‹ Histoire abrégée de la philosophie (volume 2)Chapitre 69 sur 156 · Marie-François-Xavier Bichat, né en Franche-Comté · texte numérisé non relu

Marie-François-Xavier Bichat, né en Franche-Comté

en 1771 , commença ses études de médecine à Lyon , vint

à Paris, en 1793, fut élève du célèbre Dessault , obtint sa

confiance, son amour, sa bienveillance et fut associé à ses

travaux. 11 lui succéda dans renseignement à l'âge de 24 ans.

Travaillant avec une ardeur incroyable à s'instruire , à

diriger les études d'un grand nombre d'élèves, à publier

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les œuvres de son maître , à composer lui-même d'importants ouvrages , il ne put résister à tant de fatigues , et mourut, dès 1802, avec la réputation du médecin le plus distingué de Paris. Il laissa des Recherches physiologiques sur la vie et la mort , 1 vol. in-8.°, ouvrage estimé, dans lequel il admet, pour les corps vivants, une force vitale, principe unique de leurs phénomènes. Cette force est-elle une âme sprituelle , ou vient-elle d'une âme distincte du corps? Bicliat ne paraît pas le dire clairement, et il s'embarrasse dans des explications peu satisfaisantes.

5.° Anthelme Richerand , né à Belley , en 1779, vint étudier la médecine à Paris , en 1 796 , et y obtint d'éclatants succès. D'abord condisciple , puis élève de Bichat et professeur de physiologie dès l'âge de 20 ans, il publia un Traité de physiologie , 2 vol. in-8.° , ouvrage élémentaire très-estimé , qui a eu grand nombre d'éditions et est devenu classique dans toute l'Europe. L'auteur s'y montre spiritualiste et admet une âme distincte du corps , qui a ses facultés propres et est le principe de la vie.

4.° Frédéric Bérard , né a Montpellier, en 1789, y étudia la médecine , et obtint le degré de docteur. Venu à Paris, pour augmenter ses connaissances , il travailla à plusieurs ouvrages, retourna à Montpellier, en 1816 , et y fit un cours particulier de médecine. Dans un ouvrage , publié en 1825 , sous le titre suivant : Doctrines des rapports du physique au moral, 1 vol. in-8.°, il se plaint que la physiologie se soit presque toujours égarée dans un matérialisme grossier, source de mille erreurs. Il démontre l'impossibilité

d'expliquer l'homme sans avoir recours à un principe unique , simple , actif , sensible , intellectuel , absolument distinct du corps. La vie humaine présente , dit-il , des phénomènes de deux genres différents ; les uns ont toutes les affinités corporelles et doivent être rapportés aux organes corporels : les autres , n'ayant ni étendue , ni divisibilité , viennent nécessairement d'un principe indivisible , simple , unique et spirituel , par conséquent d'une âme essentiellement distincte du corps. Bérard est mort en 1828.

5.° M. Almire Lepelletier, docteur médecin7 delà Sarthe, dans une Physiologie médicale et philosophique , en 4 vol. in-8°, ouvrage clair et bien écrit, publié en 1851 et 1852 , démontre , ex professo , par de solides raisons , tome 5 , page 256 et suivantes , que l'homme est essentiellement composé de deux parties , l'une matérielle , à laquelle se rapportent tous les phénomènes de la vie organique , et l'autre immatérielle , principe de toutes les opérations intellectuelles. Il fait de très-judicieuses réflexions sur les diverses facultés de l'âme , sur les passions bonnes et mauvaises , sur les rapports du physique et du moral , sur les tempéraments, les caractères, les habitudes; en un mot, il explique l'homme d'une manière raisonnable , ce qu'il est impossible de faire sans la distinction nette et précise de deux substances qui constituent la nature humaine.

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