‹ Histoire abrégée de la philosophieChapitre 26 sur 100 · DE LA PHILOSOPHIE DE PYTHAGORE OU DE L'ÉCOLE ITALIQUE · texte numérisé non relu

DE LA PHILOSOPHIE DE PYTHAGORE OU DE L'ÉCOLE ITALIQUE

ftien de plus obscur, parmi les savants, que l'époque précise de la naissance de Pythagore. L'opinion commune , cependant , la reporte jusque vers Tan 580 avant J.-C.

On convient assez généralement qu'il était originaire de File de Samos. Son maître , ou Fun de ses maîtres fut , à ce que Ton croit , le philosophe Phérécyde , dont nous ne savons presque rien , sinon qu'il admettait trois principes éternels , Dieu , le temps et le chaos.

Pythagore voyagea dans l'Asie mineure, visita les temples de la Grèce et fut initié aux mystères de Bacchus et de Cérès Eleusine , ou d'Orphée ; il passa en Phénicie , qui était alors dans sa plus grande prospérité , alla en Egypte, y interrogea les prêtres , recueillit leur doctrine et leur double méthode d'enseignement. La plupart des anciens prétendent qu'après l'Egypte , il visita la Perse , alla à Babylone et pénétra jusqu'au fond de l'Inde, observant avec soin ce qu'il voyait, ce qu'il entendait , consultant partout les dépositaires de la science , et ornant ainsi sa mémoire de tout ce qu'il était possible d'apprendre.

Plusieurs critiques regardent ce dernier voyage comme douteux. Quoiqu'il en soit, de retour dans son pays,

Pythagore voulut communiquer aux autres le résultat de ses recherches et de ses études. Il commença à enseigner ; et, pour avoir un plus grand théâtre, il alla s'élablir à Crotone , dans ce qu'on appelait la Grande-Grèce, c'est-à-dire, au milieu des colonies grecques , au sud de F Italie. De-là son école a été appelée l'école italique et aussi l'école mathématique , parce que sa théorie reposait sur les nombres , comme nous le verrons bientôt.

Les écrits qu'on lui a attribués sont généralement regardés comme apocryphes , même les Vers dorés dont Técole d'Alexandrie faisait tant de cas. Diogène Laërce , Porphyre, Jamblique et Stobé citent une foule d'auteurs qui ont parlé de lui , de son école , de sa doctrine ; mais les écrits de ces auteurs sont perdus.

Au troisième siècle de notre ère , quelques philosophes d'Alexandrie , notamment Porphyre et Jamblique , firent l'histoire de Pythagore et le peignirent comme ils avaient intérêt qu'il fût , dans leur dessein. Ainsi ils le représentèrent comme un homme orné de toutes les vertus , doué d'un pouvoir surnaturel , commandant à la nature , marquant son passage par d'éclatants prodiges , attirant la foule après lui , réformant les mœurs , etc.

Leur but était de l'opposer à J.-G. et de le montrer comme égal ou supérieur à lui.

Quelle confiance méritent ces auteurs passionnés qui écrivent huit siècles après les événements , et ne donnent aucune preuve de ce qu'ils avancent?

Le plus sûr est de recueillir les témoignages épars dans

une multitude d'auteurs anciens et modernes , de les comparer et d'en former un ensemble , sans aucun autre désir que de montrer la vérité. Nous allons donner , en peu de mots , le précis de ce qui paraît le plus certain sur la méthode , la doctrine et les successeurs de ce philosophe.

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