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I>E LA DIALECTIQUE

La dialectique ou la logique , telle qu'il l'entend , est l'art de diviser, de définir, de faire des raisonnements et de tirer des inductions.

La règle de la vérité se trouve dans lame et non dans les sens. Or les opérations de l'âme ont pour objet ou les choses simples, uniformes, invariables, qui sont perçues immédiatement , ou les choses matérielles et physiques , dont la connaissance ne nous vient que par les sens. Les choses du premier ordre peuvent être connues avec certitude , et font l'objet de la science : celles du second ordre , sont trop agitées et trop inconstantes , pour être bien appréciées : on ne peut les connaître que par conjecture, et elles forment le domaine de l'opinion

La sensation est une affection de l'âme , transmise par les organes du corps : lorsque cette affection est assez forte pour persévérer après la commotion des sens , elle s'appelle mémoire. L'union de la mémoire et d'une sensation actuelle fait une opinion vraie; leur désaccord fait Fopinion fausse. L'âme est donc comme une table de cire sur laquelle les objets extérieurs viennent s'imprimer par le moyen des sens.

La pensée est l'entretien de l'âme avec elle-même; la parole en est l'expression. La perception est un acte de l'entendement , qui s'exerce sur les objets intelligibles , en les contemplant. On distingue deux sortes de perceptions ; Tune qui précède l'union de l'âme avec le corps , et l'autre qui la

suit : cette dernière se nomme connaissance naturelle. La perception qui roule sur les objets purement intelligibles , est la réminiscence de ce qui a existé dans l'âme.

Il y a en nous des notions générales qui ne nous viennent point par les sens : elles ne naissent point spontanément ; nous ne les formons pas , mais nous les trouvons en nous , quand nous en avons besoin. Notre âme les possédait donc avant d'être unie à son corps. Ce sont, par conséquent, des notions innées qui s'assoupissent , puis qui se réveillent par la réminiscence.

La mémoire diffère de la réminiscence en ce qu'elle

s'exerce sur les objets sensibles.

Les objets intelligibles peuvent être considérés en euxmêmes ou dans les substances matérielles dont ils sont les types ; considérés en eux-mêmes , ils sont éternels , immuables ; l'entendement en juge par cette raison qui produit la science. Envisagés dans la réalité physique, ils peuvent encore être pris ou abstractivement , comme la blancheur, ou d'une manière concrète, comme un mur blanc. Dans l'un et l'autre cas, les sens en jugent; mais ils ne peuvent nous élever au-dessus de l'opinion.

Spéculativement , la raison prononce sur le vrai et sur le faux par les idées invariables : dans la pratique , elle discerne ce qui convient de ce qui ne convient pas , par la notion , innée en nous , du beau et du bien.

En dialectique , pour procéder avec méthode et sûrement 7 il faut toujours faire attention à la nature de chaque chose , et à ses accidents. La nature est invariable,- les accidents

n'ont rien de fixe. Sous le premier rapport , on use de la définition, de la division et de l'analyse : sous le second , de rinductioii et du raisonnement.

Après de bonnes réflexions sur la définition, la division et l'analyse , l'auteur décrit élégamment , dans deux dialogues , le danger des faux raisonnements , l'art et les ruses des sophistes : dans un autre dialogue } il recommande d'assigner nettement le sens des mots dont on veut se servir, afin de prévenir, autant que possible , tout malentendu.

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