‹ Histoire abrégée de la philosophie (volume 2)Chapitre 70 sur 156 · AZAÏS · texte numérisé non relu

AZAÏS

Pierre-Hyacinthe Azaïs, né à Sorèze, en 17G6 . fut élevé

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à la célèbre école de celle ville , tenue par les bénédictins. Entré de bonne heure chez les doctrinaires , il les quitta , devint secrétaire particulier de révoque d'Oléron , adopta les principes de la révolution avec enthousiasme , et se prononça ensuite contre elle : condamné à la déportation après le 18 fructidor, il se cacha à Tarbes , recouvra la liberté au bout de deux ans, habita Bagnères, vint plus tard à Paris et occupa différents emplois sous l'empire. Depuis ce temps-là il vit en simple particulier à Paris.

Il a publié Des compensations dans les destinées humaines, 1 vol. in-8°. La seconde édition de cet ouvrage , augmentée par sa femme , est en 5 vol. L'un et l'autre prétendent qu'il y a, dans la vie humaine, une somme à peu près égale de bien et de mal , et que , tout bien considéré , il y a pour chacun une compensalion assez exacte.

Le principal ouvrage d'Azaïs est en 8 vol. in-8.° , et a pour titre : Cours de philosophie générale. L'auteur se propose d'expliquer le monde entier et de rendre compte de tous les faits de V ordre physique , de V ordre physiologique , de V ordre intellectuel , moral et politique.

Plein de confiance dans sa théorie , il la donne comme claire , solide , évidente , s'applaudit de l'avoir conçue et paraît convaincu qu'à son aide , tous les esprits vont être enfin d'accord dans la vérité universelle.

Il avance comme vérités évidentes , et à peu près hors de toute contestation , les principes suivants : I .° la matière est pénétrée en tout sens d'une force d'expansion qui tend à la dilater sans cesse et à la dissoudre ; mais comme tous les

corps sont agités par la même force intrinsèque de dilatation, il en résulte qu'ils se compriment réciproquement , et se maintiennent dans l'équilibre où nous les voyons. 2.° L'univers est infini : la chose est évidente , car , s'il y avait du vide quelque part , il n'y aurait plus de résistance de ce côté-là , et dans un instant tous les corps seraient dissous par la force d'expansion. 5.° Une substance immatérielle n'occupe point de lieu particulier, n'a ni parties, ni formes, ni limites, ni mouvement, n'éprouve aucun changement; elle est, par conséquent, infinie, éternelle, unique : c'est Dieu. 4 .° Il est impossible qu'il y ait d'autres substances immatérielles : donc il n'y a point en nous évidemment d'être immatériel et indépendant. De-là il suit que la matière peut sentir et penser , qu'il dépend de Dieu de la faire sentir et penser , en la réduisant à la forme convenable à cet effet. 5.° L'auteur explique ensuite , à sa manière , l'origine des idées et les différentes opérations intellectuelles , la formation des langues et leur mécanisme , les caractères de l'âme et leurs effets , les sociétés diverses et leurs gouvernements , les principes de morale et leur application. Il semble reconnaître une vie future pour son âme matérielle ; en réalité , il détruit toute idée d'un autre monde proprement dit. Ce système, d'une espèce à part, qui devait obtenir de si heureux résultats, n'a eu aucun succès, Personne ne s'en occupe.

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