‹ Histoire abrégée de la philosophie (volume 2)Chapitre 71 sur 156 · PHILOSOPHES SPIRITUALITES QUI NE S'APPUIENT POINT SUR LA FO · texte numérisé non relu

PHILOSOPHES SPIRITUALITES QUI NE S'APPUIENT POINT SUR LA FO

l.° Charles-Victor Bousteltcn , d'une famille distinguée de Berne, né en 1745, ami et élève en philosophie de Charles Bonnet , voyagea en Allemagne , y séjourna longtemps , revint en Suisse , y occupa plusieurs emplois publics et fit un grand nombre d'ouvrages en différents genres , notamment deux qui doivent être regardés comme philosophiques, Recherches sur la nature et les lois de l'imagination, \ vol. in-8.°, et Etudes de l'homme, 2 vol. in-8°. On ne trouve pas , dans ces ouvrages , un système complet de philosophie , mais on y voit une suite d'observations que Fauteur avait faites sur l'âme , en s'étudiant lui-même et en traçant l'histoire de son intérieur. Il distingue les sens extérieurs , source de nos idées , et les sens intérieurs , principes de nos sentiments de plaisr ou de déplaisir. Selon lui , deux facultés sont dans notre âme, l'imagination qui nous révèle le monde intérieur , et l'intelligence qui nous fait connaître le monde extérieur. Nous éprouvons trois sortes de sentiments; celui de nos besoins, celui du beau et le sens moral. L'harmonie de ce dernier avec les lois de l'intelligence constitue la morale.

Bouslelten reconnaît , prouve même l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme. Quoiqu'il ne se soit pas clairement prononcé sur la nature de l'âme , on voit qu'il n'a jamais mérité d'être rangé parmi les matérialistes. Quant à la morale , il l'établit sur une base métaphysique qui n'a aucune solidité. Cet auteur est mort à Genève, en 1852.

2.° Pierre Laromiguière, né à Lévignac , dans le Rouergue en 1757 , étudia au collège de Yillefranche , entra chez les doctrinaires , fut ordonné prêtre et occupa plusieurs places dans l'enseignement. A l'époque de la révolution , il fit le serment , quitta son état , vint à Paris et y vécut en laïque. On lui donna de l'emploi à l'école centrale, puis au Prytanée. En 18H , il fut nommé professeur de philosophie à la faculté des lettres de Paris, et son cours eut du succès. Il l'a publié, sous le titre de Leçons de philosophie , 2 vol. in-8°. Les grandes questions de l'existence de Dieu , de ses attributs , de l'âme , de sa nature, de ses facultés, de la vie future , de la distinction du bien et du mal , des principes et des règles de la morale, n'y sont pas môme mentionnées : on y trouve un style clair et coulant , des notions justes , de sages réflexions contre le système de Condillac ; mais aussi des assertions hasardées , des opinions mal prouvées , et , en général , une idéologie vague , peu propre à satisfaire des esprits sérieux qui sentent le besoin d'un ensemble de doctrines philosophiques bien coordonnées.

Laromiguière , quoiqu'il eût été infidèle à ses engagements sacrés et ne montrât plus rien de sacerdotal , n'était pas irréligieux : il assistait à la messe le dimanche, se confessa

dans une maladie qu'il fit il y a quelques années , reçut rextrème-onetion et mourut le 12 août 1837.

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