philosophique et zélé coopérateur de l'Encyclopédie. Il vécut dam le désordre et fit cependant, vers la fin de sa vie, les Principes des mœurs chez toutes les nations , ou catéchisme universel , en l\ vol. in-8.°, prétendant faire sortir les règles de morale de la nature même de l'homme, sans aucun rapport avec la religion.

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